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Des festivaliers assistent à un concert de la chanteuse grecque Marina Satti lors de la journée d'ouverture de la 29e édition du festival de musique Les Vieilles Charrues à Carhaix-Plouguer, dans l'ouest de la France, le 8 juillet 2021.

Festivals : la reprise à l'épreuve du pass sanitaire / Autochtones : le Canada face à son passé colonial

59 min
À retrouver dans l'émission

Le pass sanitaire a-t-il freiné ou libéré les festivals ? Le Canada saura-t-il faire face à son passé colonial ?

Des festivaliers assistent à un concert de la chanteuse grecque Marina Satti lors de la journée d'ouverture de la 29e édition du festival de musique Les Vieilles Charrues à Carhaix-Plouguer, dans l'ouest de la France, le 8 juillet 2021.
Des festivaliers assistent à un concert de la chanteuse grecque Marina Satti lors de la journée d'ouverture de la 29e édition du festival de musique Les Vieilles Charrues à Carhaix-Plouguer, dans l'ouest de la France, le 8 juillet 2021. Crédits : Sameer Al-DOUMY - AFP

Première partie - Festivals à l'épreuve du pass sanitaire  

Cet été, le pass sanitaire est l’outil clef du déconfinement et de la reprise à grande échelle de la vie culturelle et nocturne. Il a très vite été adopté par le festival d’Avignon où il est en vigueur dans l’immense Cour d’honneur du Palais des papes, puis fin juin par les grands festivals de musiques actuelles. Et pour cause : c’est grâce au pass sanitaire que les concerts en plein air de plus de 1000 personnes peuvent aujourd’hui se vivre en configuration debout, en jauge complète et sans obligation de distanciation. C’est une chance, un pass « salutaire » disait Roselyne Bachelot aux Etats Généraux du Festival qui se sont tenus à Bourges le 28 juin dernier. 

Mais ce pass a-t-il été bien compris ? Il devait être un moteur, et pour certains publics notamment les plus jeunes, il semble représenter un frein. Plusieurs festivals qui l’exigent, comme Pause Guitare à Albi ou les Vieilles Charrues, peinaient en billetterie. Le Syndicat National des Entrepreneurs de Spectacles n’a pas hésité à proposer sa suppression.

Au-delà des questions pratiques qui accompagnent son entrée en vigueur : que nous raconte le pass sanitaire des inégalités d’accès à la culture, en termes de publics ou de territoire ? 

Avec Paul Rondin, directeur délégué du festival d'Avignon,  Jérôme Tréhorel, directeur général du festival des Vieilles Charrues et Emmanuel Wallon, ancien président de l’association Hors les Murs, professeur de sociologie politique à l’université Paris-Nanterre, co-auteur de l’ouvrage (avec Laurent Martin et Vincent Martigny) « Les années Lang. Une histoire des politiques culturelles (1981-1993)  » paru en 2021 aux éditions La Documentation Française

Tous les soirs nous avons 2 000 personnes dans la Cour d’honneur et ça fonctionne très bien. On n’a pas du tout de refus du pass sanitaire puisque c’est le moyen dans le cas de la Cour d’honneur d’assister au spectacle et tout le monde a plus encore envie de se retrouver côte à côte, serrés dans ce plaisir partagé plutôt que de rechigner un pass sanitaire. 

« Il fallait inventer un accompagnement des spectateurs. S’ils voulaient profiter du festival, s’ils voulaient profiter de la ville en festival, il fallait garder le masque, il fallait se croiser le moins possible. Mais pour être honnête, ça ne fonctionne pas très bien. Malgré les appels à la responsabilité individuelle et une communication forte des autorités, on voit bien que les gens sont dans un esprit de vacances. On ne peut pas dire majoritairement que les masques soient sur leur visage. C’est une vraie question et une vraie difficulté. Si le pass sanitaire est obligatoire, si les mesures sanitaires sont importantes, il faut quand même savoir raison garder, on ne peut pas toujours être plus exemplaire que l’exemplarité. Et c’est vrai que pour l’instant, la rue pose question. »

Paul Rondin

«  La vaccination c’est la seule issue. Le test c’est une solution transitoire, c’est une solution pansement. (…) Si ce pass doit être généralisé, il faut bien évidemment pour les organisateurs et les producteurs des contreparties. (…)  A partir du moment où il y a le pass, on peut considérer que le virus ne va pas circuler, et que les festivaliers sont tous négatifs donc il faut des contreparties, comme l’autorisation d’une jauge pleine. Et c’est très important pour la reprise.  » 

Jérôme Tréhorel

Choix musical : "Reactor" de Woodkid

Deuxième partie - Autochtones : le Canada face à son passé colonial

Comme près de 150 000 enfants autochtones, Edmund a grandi dans l’un des pensionnats religieux auxquels l’Etat Canadien a délégué pendant plus d’un siècle sa politique d’assimilation forcée. Une politique et une histoire dont la société canadienne admet et découvre aujourd’hui l’ampleur de sa violence. En un mois à peine, plus de 1000 corps d’enfants ont été retrouvés ensevelis sans épitaphe non loin de 3 de ces pensionnats.  Il en a existé 194 et le dernier a fermé seulement en 1996. 

Cette histoire n’est pas lointaine et se perpétue aujourd’hui puisque les autochtones, qui représentent 4 % de la population canadienne, vivent en marge de la société. Dans ces communautés marquées par la pauvreté, les taux de suicide et de féminicides sont nettement supérieures à la moyenne. Cette population réclame réparation au Premier ministre canadien, Justin Trudeau, qui de son côté, avait fait campagne sur cette question. Alors que plusieurs symboles de l’Eglise catholique et de la Couronne britannique ont été vandalisés ces derniers jours, le Premier ministre a choisi de nommer une Inuit, Mary Simon, comme gouverneure générale du pays. Elle est la première femme autochtone de l’histoire du pays à occuper ce poste. 

Le Canada peut-il faire face à son passé colonial ?  

Avec Marie Mauzé, ethnologue, spécialiste des sociétés autochtones de la côte Nord-Ouest de l’Amérique du Nord et Gwen Le Gouil, grand reporter et réalisateur, auteur du documentaire Tuer l’Indien dans le cœur de l’enfant (Arte, 2020)

Des jeunes autochtones tiennent un sit-in devant la statue de Ryerson près de Church et Gould sur le campus de l'Université Ryerson. Ils ne partiront pas tant que 215 paires de chaussures pour enfants n'auront pas été placées. Toronto, le 31 mai
Des jeunes autochtones tiennent un sit-in devant la statue de Ryerson près de Church et Gould sur le campus de l'Université Ryerson. Ils ne partiront pas tant que 215 paires de chaussures pour enfants n'auront pas été placées. Toronto, le 31 mai Crédits : Steve Russell/Toronto Star - AFP

A voir : 

Intervenants
  • Directeur délégué du festival d'Avignon
  • Directeur général du festival Les Vieilles Charrues
  • ancien président de l’association Hors les Murs, professeur de sociologie politique à l’université Paris-Nanterre, co-auteur de l’ouvrage « Les années Lang, ou l’âge d’or de la politique culturelle » (2021)
  • Ethnologue, spécialiste des sociétés autochtones de la côte Nord-Ouest de l'Amérique du Nord, directrice de recherche au CNRS
  • Journaliste indépendant, lauréat du prix Albert Londres 2007, auteur du documentaire Tuer l’Indien dans le cœur de l’enfant (Arte, 2020)
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