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Des harkis manifestent devant le camp de harkis de Saint-Maurice l'Ardoise, dans le Gard, pour attirer l'attention de l'opinion publique sur les conditions des Harkis, le 2 juin 1975.

Harkis, à quand la fin du tabou politique ?

44 min

50 ans après la guerre d’Algérie, d’un côté comme de l’autre de la Méditerranée, on ne peut toujours pas en parler sereinement, tant le sort réservé aux Harkis pendant la guerre et après l’indépendance fait l’objet de polémiques et d’instrumentalisations politiques.

Des harkis manifestent devant le camp de harkis de Saint-Maurice l'Ardoise, dans le Gard, pour attirer l'attention de l'opinion publique sur les conditions des Harkis, le 2 juin 1975.
Des harkis manifestent devant le camp de harkis de Saint-Maurice l'Ardoise, dans le Gard, pour attirer l'attention de l'opinion publique sur les conditions des Harkis, le 2 juin 1975. Crédits : AFP

Combien étaient-ils exactement ?  Nul ne peut le dire. Le Général Challe voulait 60 000 autochtones pour étouffer la révolte de leurs congénères .

En réalité, près de 180 Algériens auraient pris les armes pour la France.

Combien furent empêchés de fuir, puis massacrés par le FLN.

Là non plus, aucun chiffre officiel : on oscille entre 25.000  et 150.000, c’est dire si la vérité historique reste encore floue.

Comment la France a-t-elle réellement traité ses frères d’arme avant les camps de Rivesaltes ou de Bourg-Lastic, où ils furent parqués et oubliés ?

Le camp de Bias, un des centres d'accueil des rapatriés d'Algérie
Le camp de Bias, un des centres d'accueil des rapatriés d'Algérie Crédits : Alain Ferki - Radio France

Comment oublier que le Général De Gaulle  traita lui-même les supplétifs de « magma qui n’a servi à rien et dont il faut se débarrasser, sans délai  ». C’était le 3 avril 1962.

Et qu’un an plus tôt, Claude Lanzmann écrivait dans les Temps Modernes que « les Harkis étaient des chiens ».

Depuis, l’Etat n’a jamais présenté de pardon officiel.

Jacques Chirac, en 2001, esquisse son « la France n’a pas su ».

Nicolas Sarkozy attend la veille du premier tour de l’élection présidentielle pour reconnaître l’abandon des Harkis, qui n’y voient plus qu’un geste électoraliste.

Comment les responsables doivent-ils empoigner aujourd’hui ce drame ?

Un reportage de Christine Moncla.

Intervenants
  • historien, 1er vice-président de la Licra
  • écrivain, connue notamment pour son travail d'archives et de mémoire sur la population harki en France
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