LE DIRECT

Jean Carrière (1928-2005)

1h

Jean Carrière entre 1998 et 2005
Jean Carrière entre 1998 et 2005
Jean Carrière entre 1998 et 2005 © Sophie Bassouls Par Stéphane Bonnefoi et Viviane Noël - et la voix de Jean Carrière (archives INA). L'image publique de Jean Carrière s'est figée un jour de novembre 1972 où une nouvelle le frappe : il obtient ce qui allait être l'un des plus « gros » prix Goncourt de l'histoire avec * L'Epervier de Maheux * (éd. Pauvert). Deux millions d'exemplaires, synonymes d'une gloire fulgurante, mais aussi de neuf années de silence... L'écrivain, qui vivait alors dans l'ombre de son maître Giono avec qui il réalisa une série d'entretiens pour l'ORTF, est happé par le tourbillon médiatique. Lui qui n'avait publié jusque-là qu'un seul ouvrage : * Retour à Uzès * en 1967 (prix de l'Académie française), vendu à quelques centaines d'exemplaires... C'est quelques mois après la remise du fameux prix que « son Dieu », son père, meurt. S'ensuivent un divorce et la mort de sa grand-mère... Une série de drames que l'enfant-roi envisage comme la vengeance du destin sur sa vanité : « ce succès, je l'ai payé très cher ». « Le succès attire les foudres » lui avait clamé son père... Car comment parler de Jean Carrière, qui plaçait les notes au-dessus des mots, sans évoquer son père, le chef de l'orchestre de l'opéra de Lyon, le mentor de Régine Crespin et grand spécialiste de l'oeuvre de Ravel et de Debussy. Depuis sa disparition, l'homme vivait reclus dans les Cévennes, entre Domessargues et la Vallée du Bonheur. Dans son exil, Jean Carrière poursuivait l'écriture d'une oeuvre exigeante et empreinte de la nostalgie du Royaume : celui d'une enfance extraordinairement heureuse à Nîmes, bercée par la voix de sa mère et la musique de son père, l'écriture dès l'âge de 14 ans et l'omniprésence de la nature. Ami de Giono mais aussi de Gracq, sa dernière figure tutélaire, Jean Carrière laisse une oeuvre féconde (21 titres), marquée par des récits autobiographiques tourmentés et des romans empreints de métaphysique. Entre mythe et réalité, l'auteur de * L'indifférence des étoiles * s'inscrit dans la lignée des écrivains du Sud (Giono, Camus) et du *Deep South * américain (Faulkner). L'homme, qui avait depuis longtemps réglé ses comptes avec le milieu littéraire (* Le prix d'un Goncourt* , 1989), s'est éteint dans l'indifférence générale en mai 2005. Dans * Passions futiles * (La Martinière), publié quelques mois avant sa disparition, il place cette phrase de Seymour Anderson en épigraphe : « Il est trop tard pour mourir. Il va falloir trouver une autre solution ». Le * Mardi des auteurs * rend hommage à Jean Carrière, dans sa maison même de Domessargues (Gard), à l'heure où paraît un choix de ses œuvres aux éditions Omnibus (*L'âme de l'Epervier * ), ainsi que des textes inédits, publiés dans le n°2 des * Cahiers Jean Carrière * (éditions Domens).
Jean Carrière, le sourcier
Jean Carrière, le sourcier Crédits : Radio France
Jean Carrière, le sourcier ©Radio France [Jean Carrière, le sourcier](http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/CPB7805722701/jean-carriere-le-sourcier.fr.html "Jean Carrière, le sourcier") *Ah vous écrivez* , Antenne 2, 25/08/1978 - 24min55s. Le début seul de l’entretien est en accès gratuit : Jean Carrière lit les premières lignes de *Lazare,* premier volume de *La caverne des pestiférés* à la demande de Bernard Pivot. Julien Jourdan va à Nîmes pour vendre une maison; il est à Pont Saint Esprit quand l'épidémie de choléra est à son paroxysme. À la suite d'accidents il se retrouve tout seul, sans rien ; il va partir sur les routes de son enfance à son insu. Il va retrouver sa vie, découvrir la fraternité, la solidarité à travers les habitants d'une léproserie.
Lettre de Jean-Jacques Pauvert à Jean Carrière
Lettre de Jean-Jacques Pauvert à Jean Carrière
Lettre de Jean-Jacques Pauvert à Jean Carrière ©La Revue des Ressources
Lettre de Jean-Jacques Pauvert à Jean Carrière
Lettre de Jean-Jacques Pauvert à Jean Carrière
[Le 18 novembre 1975, Lettre de Jean-Jacques Pauvert à Jean Carrière](http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2009/11/18-janvier-1975lettre-de-jean-jacques-pauvert-à-jean-carrière.html "Lettre de Jean-Jacques Pauvert à Jean Carrière") : [extraite des *Cahiers Jean Carrière* , numéro 1, novembre 2007, Domens, 2007, pp. 190-191-192.] [J’ai oublié ma phrase... Hommage à Jean Carrière](http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article1067 "J’ai oublié ma phrase... Hommage à Jean Carrière") Le 15 janvier 2009, par Serge Velay
Jean Carrière Serge Velay (hommage)
Jean Carrière Serge Velay (hommage) Crédits : DR - Radio France
Jean Carrière Serge Velay (hommage) DR©Radio France
Jean Carrière Serge Velay (hommage)
Jean Carrière Serge Velay (hommage) Crédits : DR - Radio France
Les Broussanes à Domessargues, par un après-midi de juillet 1978. Il vient de publier *Lazare* , le premier tome de *La Caverne des pestiférés* , chez Jean-Jacques Pauvert. Madeleine Attal a sollicité pour moi un rendez-vous. Nous nous sommes parlé au téléphone. Il est disposé à m’accorder un entretien pour la radio : « Tu ne peux pas te tromper : tu passes le village, tu prends le chemin Giono et quand tu arrives au bout du monde, tu es rendu… » Je pars en expédition chez un sauvage. J’ai peaufiné mes questions et bossé comme un dingue. Muni de mon bloc-notes et d’un Nagra, je suis dans mes petits souliers. L’air est lourd et moite. Vue panoramique sur mer de vignes et d’oliviers, thym et romarin à tous les étages. C’est ici. (…)
Intervenants
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......