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Image tirée du streaming d'envoi dans l'espace de la Tesla Roadster, 16 février 2018.

De la NASA à Tesla : vers une privatisation de l'espace ? / Cryptomonnaies : qui a peur de Facebook ?

1h09
À retrouver dans l'émission

A l'occasion des cinquante ans du premier pas de l'Homme sur la Lune, nous nous interrogerons sur l'évolution de notre rapport à l'espace et les enjeux économiques qui s'y jouent. En deuxième partie, nous discuterons de Libra, la cryptomonnaie de Facebook qui suscite la crainte des économistes...

Image tirée du streaming d'envoi dans l'espace de la Tesla Roadster, 16 février 2018.
Image tirée du streaming d'envoi dans l'espace de la Tesla Roadster, 16 février 2018. Crédits : Ho / SpaceX - AFP

Cinquante ans ! C'est un anniversaire pas comme les autres que l'on fête ce dimanche 21 juillet : le premier pas de l'Homme sur la Lune. Depuis 1969, l'espace nous semble plus familier, grâce aux nombreuses découvertes sur sa constitution, son histoire et son évolution, bien que nous n'en connaissions encore qu'une infime partie. C'est aussi le lieu de grands enjeux politiques, voire éthiques, si l'on évoque le possible avenir de l'humanité sur une autre planète que la Terre. 

Mais un aspect ne doit pas être laissé de côté quand on parle d'univers : l'économie. C'est ce que rappelle l'astrophysicienne Fatoumata Kébé, connue aussi pour vouloir être la première femme à fouler la Lune. 

Barack Obama a permis l'exploitation des ressources dans l’espace par les entreprises privées. Si les modèles économiques sont difficiles à mettre en place, cela pose des questions sur ce que pourra faire l’Homme quand il en sera capable

Avec l'envoi dans l'espace de sa voiture électrique Tesla Roadster, mardi 6 février 2018, Ellon Musk rappelle que l'univers est aussi un terrain de conquêtes pour les entreprises privées. Une compétition économique qui est à relativiser, selon Isabelle Sourbès-Verger, chercheuse au CNRS. 

Les coûts sont extrêmement importants, d'où des business model très difficiles à construire. Cette problématique concerne aussi les Etats, d'où la nécessité de mettre en place des partenariats internationaux.

Cette coopération pourrait se matérialiser avec le "Moon Village". Après le succès de la Station internationale, c'est une base scientifique et d'analyse de ressources qui pourrait être lancée sur le satellite naturelle de la Terre. Un projet qui noue aussi des liens forts entre les Etats, comme le souligne Arlène Ammar-Israël, physicienne. 

Le "Moon village" est à l'image de la situation politique d’aujourd’hui, qui repose sur la coopération entre les nations. Ce projet de village lunaire a été lancé par l’Agence spatiale européenne qui travaille avec d’autres partenaires. Aujourd'hui : aucune puissance ne peut se lancer seule sur la Lune. 

Avec Isabelle Sourbès-Verger, géographe, chercheuse au CNRS Centre Alexandre Koyré, spécialiste des questions de géopolitique de l'espace et des politiques spatiales, Arlène Ammar Israël, physicienne, spécialiste des atmosphères planétaires et du milieu interplanétaire et Fatoumata Kébé, astrophysicienne. 

Mark Zuckerberg, co-fondateur et CEO de Facebook, lors d'une audition au Sénat américain, à Washington, le 10 avril 2018.
Mark Zuckerberg, co-fondateur et CEO de Facebook, lors d'une audition au Sénat américain, à Washington, le 10 avril 2018. Crédits : Chip Somodevilla - AFP

« Facebook a démontré scandale après scandale qu’il ne méritait pas notre confiance ». C'est ce qu'a déclaré le démocrate Sherrod Brown, membre de la commission sénatoriale des banques, avant de démarrer l'audition de David Marcus, porteur du projet Libra chez Facebook, le 17 juillet. Tristan Dissaux, docteur en sciences économiques et chercheur à l'Université libre de Bruxelles pose cette question de sécurité, notamment sur la santé du système financier. 

Van Hayek, le père du néolibéralisme, militait pour dénationaliser la monnaie et la confier aux acteurs privés. Les banques ont joué ce rôle en entrant en concurrence entre elles. Or Facebook pourrait profiter d’une situation de monopole : doit-on laisser ce géant des réseaux sociaux être le garant monétaire de l’intérêt collectif ? 

La nouvelle cryptomonnaie a été dévoilée le 18 juin dernier par Mark Zuckerberg, co-fondateur et CEO du réseau social qui compte désormais 2.38 milliards d'utilisateurs. Libra permet de payer, d'être utilisée comme devise pour des services financiers comme dans le commerce en ligne. La monnaie virtuelle ne serait pas cadrée par un Etat ou une banque centrale, mais par une association composée pour l'instant de 28 entreprises, comme EBay, Spotify, Paypal - dont David Marcus a été le président de 2012 à 2014 - Uber, Mastercard ou encore Vodafone. Cette structure sera basée à Genève. Les ambitions de Facebook sont immenses, comme l'indiquait David Marcus en juin dernier : 

Notre premier objectif est de servir les 1,7 milliards de personnes qui ne sont pas bancarisés dans le monde et le nombre équivalent qui est mal servi.

Dès l'annonce de sa création, les institutions américaines et des organisations bancaires ont voulu recevoir les cadres de Facebook. Marie-Anne Frison Roche, professeure de droit de la régulation et de la compliance à Sciences-Po, demande aux Etats et aux institutions internationales de rester vigilants. 

Il ne faut pas avoir peur de Facebook, il faut dominer Facebook ! Les cadres de l'entreprise expliquent qu’il n’ y aura jamais de défaillance. Cela résonne malheureusement avec le Titanic, qui est parti sans les canots de sauvetage suffisants pour tous ses passagers. 

Peut-on contrôler Libra ? La monnaie peut-elle mettre à mal l'économie classique ? 

Avec en duplex, Tristan Dissaux, docteur en sciences économiques et chercheur au CERMi, université libre de Bruxelles, Philippe Herlin, docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers, et au téléphone, Marie-Anne Frison Roche, professeure de droit de la régulation et de la compliance à Sciences-Po, auteure du rapport remis au gouvernement "L'apport du Droit de la Compliance à la Gouvernance d'Internet".

Musique : "Don’t Let Me Be", Cassius 

Intervenants
  • géographe, directrice de recherches CNRS Centre Alexandre Koyré, spécialiste des questions de géopolitique de l'espace et des politiques spatiales.
  • physicienne, spécialiste des atmosphères planétaires et du milieu interplanétaire
  • astrophysicienne
  • Docteur en economie et chercheur au CERMi, université libre de Bruxelles
  • économiste, auteur de « Le pouvoir d’achat. Le grand mensonge », ed. Eyrolles.
  • professeur de droit de la régulation et de la compliance à Sciences Pô, auteur du rapport remis au gouvernement "L'apport du Droit de la Compliance à la Gouvernance d'Internet"
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