LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

L'Europe face à l'immigration : l'impasse bulgare

44 min

Des tentes grises, comme toujours, des palettes qui flambent pour tromper le froid, la neige, et des enfants en guenilles qui jouent dans la boue. Des images de camps de réfugiés comme on en trouve partout. Sauf qu’ici nous sommes dans l’Union européenne. Ces images datent de l’hiver dernier. Depuis, la situation s’est un peu améliorée en Bulgarie.

Passeport bulgare
Passeport bulgare Crédits : Marine de la Moissonière - Radio France

Pays le plus pauvre de l’UE, la Bulgarie – 7 millions d’habitants, un salaire minimum fixé à 158 euros par mois – a fait face en 2013, à un afflux de migrants sans précédents.

11.000 personnes arrivées essentiellement entre l'été et la fin de l'année, en majorité des Syriens, trouvant la frontière grecque maintenant fermée, en partie par un mur.

11.000, c’est si peu par rapport aux deux millions et demi de Syriens qui fuient la guerre. Mais pour la Bulgarie, c'est énorme.

Le pays a dû demander l'aide des ONG, du HCR et de l’Union européenne. Mais la solidarité européenne a ses limites. Ainsi aucun pays n’a accepté de décharger la Bulgarie en acceptant des réfugiés sur son territoire.

La Bulgarie a donc dû stopper l’hémorragie. Pour ce faire, elle a considérablement renforcé les contrôles à la frontière turco-bulgare, avec l’aide de Frontex, l’agence européenne chargée de surveiller les portes de l’Europe.

Ces migrants sont en effet passés par la Turquie. Certains y ont même vécu quelques mois. S’ils n’y sont pas restés, c’est parce que la situation est difficile dans ce pays. La Turquie, ce n'est pas l'Europe. C'est ce qu'ils racontent. Il faut travailler des heures et des heures pour gagner à peine de quoi payer son logement et sa nourriture. Ces réfugiés, ils veulent plus : un avenir pour leurs enfants et pour eux.

Bulgarie
Bulgarie Crédits : Marine de la Moissonière - Radio France

Photos de Marine de la Moissonnière : A gauche : en haut : le camp de réfugiés de Vrajdebna. En bas : cours d'anglais au camp d'Harmanli. A droite : en haut et en bas : le camp de Voenna Rampa.

Mus par cet espoir, ils sont entrés clandestinement en Bulgarie. Tous racontent la même histoire : un passeur qui prend de 300 à 2000 euros par personne, les laisse à quelques kilomètres de la frontière et leur dit de marcher. Souvent les clandestins se perdent et passent deux ou trois jours dans la forêt. Nora, par exemple, a fait ce périple en étant enceinte de six mois. Barzan, lui, n'avait plus d'argent après avoir fui la Syrie. Alors il a tout simplement pris une boussole et le GPS de son téléphone et c'est comme ça qu'il a franchi la frontière.

Aujourd’hui, ces familles, qui rêvent de refaire leur vie à Paris, Berlin ou Londres, se retrouvent coincées aux marches de l’Europe sans pouvoir pénétrer l’espace Schengen. Coinçées dans des centres d’accueil, des camps dans lesquels les conditions de vie sont extrêmement difficiles. Les autorités bulgares assurent pourtant faire leur maximum.

L'Europe face à l'immigration : l'impasse bulgare

Un magazine de Marine de La Moissonnière et Annie Brault.

> Et découvrez notre dossier spécial consacré à ces élections européennes

Intervenants
  • directrice de recherche au CNRS, en poste au centre d'études Européennes à Sciences Po Paris
  • juriste, directrice du GISTI (Groupe d’information et de soutien des immigrés), co-fondatrice du réseau euro-africain Migreurop.
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......