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Vladimir Holan (1905 - 1980)

1h

par Christine Lecerf Réalisation : Marie-Ange Garrandeau J’étais un peu effrayé à l’idée que ce grand magicien de la poésie vivait réellement, à Prague, et que je pourrais le rencontrer. Vaclav Havel Né à Prague en 1905, Vladimír Holan est considéré comme l’un des plus grands poètes tchèques du XXe siècle. Auteur d’une œuvre noire, cosmique et énigmatique, ce solitaire ténébreux qui a vécu, jusqu’à sa mort, en 1980, reclus dans sa maison de Kampa au cœur de la ville, pourrait passer pour un poète hermétique, centré sur sa seule aventure intérieure. Or, c’est précisément dans ce cercle étroit de la solitude que ce grand magicien a su donner une forme étincelante à la douleur de son époque, dans une langue à la fois inédite et universelle, triviale et sublime, abstraite et concrète, sondant à même les murs souillés de l’histoire, la profondeur d’un mal qui « remonte de la moelle épinière de l’humanité ». L’œuvre de Holan est de toutes parts traversée par les grands bouleversements qui secouèrent cette région de l’Europe centrale : il vécut l’occupation de la Bohême par l’armée d’Hitler en 1939, la libération de Prague en 1945 par l’Armée rouge, la prise du pouvoir par les communistes en 1948 et le printemps de Prague en 1968. Accusé de formalisme, interdit de publication et maintenu dans une misère permanente, ce poète de la dissidence sauvage traduit pour survivre, écrit la plupart de ses textes, la nuit, sur des bouts de papier, sans être lu, hormis par quelques acheteurs de ses poèmes qu'il calligraphie aussi pour subsister, et jette la plupart de ses manuscrits au feu : « L’art est un sanglot, quelque chose pour l’un, rien pour tous ». Jaroslav Seifert, prix Nobel de littérature et ami fidèle de Holan, écrira de lui après sa mort : Dans la maudite volière qu’est la Bohême Il jetait ses poèmes, avec mépris, Comme des viandes sanglantes Mais les oiseaux avaient peur. Cette émission entièrement réalisée à Prague retrace à travers les témoignages de rares amis, de poètes et d’artistes l’itinéraire stupéfiant d’un homme que la longue réclusion n’a en rien entamé dans sa certitude poétique, son inventivité formelle et sa puissance spéculative. Finalement, déjouant les contraintes du temps comme celle de la langue, Vladimir Holan a su magnifiquement bâtir un abîme plus noir que l’abîme, un antre de mots pour la douleur des hommes : La nuit déborde de la nuit. Elle s’incline vers la terre ou s’allonge comme une pierre tombale sur tout ce qu’ont pu faire les vivants et les morts. Avec la participation d'Alena Petruzelkova, responsable de la bibliothèque Holan et Jan Rubes, spécialiste de l'histoire culturelle tchèque

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