LE DIRECT
Des réfugiés à bord de l'Aquarius

Les conséquences de la crise des migrants sur les partis politiques français/ Le style « Jupiter » est-il un problème?

1h10

Comment la crise migratoire bouleverse-t-elle les partis politiques français ? Et en seconde partie d’émission, après qu’Emmanuel Macron ait été accusé d’agir en « monarque » au Congrès de Versailles, nous réfléchirons à son rapport à l’autorité.

Des réfugiés à bord de l'Aquarius
Des réfugiés à bord de l'Aquarius Crédits : FEDERICO SCOPPA - AFP

Les conséquences de la crise des migrants sur les partis politiques français

Depuis que Bruxelles a voulu imposer des quotas de réfugiés aux pays membres de l’Union européenne en 2015, le sujet fracture la scène politique française. Mais avec la crise du bateau humanitaire Aquarius, puis l’arrivée au pouvoir en Italie d’un gouvernement d’alliance entre les populistes et l’extrême droite, il oppose aussi les différents courants au sein d’un même parti. Virginie Calmels, la numéro 2 des Républicains, a été limogée le mois dernier. Elle critiquait, entre autre, le nouveau tract des Républicains, « Pour que la France reste la France » et ce qu’elle considère comme la dérive droitière de Laurent Wauquiez, le président du parti. Le clivage entre durs et modérés sur la question s’était déjà observé à droite, pendant la campagne présidentielle, entre François Fillon et Alain Juppé. 

L’accueil des migrants divise aussi la majorité. Son aile gauche milite pour davantage d’ouverture, tandis que l’aile droite, représentée par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, mène une politique de fermeté. En avril, lorsque le projet de loi asile et immigration a été adopté, 17 députés La république en marche se sont abstenus et un tiers ne sont pas venus. Cette loi revient en deuxième lecture à l’Assemblée le 25 juillet prochain. Mais au-delà de l’actualité française, le sujet, qui pendant des années est resté relativement tabou dans les élites françaises, s’impose déjà, avant même qu’elle ne commence, dans la campagne électorale des élections européennes, qui auront lieu en 2019. 

Avec Jean-Pierre Le Goff, sociologue au CNRS, président du club Politique Autrement, Olivier Mongin, essayiste, directeur de la publication de la revue Esprit, et Martial Foucault, professeur à Sciences Po et directeur du Cevipof.

Le style « Jupiter »  est-il un problème ?

Emmanuel Macron lors du congrès de Versailles le 9 juillet 2018
Emmanuel Macron lors du congrès de Versailles le 9 juillet 2018 Crédits : Charles Platiau/Pool - AFP

François Hollande, le président normal, était son contre modèle. Lui se voulait Jupiter, le maître des dieux dans la mythologie romaine, celui qui gouverne le ciel et la terre et dont le caractère impérieux et dominateur fait souffler un vent nouveau sur le pays. En un an, il a restauré l’autorité de l’Etat, rétabli la verticalité mais aussi la solennité de la fonction présidentielle. Il s’est aussi glissé dans la constitution de 1958, une constitution de crise dessinée par un général aux ambitions politiques, aussi facilement que De Gaulle. A tel point qu’on a parfois l’impression qu’elle a été faite aussi pour lui.

Là où ses prédécesseurs avaient calé face aux pressions de la rue, Emmanuel Macron ne cède ni aux étudiants ni à la SNCF. Il avait promis de réformer la France et il tient ses promesses. Pourtant, le congrès de Versailles le 9 juillet a été boycotté par la France Insoumise qui ne veut pas se rendre au « rendez-vous du monarque » et par plusieurs députés Républicains qui auraient aimé pouvoir répondre au président après son intervention. Le projet de loi constitutionnelle discuté en ce moment à l’Assemblée nationale est critiqué par l’opposition, qui considère que les mesures visant à limiter le droit d’amendement et à baisser le nombre de parlementaires sont un nouveau renforcement de l’autorité du pouvoir exécutif. Depuis le début de l’été, la popularité d’Emmanuel Macron s’érode. Selon une enquête du Cevipof réalisée en mai dernier, 55% des Français considèrent que le président et son gouvernement sont trop autoritaires. Depuis, Jupiter est devenu Ulysse. En tout cas dans les propos du Premier ministre Edouard Philippe, qui a récemment comparé Emmanuel Macron au héros grec qui « jamais n’abandonne, qui sait où il veut aller et ne lâche jamais l’affaire ». 

Avec Jean-Pierre Le Goff, sociologue au CNRS, président du club Politique Autrement, Olivier Mongin, essayiste, directeur de la publication de la revue Esprit, et Martial Foucault, professeur à Sciences Po et directeur du Cevipof

Intervenants

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......