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Manifestation anti-Brexit à Londres le 9 juin 2017.

Brexit un an après : un Royaume toujours uni ?

59 min

Lundi s'ouvrent les négociations sur le Brexit, un travail qui s'annonce titanesque tant les champs concernés sont nombreux.

Manifestation anti-Brexit à Londres le 9 juin 2017.
Manifestation anti-Brexit à Londres le 9 juin 2017. Crédits : Jaw shaw Parker - AFP

Rediffusion du 16/06/2017

Reportage d'Annabelle Grelier. Réalisé par Annie Brault

Jusqu’à présent, tout va bien. Rien n’a vraiment craqué. La croissance économique se maintient - plus 1,8% en 2016, elle commence toutefois à faiblir. Le chômage est au plus bas. L’Ecosse n’a pas fait sécession et la première Ministre Theresa May engagera bien les discussions sur le Brexit la semaine prochaine.

Mais les Britanniques qui portaient l’économie à bout de bras s’inquiètent d’une inflation qui frôle les 3%. La Livre a perdu un cinquième de sa valeur et les ménages commencent à moins consommer.
C’est qu’en réalité, le gouvernement a déjà perdu trois précieux mois d’une négociation qui s’annonce absolument titanesque.
En moins de deux ans l’Union-Européenne et le Royaume-Uni doivent redéfinir toutes leurs relations. Détricoter des législations imbriquées depuis 42 ans.
Dans le désordre, il faut garantir les droits des 3 millions de citoyens européens, vivant Outre-Manche. Repenser la place de la City – Londres pourrait y perdre son « passeport » européen qui lui permet pour l’instant de vendre ses produits financiers réalisés sur place, dans toute l’Europe – et qui lui assure une manne d’investissements directs étrangers.
Il faut redéfinir les coopérations : Erasmus, Europol, Euratom (qui gère les déchets nucléaires de l’immense site de Sellafield).
Réfléchir – évidemment aux liens commerciaux à venir. Pour l’instant, les Anglais profitent du marché unique, pour exporter 44% de leurs biens et services. Plus de 300 milliards d’euros. Demain ces biens pourraient se voir appliquer des taxes.

10% de droits de douane pour les voitures, dont 80% des pièces détachées viennent d’ailleurs d’Europe. Que feront les constructeurs asiatiques qui ont implanté leurs usines au Royaume Uni, en vue de conquérir le Vieux Continent ? Et puis Londres va aussi devoir renégocier la cinquantaine accords commerciaux qui lient déjà l’Europe aux pays du monde entier.
Autre défi, juridique – qui tranchera les litiges si l’Angleterre se retire de la Cour de justice de Luxembourg ? Enfin l’Irlande du Nord - qui pourrait peser lourd dans le futur gouvernement – refuse d’entraver la libre circulation des citoyens à sa frontière, avec le Sud. On l’entend le défi est immense – et pour l’instant rien n’a été entamé. Les discussions s’ouvrent lundi avec Michel Barnier, côté européen.

Intervenants
  • eurodéputée de 1984 à 2002, Présidente du Parlement européen de 1999 à 2002 puis ministre déléguée à l'Industrie de Jean-Pierre Raffarin
  • Économiste, professeur émérite de sciences économiques à l’Université Paris XIII et membre du CA du collectif des Économistes Atterrés
L'équipe
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