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ETA, l'adieu aux armes

43 min

Le 20 octobre 2011 ETA annonçait la fin de la lutte armée. Qu'en est-il de la lutte politique ? Notre reporter Florence Sturm s'est rendue au Pays basque, côté français et espagnol pour rencontrer les principaux protagonistes, dont certains, comme Aurore Martin, sont toujours recherchés par la justice.

CHRONOLOGIE - 31 juillet 1959 : Création, en pleine dictature espagnole, de ETA (Euskadi Ta Askatasuna: Pays basque et Liberté) par un groupe d'étudiants nationalistes s'inspirant des mouvements de libération révolutionnaires

- 20 décembre 1973 : Spectaculaire assassinat à Madrid de l'amiral Carrero Blanco, homme fort du régime franquiste. Sa voiture est pulvérisée par une bombe placée au passage de sa voiture.

- 15 octobre 1977 : Amnistie générale pour les prisonniers politiques, dont ceux de l'ETA.

- 28 avril 1978 : Création de Herri Batasuna (HB), bras politique de l'ETA.

- 25 octobre 1979 : Approbation du statut d'autonomie du Pays Basque.

- décembre 1983 : Apparition des GAL, Groupe Antiterroriste de Libération, organisation para-policière responsable de 28 assassinats de militants basques et de civils français, jusqu'en 1987.

- 19 juin 1987 : Attentat le plus meurtrier de ETA: 21 morts dans l'explosion d'une voiture piégée à Barcelone.

- 10 avril 1989 : Echec des premières négociations de paix entre des représentants de ETA et le gouvernement espagnol à Alger.

- 12 juin 1997 : Assassinat de l'élu conservateur Miguel Angel Blanco et mobilisation populaire sans précédent contre le terrorisme.

- 29 juin 2002 : Entrée en vigueur d'une loi visant à interdire Batasuna.

- 22 mars 2006 : Etat annonce un "cessez-le-feu permanent". Nouvelles négociations avec le gouvernement.

- 10 janvier 2011 : ETA, sous la pression de sa branche politique, décrète un "cessez-le-feu permanent" et "vérifiable', trêve jugée insuffisante par Madrid.

- 7 février 2011 : En prévision des élections locales, Batasuna lance un nouveau parti, "rejetant" pour la première fois la violence du groupe armé.

- fin avril 2011 : ETA renonce à "l'impôt révolutionnaire", l'une de ses principales sources de financement.

- 22 mai 2011 : Aux municipales, la coalition indépendantiste Bildu devient la deuxième force politique du Pays basque et remporte la mairie de Saint-Sébastien

- 20 octobre 2011 : Les membres de l'ETA annoncent la fin de la lutte armée.

LEXIQUE UTILE
L'Euskara , la langue basque, est l’une des plus anciennes langues d’Europe, antérieure à l’implantation des langues indo-européennes, et dont l’origine est toujours inconnue à ce jour.Euskadi ou Euskal Herria : le Pays basqueEuskadi Ta Askatasuna : E.T.A : Pays basque et liberté.Etarra : militant d'ETA

Abertzale : littéralement "patriote" , par extension "nationaliste" . On parle des partis abertzaleIparralde : littéralement "côté nord" pour désigner le Pays basque français. Les milieux nationalistes parlent de Pays basque Nord.

Hegoalde : "côté sud" pour le Pays basque espagnol. Pays basque Sud.

Ikurrina : le drapeau basque

Zazpiak bat : "les sept en une" .La revendication de réunification des 7 provinces du Pays basque.Preso , au pluriel presoak : les prisonniersHerri Batasuna ou Batasuna : Unité populaire , parti politique considéré comme le bras politique d'ETA, déclaré illégal en 2002 en Espagne. La formation reste légale en France.

Notre reporter Florence Sturm a passé plusieurs au Pays Basque, côté espagnol et français. Elle a rencontré la plupart des acteurs d'ETA. Les plus anciens, comme Julen de Madariaga ou encore Aurore Martin , militante sous le coup d'un mandat d'arrêt. Rencontre également avec les familles de prsionniers basques.

Sur place, on ne sait pas comment va se passer la réconciliation entre les composantes de cette histoire douloureuse. Une chose est sûre, la lutte armée est bien finie:

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Invité du magazine de la rédaction, Jean-Pierre Massias , professeur de droit public à l'université de Pau et des pays de l'Adour. Expert indépendant pour la commission "Démocratie par le droit" du Conseil de l'Europe, et spécialisé dans les transitions démocratiques et les sorties de crises.

Une affiche pour le retour des prisonniers d'ETA "à la maison"
Une affiche pour le retour des prisonniers d'ETA "à la maison"
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