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Une unité de méthanisation implantée en 2014 en Seine-et-Marne par deux agriculteurs voisins. Chaque jour, le méthaniseur est alimenté par des résidus et déchets organiques.Après transformation, le biogaz émis devient du biométhane. 22 janvier 2021

Méthanisation : la fuite en avant ? / Afghanistan : les raisons d'une chute éclair

58 min
À retrouver dans l'émission

“Les Talibans ont gagné”, ce sont les mots en exil d’Ashraf Ghani, l’ex-président afghan qui a fui le pays le 15 août dernier. Avant de décrypter ce tournant majeur après 20 ans de guerre, nous partons dans les campagnes françaises découvrir le processus de méthanisation, qui fait débat.

Une unité de méthanisation implantée en 2014 en Seine-et-Marne par deux agriculteurs voisins. Chaque jour, le méthaniseur est alimenté par des résidus et déchets organiques.Après transformation, le biogaz émis devient du biométhane. 22 janvier 2021
Une unité de méthanisation implantée en 2014 en Seine-et-Marne par deux agriculteurs voisins. Chaque jour, le méthaniseur est alimenté par des résidus et déchets organiques.Après transformation, le biogaz émis devient du biométhane. 22 janvier 2021 Crédits : Jean-Baptiste Quentin - Maxppp

Première partie - La méthanisation : la fuite en avant ? 

La méthanisation, ce processus visant à transformer des déchets organiques en énergie pour les moteurs, le chauffage ou la production électrique, se développe de plus en plus dans les exploitations agricoles et fait débat.
L’enjeux est double : d’abord réduire les émanations de méthane, ce gaz a effet de serre extrêmement polluant issues des fumiers et des déchets agricoles, et donc participer à lutte contre le réchauffement climatique, et puis produire de l’énergie dite "non carbonée", du biogaz, puisque non issue de l’extraction fossile. une solution soutenue par l’Union Européenne et France Stratégie, l’instance de conseil et perspective rattachée au premier ministre, qui publiait fin juillet un rapport incitant à mobiliser la “biomasse comme alternative renouvelable aux énergies fossiles”. La méthanisation permettrait de se rapprocher des objectifs pour le climat de la Cop21 de Paris tout en renforçant l’autonomie énergetique des territoires…
Et pourtant, la méthanisation questionne et ces questionnements trouvent un écho particulier cet été. Pollutions locales produites par ses propres résidus, transformation et mise en péril  du modèle agricole alimentaire,  manque de régulation, contamination des eaux alentour, concurrence avec les besoins des élevages, la méthanisation produit ses propres enjeux écologiques. 

Un an tout pile après qu’une fuite de cuve de méthaniseur a privé près de 200 000 personnes d’accès à l’eau potable pendant plusieurs jours dans le Finistère, quels sont les enjeux politique et agricole qui entourent ce procédé? Les agriculteurs du futur sont-ils amenés à devenir des producteurs d’énergies ? Comment limiter les risques d’accident ? Méthanisation : une fuite en avant ? 

Avec Philippe Camburet, céréalier et président de la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB) et Romain Cresson, directeur des opérations de la « Business Unit » d’INRAE Transfert.

Aujourd’hui, l’agriculture a une vocation alimentaire. Si la méthanisation vient à se généraliser, on va avoir peut-être sur l’activité, un dualisme entre une agriculture pour la production alimentaire, une agriculture pour la production énergétique. Je ne pense pas que ce soit deux approches à opposer mais il faut trouver de bonnes pratiques pour que ces deux approches restent compatibles.

Romain Cresson

J'espère tout simplement qu'aujourd'hui on va renforcer les contrôles des méthaniseurs en fonctionnement et sur les projets de méthaniseurs, mettre quelques freins à des installations qui sont surdimensionnées et incohérentes par rapport au territoire. La méthanisation n'est pas à éviter absolument dans les territoires, il faut simplement qu'elle soit raisonnée et raisonnable.

Philippe Camburet

Choix musical : Ahmad Zahir "Az tangna e mahbas tarrikey"

Deuxième partie - Afghanistan : les raisons d'une chute éclair

Cette photo du corps des Marines des États-Unis, publiée le 18 août 2021, montre des soldats de l'armée américaine affectés à la 10e division de montagne assurant la sécurité à l'aéroport international Hamid Karzai.
Cette photo du corps des Marines des États-Unis, publiée le 18 août 2021, montre des soldats de l'armée américaine affectés à la 10e division de montagne assurant la sécurité à l'aéroport international Hamid Karzai. Crédits : ISAIAH CAMPBELL - AFP

"Les talibans ont gagné”, ce sont les mots en exil d’Ashraf Ghani, l’ex président afghan qui a fui le pays le 15 août dernier.  L’Afghanistan est sous contrôle taliban, et ceux-ci ont gagné la guerre contre les Occidentaux après vingt années d’occupation. Un tournant majeur dans l’histoire de ce pays en conflit depuis 40 ans et une victoire qui s’est déroulée très rapidement, en quelques mois si on compte la prise de contrôle des postes frontières du pays dès ce printemps, en quelques semaines si on regarde l’offensive lancée depuis le début de l’été sur les principales villes du pays et sur Kaboul, qui ont cédées à l’avancée des Talibans sans montrer beaucoup de résistances. La chute de l’Etat afghan soulève de nombreuses questions d’ordre sécuritaire, géopolitique, idéologique. C’est le modèle même de la puissance américaine qui est mis en question selon plusieurs analyses. 

Mais dans la demi-heure qui nous est impartie aujourd'hui, nous allons tenter de décrypter ce qui empêché  la constitution d’un Etat démocratique solide en Afghanistan, les ressorts internes de la société afghane qui ont permis la victoire écrasante des Talibans. Quels sont les composantes sociales et culturelles qui sont restées étanches à vingt ans de perfusion économique américaine ? Quelles sont les spécificités de ce pays montagneux au carrefour d’intérêts régionaux ? Afghanistan :  radiographie d’une chute éclair, c’est le deuxième plateau de cette émission.

Avec Myriam Benraad, politologue spécialiste du Moyen-Orient, professeure associée en relations internationales et Karim Pakzad, chercheur associé à l’IRIS spécialiste de l’Afghanistan.

Tout le monde est surpris par la rapidité de l'offensive des Talibans depuis la chute de Kaboul. Mais cela cache une certaine réalité que les Occidentaux ne voulaient pas voir, notamment les Américains. La défaite de l'OTAN et des Etat-Unis datent d'il y a 13 ou 14 ans, à partir de 2008, il était certain que les Américains ne pouvaient pas gagner cette guerre.

Karim Pakzad

Il n'y a pas de tradition de construction nationale réelle ou même d'Etat. Tout cela a été établi de toute pièce par les Américains. Il fallait soutenir les élites afghanes portées au pouvoir qui n'étaient pas des élites reconnues de tous les Afghans. Au-delà, celles-ci faisaient figure de personnalités politiques importées par les Américains et greffées de manière artificielle à cet Afghanistan qu'ils voulaient construire.

Myriam Benraad

Intervenants
  • président de la Fédération nationale d'agriculture biologique (Fnab)
  • Directeur de l’unité Business à l'INRAE
  • Politologue, spécialiste du Moyen-Orient, professeure associée en relations internationales
  • chercheur à l'IRIS, spécialiste de l'Irak, de la Syrie, de l'Afghanistan et de l'Iran
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