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Lettre de Mary Anning relative à la découverte d'un squelette de plésiosaure.

À Mary Anning

3 min
À retrouver dans l'émission

Petit hommage à une vendeuse de fossiles devenue paléontologue autodidacte et dont le nom restera associé à la découverte d'une espèce du Jurassique.

Lettre de Mary Anning relative à la découverte d'un squelette de plésiosaure.
Lettre de Mary Anning relative à la découverte d'un squelette de plésiosaure. Crédits : Wikimedia Commons - Getty

Décembre 1823 c'est la tempête, la mer est en furie. La falaise qui borde la Manche, à Lyme-Regis, petit village du Sud de l’Angleterre, s'éboule, découvrant un peu plus les marnes bleues du Jurassique inférieur. Des marnes du Lias qui remontent à 190 millions d'années. 

Mary Anning, jeune femme d’origine modeste qui vend des Curiosa, c’est-à-dire des fossiles, a l’habitude d’arpenter ce littoral depuis sa plus tendre enfance, à l'époque où Napoléon défiait l'Angleterre. Le nouvel éboulement vient de dégager un squelette quasiment intact de trois mètres de long. Il ne ressemble à rien de connu. 

Le squelette évoque une tortue marine, avec quatre nageoires en forme de palettes, mais sans véritable carapace. À l'avant, il se termine par un long cou surmonté d'une toute petite tête. À l’arrière une queue courte. Un peu comme si un serpent était passé à travers ce corps. 

L’époque est dure pour les femmes, et très peu peuvent prétendre à être des scientifiques. Faute de mieux, Mary considère ces fossiles comme des tortues un peu spéciales. Les personnes cultivées de ce début de XIXe siècle sont perplexes. 

Pourquoi trouve-t-on des fossiles sans équivalents actuels ? Certes, le Déluge a fait des victimes, mais comme l'œuvre divine est parfaite, pourquoi Dieu aurait-il laissé disparaître certaines de ses créations ? 

Ces formes fantastiques existent-elles encore dans des contrées inexplorées ? Ou bien, oserait-on avancer l'idée que la vie a une histoire au cours de laquelle elle s'est transformée ? En réalité, ce squelette fossile magnifique n’est pas totalement inconnu. Entre 1818 et 1820, Mary Anning avait vendu au Colonel Birch des fragments de squelette qui seront décrits sous le nom de Plesiosaurus par les paléontologues Henry de la Beche et William Conybeare en 1821.  

Un sacré parcours

Le nouveau spécimen, entier celui-là, correspond à cette description. C’est ce qu’annonce Conybeare en 1824 à la société géologique de Londres. Le plus prestigieux paléontologue de l’époque, Georges Cuvier, du Muséum d’Histoire naturelle, reçoit un dessin de l’animal fait par Georges Cumberland. 

Il doute, flaire un problème et répond : « Vous-même êtes-vous bien convaincu qu’il n’y a pas eu rapprochement de plusieurs individus ? Cette découverte, en ce cas, surpasse toutes celles que l’on a faites jusqu’ici ». 

De 1818 à 1824, Cuvier suit en effet avec la plus grande attention toutes les découvertes de ces fossiles d’outre-manche. Toujours dubitatif, Cuvier enverra sur place Constant Prévost pour s’assurer de la véracité du plésiosaure. Prévost, convaincu, achètera plusieurs fossiles, qui, comme par hasard ne sont pas aussi beaux que ceux restés à Londres. Une vengeance tardive contre Napoléon ? 

Mary Anning, chaperonnée par la paléontologue amatrice Elizabeth Philpot, apprendra le français pour communiquer avec Cuvier. Quel parcours ! 

Depuis, l’énigme de la fausse tortue a été résolue. Les plésiosaures constituent un groupe de reptiles marins de l’ère secondaire, qui évoluèrent durant 180 millions d’années. 25 fois plus que notre petite lignée humaine. Excusez du peu ! 

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