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Réunion du sommet de l'Otan à Bruxelles le 11 juillet 2018

Les enjeux du sommet de l’Otan / Le face à face entre Poutine et Trump

1h08

Quels sont les enjeux du sommet de l’Otan après des mois de critiques virulentes du président américain contre ses alliés européens ? En seconde partie : qu’attendre de la rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine ?

Réunion du sommet de l'Otan à Bruxelles le 11 juillet 2018
Réunion du sommet de l'Otan à Bruxelles le 11 juillet 2018 Crédits : EMMANUEL DUNAND - AFP

Les enjeux du sommet de l’Otan

Plus de peur que de mal ! On redoutait que le sommet de l’OTAN ne soit gâché par un tweet vengeur de Donald Trump, comme le fût le cas le mois dernier au Canada, pendant le G7. Certains craignaient qu’après avoir quitté l’accord sur le climat, déchiré le compromis sur le nucléaire iranien et déserté l’Unesco, le président américain  claque la porte d’une Alliance qu’il trouve obsolète et vieille – aussi vieille que la Guerre froide, elle aura bientôt 70 ans - et qui se repose trop sur les Américains. Pour Donald Trump, « les États-Unis sont les couillons qui paient tout », c’est ce qu’il a dit dans le Montana quelques jours avant le sommet. C’est la méthode Trump : déstabiliser, menacer, renverser la table sur la tête de ses alliés. Mais après un début très mouvementé, marqué par des attaques contre l’Allemagne d’Angela Merkel et des piques enfoncées dans le dos de ses alliés européens à qui Trump demande de dépenser tout de suite 2% de leur budget à la défense si ce n’est pas 3 ou 4%, la tempête s’est calmée, l’unité s’est refaite et tout est rentré dans l’ordre. Ou en partie seulement. Car si Donald Trump a confirmé l’engagement des États-Unis au sein de l’OTAN, il a suffisamment secoué la machine pour que des questions nouvelles, et graves, se posent. Et notamment du côté européen. Les méthodes disruptives de Donald Trump, qui brise les équilibres internationaux et écrase les règles multilatérales, menacent-elles l’OTAN dans son essence ? L’Alliance atlantique est-elle adaptée au XXIe siècle et aux nouvelles menaces qui guettent le continent ? Les attaques de Trump sont-elles une chance à saisir pour les pays européens, qui après avoir vécu depuis la chute du Mur dans l’illusion qu’était venue la fin de l’Histoire et que toujours régnerait la paix, se reposaient sous le parapluie militaire américain ?

Avec Camille Grand, secrétaire général adjoint de l’OTAN, et Martin Quencez, chercheur au German Marshall Fund à Paris et chercheur associé au Conseil Européen des affaires étrangères.

Le face à face entre Poutine et Trump

Vladimir Poutine et Donald Trump durant le sommet du G20 à Hambourg le 7 juillet 2017
Vladimir Poutine et Donald Trump durant le sommet du G20 à Hambourg le 7 juillet 2017 Crédits : Saul Loeb - AFP

C’est leur premier sommet bilatéral et il aura lieu lundi en terrain neutre, à Helsinki, la capitale de la Finlande, qui depuis la Guerre Froide, s’est faite une spécialité des grands tête à tête est ouest. En 1975, elle avait accueilli Gerald Ford et Leonid Brejnev. En 1990, George Bush père et Mikhaïl Gorbatchev. En 1997, Bill Clinton et Boris Eltsine. Depuis l’euphorie diplomatique qui avait accompagné l’arrivée au pouvoir de Boris Eltsine, le président qui avait mis le cap à l’ouest et engagé son pays sur le chemin de la démocratie, les relations entre le Kremlin et la Maison blanche se sont dégradées. Les tentatives de rapprochement de Barrack Obama ont été pulvérisées par l’annexion russe de la Crimée en 2014. L’attirance mutuelle entre Vladimir Poutine et Donald Trump, deux hommes forts mettant en avant muscles et testostérone et qui, chacun à leur manière, déconstruisent l’ordre occidental, a été contrariée par les ingérences russes dans la campagne électorale américaine, par l’affaire Skripal et par les différends en Syrie. Le sommet d’Helsinki permettra-t-il de rapprocher les positions des « deux grands », comme la rencontre de Reykjavik en Islande entre Ronald Reagan et Mikhail Gorbatchev avait annoncé en 1986 le début de la fin de la Guerre Froide ? Sur la table les attendent des dossiers sensibles. La Syrie d’abord : Donald Trump voudrait proposer un plan de règlement de la crise à Vladimir Poutine et lui demander de contenir l’avancée de l’Iran dans la région. La Crimée ensuite : le maître du Kremlin aimerait bien que le président américain reconnaisse l’annexion. Qui seront les gagnants, les perdants de ce sommet ? Vladimir Poutine, dont le but est de retrouver un rang d’égalité avec les Etats-Unis, a beaucoup à gagner. Après 18 ans au pouvoir, c’est déjà son 4ème président américain. Il le rencontrera avec d’autant plus d’assurance qu’il n’a pas perdu une miette des tensions inter alliés du sommet de l’OTAN. Et qu’il arrivera à Helsinki au lendemain d’une finale de foot saluée comme un modèle d’organisation.

Avec Thomas Gomart, directeur de l’IFRI, Martin Quencez, chercheur au German Marshall Fund à Paris et chercheur associé au Conseil Européen des affaires étrangères, et Laure Mandeville, grand reporter au Figaro et auteur du livre Qui est vraiment Donald Trump ? (Ed. des Equateurs, 2016)

Intervenants
  • Secrétaire général adjoint de l’OTAN à Bruxelles.
  • chercheur au German Marshall Fund à Paris et chercheur associé au Conseil Européen des affaires étrangères
  • Historien des relations internationales, directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI).
  • Journaliste au Figaro, ancienne correspondante à Washington (de 2009 à 2016).

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