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Les shadoks sur la cosmopompe dans la deuxième série "Les Shadoks" créée par Jacques Rouxel

Les Shadoks, l'échec comme quotidien

3 min
À retrouver dans l'émission

Si ça ne va pas très bien aujourd'hui, dites-vous bien que vous auriez pu être un Shadok, un Shadok vieux d'une cinquantaine d'années.

Les shadoks sur la cosmopompe dans la deuxième série "Les Shadoks" créée par Jacques Rouxel
Les shadoks sur la cosmopompe dans la deuxième série "Les Shadoks" créée par Jacques Rouxel Crédits : LASZLO RUSZKA / INA - AFP

Il y a 50 ans, quelques jours avant mai 1968, le laboratoire d'idées de l'ORTF lançait un étrange programme d'animation diffusé chaque jour pendant 3 minutes. 300 épisodes pour raconter les aventures de deux catégories d'êtres vivants, les Shadoks, espèces d'oiseaux au ventre bas, même si cette bassesse est atténué par des pattes hautes et maigrelettes, et puis les Gibis reconnaissables à leurs chapeaux melon. Les Shadoks sont un peu les rois de l'échec, mais attention rien à voir avec un échec plein de panache. Eux, leur truc, c'est l'échec bête, pesant, obstiné, l'échec bas du front et absurde, qui fait de ces oiseaux bizarres les enfants du père et de la mère Ubu, satisfaits de leur ratage, entêtes dans leur nullité, car comme on dit chez les Shadoks, "en essayant continuellement on finit par réussir. Donc plus ça rate, plus on a des chances que cela marche".

L'échec au quotidien

Les shadoks essayent, ils essayent tout d'abord face aux Gibis. Car les Gibis sont aussi intelligents que les Shadoks sont bêtes, c'est ce qui leur permet d'envisager avec sérénité les efforts déployés par les Shadoks pour leur nuire. Il faut dire que les Shadoks en tiennent une sacrée couche, menés par le professeur Shadoko, savant incompréhensible, aux idées stupides, ils tentent vainement de construire une fusée fonctionnant au Cosmogol 999.

Bien évidemment cette fusée ne marchera jamais, mais les Shadoks s'en moquent car de toute façon l'échec est leur quotidien, un échec symbolisé par une action principale, pomper. Les Shadoks pompent, ils ne savent plus très bien pourquoi, mais ils estiment qu'il vaut mieux pomper même s'il ne se passe rien plutôt que de risquer qu'il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas. Comme le dit la sagesse ou plutôt l'absence de sagesse Shadok, mieux vaut mobiliser son intelligence sur des conneries au lieu de mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes.
A ce que l'on raconte, ces histoires de Shadok et de Gibis déclenchèrent une belle polémique, coupant la France en deux, peut-être dans le sens de la hauteur puisque la planète Gibi est une planète très plate. La polémique fut telle qu'une émission fut créée où Jean Yanne sélectionnait les lettres des téléspectateurs les plus courroucés :

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Pourquoi tant de violence ? Parce que l'échec ne se laisse pas facilement contempler.
En 1968, en plein dans les Trente glorieuses, les Français ne s'étaient pas encore habitués à la possibilité du ratage, ils étaient encore triomphants entre Citroën DS et le supersonique Concorde.
Les Shadoks eux, ne connaissaient qu'une innovation principale : la passoire. Ces passoires se distinguaient par trois caractéristiques, l’intérieur et l’extérieur, mais aussi et surtout leurs trous. Ces passoires remplissent mal leur rôle, surtout celles qui ne comptent aucun trou – d'où des formes de mécontentement qui méchamment matées par le chef Shadok en vertu du principe suivant : "pour qu'il y ait le moins de mécontents possibles, il suffit de taper sur les mêmes".

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