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Serge Daney (1944-1992), le ciné-fils

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Serge Daney (1944-1992), le ciné-fils © éditions P.O.L.

par Gilles Lyon-Caen Réalisation Dominique Costa « Le cinéma est le lieu du père, à condition qu'il n'y soit pas, même si on passe sa vie à le chercher dans le monde entier, dans toutes les langues et dans tous les films » (Serge Daney). Serge Daney a été collaborateur des Cahiers du cinéma , avant d'en devenir rédacteur en chef dans les années 70, puis responsable des pages cinéma et éditorialiste de Libération . Auteur d'une production critique massive, il fut aussi le fondateur de la revue de cinéma Trafic , avant que la maladie ne l'emporte, en 1992. A partir de 1968, Serge Daney s'éloigne de la salle de cinéma, et voyage, principalement dans le tiers-monde. Ces années-là, où Daney construit un dialogue tendu entre les films et le monde, marquent une période méconnue de l'oeuvre. Avec cet homme de cinéma aux multiples formes d'écritures, s'est posé, dès son premier texte sur Rio Bravo écrit à 18 ans, la question du « comment vivre avec les images ». Qu'est-ce que le « je » du spectateur ? Il s'agit ici de confronter sa cinéphilie - qui s'enroule autour du texte de Rivette sur Kapo de Pontecorvo et s'achève avec Shoah de Lanzmann -, à une réflexion globale, qu'il esquissa pendant trente ans, contribuant à faire de l'exercice journalistique, un véritable art littéraire. En écrivant pêle-mêle sur Carl Lewis ou les gays aux J.O. de 1984, le bassin de John Wayne ou la publicité (sans y souscrire), il a envisagé la critique non pas comme un métier, mais comme un sport. Pour lui, la cinéphilie mimait le tennis : les films le regardaient, il leur renvoyait des balles. Le petit garçon qui s'identifiait à son petit frère de La Nuit du chasseur de Laughton ou du Moonfleet de Lang s'est inventé « un destin plus vaste », pour reprendre la formule de Thierry Jousse, par-delà la transmission d'un savoir. « Le cinéma, pour moi, c'est l'enchaînement, plus ou moins réussi, de trois moments : voir-parler-écrire ». Plus qu'un passeur, Serge Daney était un griot. Lecture de textes d'Emilie Trasente.

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