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Discours de Donald Trump au cours de la conférence de presse avec Vladimir Poutine le 16 juillet 2018 à Helsinki en Finlande.

Popularité record de Trump après sa tournée européenne / Faut-il supprimer le numerus clausus en médecine ?

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Après une tournée européenne critiquée, la cote de popularité de Donald Trump s’envole aux Etats-Unis. Et en deuxième partie, alors qu’un récent rapport estime que 19000 postes de médecins à l’hôpital sont « statutairement vacants », faut-il supprimer le numerus clausus ?

Discours de Donald Trump au cours de la conférence de presse avec Vladimir Poutine le 16 juillet 2018 à Helsinki en Finlande.
Discours de Donald Trump au cours de la conférence de presse avec Vladimir Poutine le 16 juillet 2018 à Helsinki en Finlande. Crédits : UPI/MAXPPP - Maxppp

Popularité record de Trump après sa tournée européenne

Les Européens le détestent, et comptent, effondrés ou incrédules, les tweets rageurs du président américain, ses attaques contre les alliés du vieux continent, ses piques humiliantes envers Angela Merkel, sa troublante attirance pour l’autocrate Vladimir Poutine. Comme les démocrates américains ainsi qu’une partie de l’élite républicaine de Washington, l’Europe fait le dos rond. Elle attend que passe l’orage, espère que cet accident de l’histoire sera vite oublié et que le « business as usal », le retour à la normale,  reprendra vite ses droits. 

Et pourtant… La tournée européenne de Donald Trump en juillet, si elle fut néfaste aux relations transatlantiques, a dopé sa popularité aux Etats-Unis, qui est au plus haut depuis le mois de janvier. A tel point qu’il est probable que le président américain remporte les élections de mi-mandat en novembre. Et pas impossible qu’il soit réélu pour un second mandat. Transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, retrait de l’accord sur le climat et de celui sur le nucléaire iranien, guerre commerciale avec la Chine et l’Europe : Donald Trump tient toutes ses promesses électorales. Son slogan, l’Amérique d’abord, réussit à l’économie : la croissance, au dernier trimestre, enregistre un chiffre record de 4,1%. Le taux de chômage est au plus bas depuis 2000. Le dollar repart à la hausse. C’est un phénomène nouveau dans l’histoire politique américaine : pour la première fois, les événements et les bourdes d’un président n’ont aucun impact sur sa popularité. L’Europe et les démocrates américains se trompent-ils lorsqu’ils affirment que Donald Trump est une aberration historique destinée à être effacée dans un futur proche ? La volonté de normalisation de la puissance américaine, sa tentation d’alléger son empreinte au Moyen-Orient et de s’éloigner de l’Europe ne sont pas spécifiques à Trump : elles étaient déjà perceptibles sous Barack Obama. L’Europe devra sans doute s’y faire : avec ou sans Trump, l’Amérique d’aujourd’hui est moins européenne, davantage repliée sur elle-même et sa politique étrangère est erratique.

Avec André Kaspi, historien, spécialiste des Etats-Unis et Benjamin Haddad, chercheur associé à l'Hudson Institute à Washington.

Faut-il supprimer le numerus clausus en médecine ?

Déserts médicaux. Panneau de recherche de médecins.
Déserts médicaux. Panneau de recherche de médecins. Crédits : MARTIN BERTRAND / HANS LUCAS - AFP

Des urgences hospitalières saturées, encombrées de patients qui ne peuvent pas attendre deux semaines ou parfois trois mois pour un rendez-vous chez un spécialiste. Des déserts médicaux qui s’agrandissent chaque année dans certaines régions de France. 19 000 postes de médecins à l’hôpital déclarés « statutairement vacants ». Des médecins étrangers - un sur quatre dans certains établissements - pas toujours bien formés, qui ne ne parlent pas tous français et qui privent leur pays, en le quittant, de sa matière grise. Des étudiants français qui faute d’avoir pu réussir un concours de médecine ultra sélectif, vont se former à l’étranger : à Kluch en Roumanie, en Espagne pour les plus fortunés ou à Bruxelles. 

Le numerus clausus, ce quota qui fixe le nombre d’étudiants en médecine qui sont admis en deuxième année à l’issue d’un concours d’une difficulté extrême, a été instauré par Simone Veil en 1971. Mais il a surtout été drastiquement durci par Alain Juppé en 1995 lorsqu’il est arrivé à Matignon. A l’époque, le Premier ministre pensait que réduire le nombre de médecins aiderait à résorber le trou de la sécurité sociale. Depuis 1972, la population française a augmenté, le nombre de candidats au concours de médecine a explosé et pourtant le numerus clausus est inférieur à celui qu’il était alors : 8500 médecins formés à l’époque, 8 200 cette année. Pendant sa campagne électorale, Emmanuel Macron avait affirmé qu’il fallait en finir avec un système qui a montré ses limites. Quels sont les blocages qui empêchent la réforme du système ? Pourquoi les évolutions de la société, l’arrivée des baby boomers de l’année 2000, qui viennent de passer leur bac, la féminisation de la profession, le vieillissement de la population et la baisse du temps de travail n’ont-ils pas été anticipés ? Faut-il supprimer le numerus clausus en médecine, le réformer ou le maintenir tel quel ? Et pourquoi ?

Avec Sylvie Castaigne, médecin hospitalier, professeur d’hématologie à l’Université de Versailles Saint-Quentin, conseillère au Conseil économique social et environnemental (CESE ) depuis novembre 2015, Olivier Véran,  médecin neurologue hospitalier au CHU de Grenoble, député LREM de la 1e circonscription de l’Isère et Thomas Iampietro, vice-Président de l’Association Nationale des Étudiants en Médecine de France (ANEMF). 

Intervenants
  • historien, spécialiste des Etats-Unis
  • directeur Europe à l’Atlantic Council (Washington)
  • médecin neurologue hospitalier au CHU de Grenoble, député LREM de la 1e circonscription de l’Isère
  • médecin hospitalier, professeur d’hématologie à l’Université de Versailles Saint-Quentin, conseillère au Conseil économique social et environnemental (CESE )
  • vice-Président de l’Association Nationale des Étudiants en Médecine de France (ANEMF)

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