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Michel Leiris (1901-1990)

1h

par Catherine Pont-Humbert Réalisation : Jean-Claude Loiseau Rediffusion du 22 juin 2003 «Je voudrais tomber malade à force de sincérité, donner l'exemple unique d'un homme qui, somme toute, s'est rarement illusionné sur lui-même et a su mieux que quiconque voir clair en lui». Michel Leiris marque son entrée en littérature dans les années 20 par un pacte de vérité. Il pratique l'autobiographie (L'Age d'homme et les 4 volumes de La Règle du jeu) comme peu l'ont fait avant lui. C'est par les boîtes de jazz, par la Revue nègre de Joséphine Baker et le bal nègre de la rue Blomet, que l'exotisme fait son entrée «dans la civilisation industrielle » mais aussi dans la vie de Leiris. Signe de ralliement du «Paris noir» des années 20-30, le jazz lui ouvre les portes d'une Afrique avec laquelle il partage la fièvre d'une communion proche de la possession. De l'atelier d'André Masson où il rencontre Limbour, Artaud... puis Breton, aux ethnologues du Musée du Trocadéro, Michel Leiris traverse le surréalisme - adhérant au mot d'ordre «Amour, Poésie, Liberté», fonde le Collège de sociologie avec Bataille et Caillois, avant de trouver, grâce à Marcel Griaule (qui le recrute comme secrétaire archiviste de la mission Dakar-Djibouti) l'occasion d'enquêter sur les rites et les rêves des autres. La quête de soi se double de la quête de l'autre. «Voici enfin l'Afrique» écrira-t-il dans L'Afrique fantôme (1934). Son travail sur la possession (notamment en Ethiopie) répond à une nécessité intérieure et renvoie à une recherche intime : traquer le sacré dans le quotidien, ce qu'il poursuivra plus tard dans ses écrits sur la tauromachie. Ethnologie et poésie sont les deux versants d'une même exigence : «travailler à sa propre libération».

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