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Unica Zürn (1916-1970)

1h

Collection privée - D.R. © Radio France

par Catherine Pont-Humbert Réalisation : Dominique Costa " Une dernière fois, je regardai par la fenêtre, là-bas où, un jour, j'avais vu par le trou de la serrure de cette pièce les yeux de mon ennemi." Unica Zürn est double, la femme qui regarde et celle qui est regardée. Ses dessins sont d'une telle densité qu'ils peuvent susciter le désarroi . Des figures, des yeux, des bouches s'emparent du papier, comme s'ils répondaient à l'injonction surréaliste "restituer les ondulations les plus imperceptibles du flux de la pensée ". Des rhizomes peuplent la feuille et semblent bouger, onduler. Dans ses textes, L'homme Jasmin ou Sombre Printemps , Unica Zürn a relaté ses propres expériences à la troisième personne, comme si elle se regardait vivre depuis un miroir. Dans la lignée de Gérard de Nerval, d'Antonin Artaud, Unica Zürn a joué sa vie dans une aventure qui l'a conduite aux limites de l'expérience humaine. Jeux de langage avec les anagrammes auxquels elle se livre avec passion. Jeux à deux avec son compagnon Hans Bellmer. Jeux libres et consentis, car Unica Zürn n'est ni Olympia, la poupée mécanique des Contes d'Hoffmann , ni la poupée désarticulée crée par Hans Bellmer en 1934, bien qu'elle lui ait succédé dans l'imaginaire érotique de Bellmer. Forte et fragile à la fois, elle a mélangé, dans la tension d'une langue secrète, vie et fantasmes, biographie et imaginaire. 8 ou 9 volumes d'anagrammes, des poèmes, des récits, des dessins à l'encre. Son oeuvre est unique, dérangeante, émouvante. Et pas seulement parce que nous connaissons l'issue tragique de sa vie.

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