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Ecran de contrôle représentant la micro-injection par pipette d'un spermatozoide dans un ovocyte

Y-a-t-il une bioéthique à la française ? / Trump : d'une campagne l'autre

1h11
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Le projet de loi bioéthique a été présenté en Conseil des Ministres, mercredi 24 juillet. Depuis 1994, date de la première loi bioéthique en France, ces textes sont devenus de vrais sujets de société. Pourquoi ? Puis nous irons aux Etats-Unis, où les élections de 2020 se jouent dès aujourd'hui…

Ecran de contrôle représentant la micro-injection par pipette d'un spermatozoide dans un ovocyte
Ecran de contrôle représentant la micro-injection par pipette d'un spermatozoide dans un ovocyte Crédits : Marcel Mauchet - AFP

Après de longs mois de concertation entre professionnels de santé, médecins, scientifiques et chercheurs, le projet de loi bioéthique a été présenté en Conseil des Ministres, mercredi 24 juillet dernier, par la Ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Le texte ouvre la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules. Mais ce n'est pas sa seule mesure, bien qu'elle soit sûrement la plus commentée.

En effet, le projet de loi permet notamment la levée de l'anonymat pour le donneur de gamète. Il sera désormais possible pour l'enfant issu de PMA d'en savoir un peu plus sur son géniteur. S'il le souhaite, à partir de 18 ans, il pourra obtenir des informations "non-identifiantes", comme l'âge du donneur, son état général, ses caractéristiques physiques, sa situation familiale ou professionnelle, son pays de naissance, ou encore ses motivations écrites par lui-même lors du don. Il pourra également connaître son nom et prénom. Certains craignent que cette "responsabilisation" du géniteur entraîne la baisse des dons. Pour Jean-Louis Touraine, député LaREM du Rhône et co-rapporteur du projet de loi, le texte est l'aboutissement d'une longue série de concertations, initiés par les Etats Généraux de la bioéthique en 2018.

Rarement une loi a été autant préparée. Il ne faut pas que la bioéthique évolue seulement avec les spécialistes et les juristes : il faut qu'elle concentre et représente les débats qui traversent la société civile. La France essaie, devant des problèmes qui se présentent à elle, d’imaginer toutes les évolutions possibles pour les encadrer négativement ou positivement avec de nouvelles lois. Cette méthode a ses mérites. Si ce texte ne révolutionne pas la bioéthique, il permet une évolution significative.

Le projet de loi prévoit aussi la possibilité de prélever et conserver ses gamètes (sperme et ovocyte) pour procéder plus tard à une PMA. La Ministre a ajouté qu'elle apportera des critères d'âges par décret, en tablant sur un âge minimum de 30 ou 32 ans. La Sécurité sociale prendra en charge le recueil et le prélèvement des gamètes, mais pas sa conservation qui coûtera environ 100 euros par an.

Entré en Conseil des Ministres au cœur de l'été, le projet de loi, avec l'ouverture de la PMA, ne semble pas diviser la société, même si des manifestations sont prévues à Paris le 6 octobre prochain, organisées notamment par des militants de la Manif pour Tous. Ce n'est pas une surprise : depuis la première loi bioéthique en 1994 en France, ces domaines jusqu'alors réservés aux experts ont mué en vrais sujets de société. 

Avec en duplex Jean-Louis Touraine, député du Rhône (LREM), rapporteur de la mission d’information sur la loi bioéthique et professeur de médecine, et en studio Emmanuel Hirsch, professeur d'éthique médicale à l'Université Paris Saclay et président du Conseil pour l’éthique de la recherche et de l’intégrité scientifique de l’Université Paris Saclay. 

Le président Donald Trump s'adresse à la presse avant de quitter la pelouse de la Maison Blanche, à Washington, le 24 juillet 2019.
Le président Donald Trump s'adresse à la presse avant de quitter la pelouse de la Maison Blanche, à Washington, le 24 juillet 2019. Crédits : Roberto Schmidt - AFP

Qui sera l'opposant démocrate de Donald Trump ? Les 30 et 31 juillet prochains, le peuple américain pourra faire son choix, ou du moins mieux connaître les positions des 20 candidats progressistes réunis autour de deux soirées de débats télévisés. Le premier rendez-vous médiatique, lui aussi divisé en deux parties, organisé les 26 et 27 juin, avait permis à Kamala Harris de sortir du lot. La sénatrice de Californie, en poste depuis 2017, est attendue cette fois-ci pour un duel contre Joe Biden, vice-président des Etats-Unis de 2009 à 2017.

Le Président des Etats-Unis espèrent profiter de ces divisions internes à coup de petites phrases. Il s'est illustré le 14 juillet dernier en appelant certaines candidates démocrates, sur Twitter, "à retourner" d'où elles viennent, "ces endroits infestés par la criminalité" : 

Le but pour le locataire de la Maison Blanche : forcer les démocrates à répondre à ces attaques, et à assumer des positions plus à gauche, afin de fragmenter l'électorat progressiste. C'est ce que confirme Yascha Mounk, professeur à l’Université Johns Hopkins à Baltimore et auteur de « Le peuple contre la démocratie » (Editions de l'Observatoire, 2018) : 

Le parti républicain a été comme capturé par Donald Trump. Les désaccords des cadres avec la ligne de Trump restent privés car quand ils sont rendus publics, ils deviennent des ennemis du Président. Pour les démocrates, c’est une question d’idéologie : le candidat final peut-il être capable d’obtenir un consensus anti-Trump s'il porte des positions trop radicales ? 

C'est l'avis de Laurence Nardon, responsable du programme Amérique du Nord de l'IFRI (Institut français des relations internationales). Pour l'auteure de "Donald Trump en 100 questions", le bilan économique de Donald Trump peut aussi être attaqué - bien que salué par les institutions internationales. 

Sur l’économie, certains candidats démocrates veulent revenir sur le dogme libéral américain, en donnant la légitimité à l’Etat de réguler un certain nombre d'acteurs financiers, et en lui redonnant sa valeur redistributive. Mais l’électorat anti-Trump n’est pas forcément radical : or c’est le piège des primaires qui pousse à porter des points de vue tranchants. Trump l’a bien compris : il pousse les candidats démocrates à la radicalité. 

En attendant, c'est aussi une partie de la précédente campagne présidentielle qui se termine, puisque le procureur Robert Mueller, ancien directeur du FBI, a été auditionné devant le Congrès mercredi 23 juillet. Il avait enquêté pendant 22 mois sur les interférences de la Russie en 2016. Alors, comment se dessinent les prochaines élections présidentielles aux Etats-Unis ? 

Avec en duplex depuis le Dartmouth College Yascha Mounk, professeur à l’Université Johns Hopkins à Baltimore et auteur de « Le peuple contre la démocratie » (Editions de l'Observatoire, 2018), et Laurence Nardon, chercheure et responsable du programme Amérique du Nord à l’Ifri, l’Institut français des relations internationales. 

Intervenants
  • Député du Rhône (LREM), professeur de médecine
  • Professeur d'éthique médicale à la faculté de médecine de l'université Paris-Saclay
  • professeur à l’Université Johns Hopkins à Baltimore et auteur de « Le peuple contre la démocratie » (Editions de l'Observatoire, 2018)
  • responsable du programme Etats-Unis de l’IFRI
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