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Dans l'unité des malades du COVID-19 de l'Hôpital Lariboisière, à Paris, le 27 avril 2020

La crise de l'hôpital est-elle aussi un problème d'organisation ? / Réseaux sociaux : modérer, c'est censurer ?

1h08
À retrouver dans l'émission

Ce samedi, nous nous demanderons comment mieux organiser l'hôpital public pour mettre fin aux crises qui le traversent. Et nous nous intéresserons à la lutte récente des réseaux sociaux contre la désinformation et la haine en ligne. Régulation ou censure ?

Dans l'unité des malades du COVID-19 de l'Hôpital Lariboisière, à Paris, le 27 avril 2020
Dans l'unité des malades du COVID-19 de l'Hôpital Lariboisière, à Paris, le 27 avril 2020 Crédits : Joël Saget - AFP

Première partie : La crise de l'hôpital est-elle aussi un problème d'organisation ?

« On ne se méfie jamais suffisamment avec les mots. Ils ont l’air de rien les mots, pas l’air de dangers, plutôt de petits vents, de petits sons en bouche, (…) facilement repris dès qu’ils arrivent par l’oreille par l’énorme ennui gris mou du cerveau. On ne se méfie pas d’eux des mots et le malheur arrive. »

Ces mots-là sont de Louis-Ferdinand Céline, qui était aussi… médecin. Près de 90 ans plus tard, ils raisonnent avec un petit pamphlet titré « L’hôpital, une nouvelle industrie – Le langage comme symptôme », un « Tract » Gallimard rédigé par le chef du service de neurologie au CHU de Tours, Stéphane Velut.

Car non, ils n’ont l’air de rien les mots. Une « démarche d’excellence », une « optimisation des pratiques », un « redimensionnement capacitaire » (comprendre : la fermeture de lits) : c’est d’abord par le langage écrit Stéphane Velut, que les gestionnaires ont repris la main à l’hôpital, et avec eux les concepts destinés à faire admettre la baisse des budgets.

Rééquilibrer les pouvoirs en faveur dont le travail n’est pas de parler mais de guérir : les soignants… C’est l’un des thèmes du Ségur de la santé.

Avec François Crémieux, directeur adjoint de l’AP-HP, Olivia Gross, chercheuse associée au Laboratoire Educations et Pratiques de Santé (Leps) de l’Université Paris 13, auteure de "L’engagement des patients au service du système de santé" (Doin, 2017), et Michel Tsimaratos, professeur de pédiatrie au CHU de Marseille, il dirige le service de pédiatrie multidisciplinaire à l'hôpital de la Timone à Marseille, auteur de "Repenser l'hôpital : Rendez-manqués et raisons d'espérer" (Michalon, 2019).

Pour la première fois, Twitter a accompagné un message posté par Donald Trump le 29 mai 2020 d'un avertissement : « Ce tweet a enfreint les règles de Twitter relatives à la glorification de la violence. »
Pour la première fois, Twitter a accompagné un message posté par Donald Trump le 29 mai 2020 d'un avertissement : « Ce tweet a enfreint les règles de Twitter relatives à la glorification de la violence. » Crédits : Olivier Morin - AFP

Seconde partie : Pourquoi les réseaux sociaux se mettent-ils à surveiller leurs contenus ?

« Nous ne voulons pas être des arbitres de la vérité » répétait jusque-là le patron de Facebook Mark Zuckerberg aux associations notamment de lutte contre le racisme, qui lui reprochaient de laisser passer de bien trop nombreux appels à la haine ou à la violence.

Ce ne sont pas ces associations qui l’ont fait fléchir il y a quelques jours, mais les annonceurs… Coca-Cola, Starbucks ou Unilever, Levi’s, Honda ont menacé de boycotter le réseau social s’il continuait à publier tels quels des messages jugés trompeurs ou haineux…. et ce, même s’ils proviennent d’un chef d’Etat comme Donald Trump. Twitter avait déjà franchi le pas fin mai en masquant un message du président des Etats-Unis disant, à propos des émeutes qui ont suivi la mort de George Floyd à Minneapolis : « si elles continuent, on commencera à tirer ».

Mercredi dernier, on apprenait aussi que Facebook avait supprimé des comptes liés au président brésilien, Jair Bolsonaro, qui véhiculaient des informations non vérifiées ou fausses sur l’épidémie de coronavirus… 

De quoi alimenter la bataille entre liberté, morale et censure.

Avec Tristan Mendès-France, maître de conférences associé à l'université Paris-Diderot, spécialisé en culture numérique, à l’initiative du projet "Stop hate money", Arthur Messaud, juriste, membre de la Quadrature du Net, et Franck Rebillard, professeur en sciences de l’information et de la communication à l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3 (Institut de la Communication et des Médias).

Intervenants
  • Directeur adjoint de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP)
  • Chercheuse au sein du laboratoire Educations et Pratiques de Santé, Université Sorbonne Paris Nord
  • Professeur de pédiatrie au CHU de Marseille, il dirige le service de pédiatrie multidisciplinaire à l'hôpital de la Timone à Marseille
  • Maître de conférences associé à l'université Paris-Diderot, spécialisé en culture numérique et initiateur du projet "Stop hate money"
  • Juriste, membre de la Quadrature du Net
  • Professeur en sciences de l’information et de la communication à l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3 (Institut de la Communication et des Médias)
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