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Au cours de l'annee 2016 et 2017, Paris a connu un grand nombre de manifestations dans le cadre de la contestation contre la loi Travail dite El-Khomri.

La radicalisation de la contestation politique / Benalla : est-ce une affaire d'Etat ?

1h09

De l’ultra droite aux black blocs, pourquoi la contestation politique semble-t-elle devenir de plus en plus violente? En seconde partie, nous nous demandons si l'affaire Benalla est vraiment une affaire d'Etat. Y a-t-il un emballement médiatique et politique, ou un scandale "du niveau du Watergate"?

Au cours de l'annee 2016 et 2017, Paris a connu un grand nombre de manifestations dans le cadre de la contestation contre la loi Travail dite El-Khomri.
Au cours de l'annee 2016 et 2017, Paris a connu un grand nombre de manifestations dans le cadre de la contestation contre la loi Travail dite El-Khomri. Crédits : Jan Schmidt-Whitley / Le Pictori / Maxppp - Maxppp

La radicalisation de la contestation politique

Des groupes d’ultra droite qui font intrusion dans des lycées au printemps. Dix personnes interpellées pour avoir préparé des attentats contre des musulmans en juin dernier. Sur son site internet, « L’action des  forces opérationnelles donne son programme : la préparation des citoyens soldats français au combat sur le territoire national ». Le 1er mai, 1 000 partisans des Black blocks, un mouvement d’ultra gauche né en Allemagne dans les années 80, casqués et vêtus de noir, mettent à sac le 13è arrondissement de Paris. Ils avaient déjà été à l’origine d’affrontements avec les forces de l’ordre en marge des manifestations des zadistes de Notre Dame des Landes. Et puis en avril, des militants de Génération identitaire qui bloquent le col de l’Echelle, dans les Hautes Alpes, pour empêcher les migrants venus d’Italie de passer en France. Avec la fin des utopies du XXè siècle et la dépolitisation du milieu universitaire, ils avaient presque disparu du paysage depuis les années 70 et 80. Ils avaient même semblé avoir été chassés du paysage par un autre type de violence politique, les attentats islamistes. Les groupes d’extrême gauche et d’extrême droite sont de retour en France et multiplient les actes violents. 

D’où vient cette résurgence du passé ? Sur quel terreau pousse-t-elle ? Que dit-elle de l’état de notre société ?

Avec Nonna Mayer, directrice de recherche émérite au CNRS, rattachée au Centre d’études européennes et de politique comparée de Sciences Po,  Jean-Yves Camus, directeur de l'Observatoire des radicalités politiques à la Fondation Jean-Jaurès, chercheur associé à l'IRIS, Paris et Xavier Crettiez, professeur de sciences politique à Sciences Po Saint Germain en Laye et à l’UVSQ, spécialiste des violences politiques nationalistes.

En lien avec l'émission

Toutes les publications de Nonna Mayer

Les partis politiques français et la Russie : politique de puissance et politique d’influence, Jean-Yves Camus, 13 juin 2018, Carnegie Council.

Politique et violence, le blog de Xavier Crettiez destiné aux étudiants 

Collection Contester, dirigée par Nonna Mayer

Benalla : est-ce une affaire d'Etat ?

Emmanuel Macron et Alexandre Benalla au Touquet en juin 2017
Emmanuel Macron et Alexandre Benalla au Touquet en juin 2017 Crédits : CHRISTOPHE ARCHAMBAULT - AFP

Simple crise politique estivale, comme tous les présidents de la Vè république ont eu à en gérer ? Ou affaire d’Etat qui fragilise l’Elysée ? Depuis que, le 18 juillet, le journal Le Monde a révélé l’affaire Benalla, du nom d’un chargé de mission de la présidence qui, coiffé d’un casque de police, s’en était pris violemment à deux manifestants lors d’un rassemblement du 1er mai, les machine médiatiques et politiques se sont emballées. Le garde du corps d’Emmanuel Macron, aux méthodes de cowboy ou de barbouze, et qui à l’époque des faits avait écopé de quinze jours seulement de suspension, a été licencié par le président le 20 juillet. Mais le geste n’a pas suffi à éteindre l’incendie. L’opposition, et notamment Jean Luc Mélenchon qui dramatise à outrance l’affaire en la comparant au Watergate, organise un blocage de l’Assemblée en parasitant l’examen en cours de la réforme constitutionnelle. Et, on l’a appris il y a une heure, le gouvernement a suspendu jusqu’à nouvel ordre l’examen de la réforme constitutionnelle. Les uns reprochent à Emmanuel Macron d’avoir failli à l’exemplarité de la république, qui était l’une des valeurs-piliers de son mandat. Les autres dénoncent des pratiques de l’ancien monde avec lesquelles le nouveau président jurait avoir rompu. La communication de l’Elysée patine, le silence d’Emmanuel Macron jette le trouble dans la majorité. La justice est saisie. Il y a un an, une affaire éclatait au cœur du mois de juillet, avec la démission du général de Villiers, le chef d’état-major des armées, à l’issue d’un conflit avec Emmanuel Macron. A l’époque, beaucoup disaient que le président venait de commettre sa première erreur et que son quinquennat en serait affecté. Un an plus tard, les relations sont pacifiées entre l’Elysée et les armées françaises. 

L’affaire Benalla connaîtra-t-elle le même sort ? Cette affaire, qui chasse trop tôt l’euphorie de la victoire à la coupe du monde, n’est-elle qu’un feu de paille, un feuilleton politique comme les étés en raffolent, ou va-t-elle laisser des traces dans le quinquennat d’Emmanuel Macron ?

Avec Nonna Mayer, directrice de recherche émérite au CNRS, rattachée au Centre d’études européennes et de politique comparée de Sciences Po, Gérard Courtois, directeur éditorial et chroniqueur politique au Monde, Albert Zennou, chef du service politique au Figaro.

En lien avec l'émission

Toutes les publications de Gérard Courtois

Toutes les publications d'Albert Zennou

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