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Le thermomètre d'une pharmacie affiche 42.5°C, à Paris, jeudi 25 juillet 2019.

Climat : des signes qui ne trompent plus / A 60 ans, le ministère de la Culture bat-il en retraite ?

1h08
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Depuis 2000 ans, les températures n'ont jamais autant augmenté qu'aujourd'hui. Comment vaincre l'inertie politique et répondre à l'urgence climatique ? En studio, Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du Giec. Le Ministère de la Culture fête ses 60 ans ! A quoi sert-il aujourd'hui ?

Le thermomètre d'une pharmacie affiche 42.5°C, à Paris, jeudi 25 juillet 2019.
Le thermomètre d'une pharmacie affiche 42.5°C, à Paris, jeudi 25 juillet 2019. Crédits : Bertrand Guay - AFP

Comment répondre à l'urgence environnementale ? Alors que des records de température ont été enregistrés jeudi 25 juillet à Paris, avec 42.5°C à 15h20, les scientifiques sonnent quotidiennement l'alarme sur la situation inédite que nous vivons. Inédite, elle l'est, puisque les températures n'ont jamais autant augmenté depuis 2000 ans, selon deux études distinctes réalisées par des chercheurs à partir de 700 indicateurs. Comprendre les évolutions climatiques à travers les millénaires, c'est justement le travail de la paléoclimatologue et co-présidente du Giec, Valérie Masson-Delmotte, que nous recevons aujourd'hui en studio.

Les glaces de l’Antarctique nous font remonter jusqu’à 800 000 ans en arrière. Ces enregistrements sur le temps long permettent de comprendre à quel point la situation actuelle est différente des précédentes.  Nos travaux n’invitent pas à de la gestion de crise. Ils permettent d’identifier les trajectoires éventuelles pour tenter de maîtriser l’évolution du climat.

Par la voix mondiale des lycéens qui ont fait grève les vendredis, l'organisation des Marches pour le Climat et des Marches pour les sciences, les interventions "coup de poing" du mouvement écologiste Extinction Rebellion... La pression citoyenne s'amplifie pour faire réagir le système politique et économique. Dernière preuve en date : le discours de Greta Thunberg à l'Assemblée Nationale, mardi 23 juillet. La militante de 16 ans, qui dénonce le réchauffement climatique, a prononcé un discours face aux députés français et aux journalistes. 

Il faut une jeune fille de 16 ans pour réveiller les consciences. Pour autant, Greta Thunberg ne doit pas être vue comme "la" représentante du mouvement de la jeunesse. Il est beaucoup plus large, et s’approprie les constats scientifiques établis depuis les années 1970.

La paléoclimatologue pose quelques doutes sur la stratégie des effondristes et autres collapsologues, dont les parutions remportent un large succès auprès de l'opinion publique. 

Le discours effondriste s’inscrit dans une défiance des politiques. Il peut tendre vers un discours du repli sur soi, alors que l'urgence climatique demande des changements structurants.

Certains députés avaient appelé au boycott du discours de Greta Thunberg, à l'instar de Guillaume Larrivé et Julien Aubert (tous deux "Les Républicains" et candidats à la présidence du parti), malgré la présence de scientifiques comme Valérie Masson-Delmott. "Ils ont voulu faire parler d'eux, je le regrette", avait déploré leur collègue Eric Diard, après l'intervention de la suédoise. Cette sortie peut-elle se résumer à un simple "coup" médiatique, ou bien révèle-t-elle un aveuglement plus grave ? Pour la co-présidente du Giec, la défense de l'environnement est un réel enjeu démocratique, et s'interroge : "Que veut-on protéger, et pourquoi ?" 

Avec Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue et co-présidente du Giec, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.

Le Ministre de la Culture, Franck Riester, sort de l'Elysée après une réunion avec son cabinet, 30 avril 2019.
Le Ministre de la Culture, Franck Riester, sort de l'Elysée après une réunion avec son cabinet, 30 avril 2019. Crédits : Ludovic Marin - AFP

"Il vous sera utile de garder Malraux. Taillez pour lui un ministère, par exemple, un regroupement de services que vous pourrez appeler "Affaires culturelles". Malraux donnera du relief à votre gouvernement." C'est ce qu'aurait conseillé le Général de Gaulle à son Premier Ministre, Michel Debré, le 3 février 1959. Telle est l'origine du ministère de la Culture qui, cette année fête ses 60 ans !  

Pour célébrer cet anniversaire, un événement était organisé rue de Valois, mercredi 24 juillet. Les anciens ministres Jack Lang, Frédéric Mitterrand et Renaud Donnedieu de Vabres étaient présents, en plus de plusieurs directeurs d'institutions culturelles, comme Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, Marie-Christine Saragosse, PDG de France Médias Monde, ou Catherine Pégard, présidente du château de Versailles. Avant l'allocution de Franck Riester, l'actuel ministre et ancien cadre LR, le Président de la République a voulu mobiliser les acteurs culturels face aux géants du numérique. "Si on suit l’air du temps, la valeur n’est plus à l’acte de créer mais à la force de diffuser, la vérité devient technologique et le primat de plus en plus économique", a avancé Emmanuel Macron lors d'un discours d'une vingtaine de minutes. 

Notre modèle culturel est confronté à deux phénomènes. Il subsiste de grandes iniquités territoriales d’accès à la culture. L’institution culturelle gagne du public mais la fracture entre ce public et le reste de la population s’aggrave. Bernard Latarjet

Mais l'économie, c'est aussi un sujet qui fâche au ministère de la Culture. Lundi, plusieurs syndicats du monde de la culture ont adressé une lettre ouverte à Franck Riester. S'adressant directement à ce dernier, ils écrivent : "vous faites le choix de réformer et de libéraliser à budget constant, plutôt que de porter haut et fort la nécessité d’une hausse des moyens alloués à votre ministère". Pour Nicolas Bourriaud, il faut aussi veiller à créer et maintenir de l'émulation dans les territoires. 

Le niveau local permet d’autres émergences artistiques. L’an dernier, 100% des élèves des Beaux-Arts de Montpellier sont restés sur le territoire. La décentralisation, c'est la création de scènes territoriales, régionales. Sans cet écosystème, on aura perdu.

Les auteurs de la lettre publique dénoncent "l'absence de vision d'une politique culturelle ambitieuse" du chef de l'Etat, lui reprochant de ne pas "dialoguer" avec le secteur et ses représentants. "Il ne porte qu’une politique d’outils qui affaiblit encore votre ministère", expliquent-ils. Alors, que peut encore faire le ministère de la Culture ? 

Avec Bernard Latarjet, administrateur culturel et président du théâtre Sylvia Montfort à Paris, et au téléphone, Nicolas Bourriaud, directeur général du Mo.Co de Montpellier et au téléphone, Jean-Paul Angot, directeur de la scène nationale MC2 à Grenoble, et vice-président du Syndeac, le syndicat national des entreprises artistiques et culturelles. 

Intervenants
  • paléoclimatologue, co-présidente du du groupe de travail sur les bases physiques du climat du GIEC
  • Administrateur culturel, président du théâtre Sylviane Montfort à Paris, ex-Directeur de la candidature de Marseille comme capitale européenne de la culture
  • Historien de l'art, il a dirigé l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris, La Panacée et dernièrement le MoCo à Montpellier
  • directeur de la scène nationale MC2 à Grenoble, et vice-président du Syndeac, le syndicat national des entreprises artistiques et culturelle
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