LE DIRECT

Donato di Niccolò di Betto Bardi, dit Donatello 1386-1466

1h

Portrait attribué à Paolo Uccello © DR

par : Simone Douek réalisation : Céline Terce Dans son introduction à la "Vie de Donatello" écrite par Vasari, André Chastel souligne que le texte de l'historien fait apparaître le sculpteur de deux manières bien distinctes : « d'une part l'individu agissant dans le contexte de l'époque qui est la sienne, d'autre part le créateur qui n'a rien de commun avec elle. » Dans son temps, Donatello l'est bien, puisqu'il est submergé de commandes venant de toutes parts, puisqu'il est demandé à Florence, à Padoue, à Sienne, à Naples, à Rome. Ses commanditaires sont prestigieux : l'un des plus importants, Cosme de Médicis, est lié à Donatello par une amitié et une estime réciproques. L'artiste représente donc, dans sa sculpture, tous les thèmes légendaires ou bibliques que l'on traite au Quattrocento, et on ne peut trouver dans son oeuvre aucun débordement de l'inspiration traditionnelle : les prophètes, les Evangélistes, la vie du Christ ou celle des saints. Mais il est Donatello, et non Ghiberti ou Lucca della Robbia ; une personnalité forte, orageuse peut-être d'après ce que l'on peut lire chez Vasari, moins soucieuse du convenu qu'il n'y pourrait paraître. Mais il explore et dévore toutes les techniques, du bas-relief à la ronde bosse ; toutes les matières, le bois, le marbre, le bronze, la terre cuite, le stuc, le plâtre, le papier mâché même ; tous les formats, en faisant vivre ses sculptures avec « le mouvement et le souffle », dit encore Vasari, avec « le don de se mouvoir même dans la pierre ». Et de fait, ses statues bougent, vivent, sortent de leurs niches ou de leurs cadres ; on dit aussi que c'est Donatello qui a inventé la sculpture autonome, indépendante, qui se dresse dans l'espace sans autre référence à un support, à une architecture, à une paroi, où aucun point de vue n'est privilégié pour un autre. Et dans ce contexte où l'on sort du Moyen Age, où l'on ne sait pas encore que la Terre tourne, où une mutation dans l'histoire des idées marque l'évolution du siècle, Donatello montre pourquoi « il n'a rien de commun avec son époque ».

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......