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Deux policiers observent la foule sur La Rambla

Les partis politiques renoncent à leurs universités d’été / La Catalogne, cible des djihadistes

1h18

Conséquence du tsunami politique qui les a emportés au printemps, les grands partis ont décidé de boycotter les universités d'été. Retour sur les attentats qui ont endeuillé l'Espagne : la Catalogne est-elle devenue une base arrière des réseaux djihadistes ?

Deux policiers observent la foule sur La Rambla
Deux policiers observent la foule sur La Rambla Crédits : MATTHIAS BALK / DPA - AFP

Les partis politiques renoncent à leurs universités d’été

Traditionnellement, ce sont elles qui signalent la fin de la trêve estivale et lancent la rentrée politique française. Ateliers de réflexion, moyen de ressouder les militants, manière d’afficher l’unité du parti et de tracer les lignes politiques générales pour l’année à venir, les universités d’été sont l’un des moments forts de la vie des partis politiques.

Cette année pourtant, et pour la première fois depuis très longtemps, la plupart d’entre eux ont décidé d’annuler ce rendez-vous traditionnel. Le parti socialiste n’ira pas à La Rochelle mais se réunira discrètement à Paris la semaine prochaine pour un séminaire de rentrée. Les familles des Républicains se retrouveront chacune de leur côté, à Bordeaux pour les Juppéistes, à La Baule pour les Fillonistes, au Touquet pour les Sarkozystes et ainsi de suite…

Trois partis seulement ont décidé de se conformer à la tradition : La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon qui organisera – pour la première fois d’ailleurs - son université d’été à Marseille, Europe Ecologie Les Verts et le Modem. Principales raisons de ces annulations en chaîne ? Le manque de moyens financiers. Mais surtout la désagrégation, l’éclatement des partis traditionnels, le désarroi dans lequel les a plongés cette année électorale si particulière en France. Visiblement, l’été n’a pas suffi pour que les grands partis politiques se remettent de leurs spectaculaires défaites face à Emmanuel Macron et à son mouvement En marche. Le Parti socialiste est en miettes, Les Républicains sont éclatés entre plusieurs courants, le Front National est rongé par ses divisions internes. Les partis traditionnels sont-ils morts ? Peuvent-ils se remettre du tsunami politique qui a submergé le France au printemps ? Peuvent-ils resurgir de leurs cendres ?

Avec Yves Sintomer, membre de l’Institut universitaire de France, professeur de science politique, Université de Paris 8 ; Christophe de Voogd, ancien élève de l’École normale supérieure, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, agrégé d’histoire et Stéphane Rozès, président de Cap, enseignant à Sciences Po et HEC.

La Catalogne, cible des djihadistes

Depuis le dernier attentat d’Al-Qaïda qui avait fait 191 morts en 2004, l’Espagne avait été épargnée par le terrorisme islamiste. Celui-ci semblait s’être déplacé plus au nord de l’Europe, en France ou en Belgique. Les attaques menées jeudi en Catalogne prouvent, s’il en était besoin, que l’exception espagnole a pris fin et que le pays, qui ne mène pas de frappes militaires au sein de la coalition internationale en Syrie et en Irak, qui n’a pas été une puissance coloniale au Moyen-Orient, qui n’a pas de loi de 1905 sur la laïcité, est logé à la même enseigne que la France, mais aussi la Belgique, l’Allemagne, le Royaume Uni.

Comme tous les pays européens visés par des attentats djihadistes, l’Espagne est avant tout ciblée, rappellent les spécialistes, pour ce qu’elle est et non pour ce qu’elle fait. En attaquant les Ramblas de Barcelone, ville de fête et de tolérance, lieu mythique du tourisme européen, Daech choisit une caisse de résonnance médiatique. Mais les djihadistes s’attaquent aussi aux valeurs occidentales et aux mœurs libérales du pays de la Reconquista, qui avec Isabelle la Catholique a chassé l’islam de ses terres il y a 5 siècles. Pour les groupes islamistes, Al-Andalus, c’est-à-dire l’ensemble des territoires de la péninsule ibérique qui ont été sous domination ottomane jusqu’à la chute de Grenade, représente toujours l’âge d’or de l’islam.

Depuis plusieurs années, la Catalogne était devenue une plaque tournante, bien que discrète, de la mouvance djihadiste. Barcelone, mais aussi Ceuta et Melilla, enclaves espagnoles en territoire marocain, ce sont les trois spots des islamistes en Espagne. Depuis quand et pourquoi ? Les attentats de Catalogne rappellent, s’il en était besoin, que les reculs subis par les combattants de l’état islamique en Syrie et en Irak n’annoncent pas un recul des actes terroristes en Europe. Ils pourraient au contraire réveiller les réseaux dormants du vieux continent…

Avec Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire au Ministère de la Défense, auteur de Dr. Saoud et Mr. Djihad, la diplomatie religieuse de l'Arabie saoudite (Robert Laffont, 2016) ; Silvia Ayuso correspondante à Paris pour El Pais et Benoit Pellistrandi, historien et auteur d'une Histoire de l'Espagne (Perrin, 2013).

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