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Il existe 14 espèces de baleines. Ici une baleine à bosse en Alaska.

Au cœur des baleines

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Le gigantisme de la baleine a de tout temps fasciné les hommes. A tel point que lorsqu'une baleine, un rorqual commun, s'échoue sur une plage du Calvados en 1893, le propriétaire d'un casino décide de préparer la peau pour en faire un théâtre pouvant accueillir jusqu'à une centaine de spectateurs.

Il existe 14 espèces de baleines. Ici une baleine à bosse en Alaska.
Il existe 14 espèces de baleines. Ici une baleine à bosse en Alaska. Crédits : Paul Souders - Getty

En 1899, le dessinateur futuriste Jean-Marc Côté publie des vignettes représentant le monde de l’an 2000. Elles attireront les regards lors de l’exposition universelle de Paris. Elles sont à la gloire du progrès technique, avec des voitures volantes, des parties de croquet sous la mer ou des pompiers ailés se passant d’échelles. L‘une d’elle représente un dirigeable sous-marin, pourvu d’une nacelle faisant office d’autobus. Mais en guise de ballon, la nacelle est accrochée… à une baleine mégaptère, Megaptera novaeangliae ! 

Depuis la nuit des temps, la baleine, ou plutôt les baleines car il en existe 14 espèces, sont associées à des fantasmes de gigantisme. D’après une vieille croyance populaire russe, le globe terrestre repose sur trois baleines. L’idée sera métaphoriquement reprise par Trotski pour promouvoir les " trois baleines du bolchévisme " : la république démocratique, la confiscation des terres et la journée de huit heures. 

Lorsque Jeanne Villepreux-Power invente l’aquarium dans la première moitié du 19e siècle, il s’en suit une aquariomania dans laquelle on n’hésite pas à représenter l’impensable : une baleine dans un aquarium géant. Et lorsque dans les années 1970 l’inquiétude monte au sujet des dégradations de l’environnement, c’est encore une baleine que Roland Cat dessinera en train de folâtrer devant notre arc de triomphe submergé par les flots. 

Du mégaptère domestiqué tractant un autobus à un mégaptère libre se riant de l’arc de triomphe, un siècle est passé, mais quel que soit le propos, le gigantisme de la baleine fascine. 

Un théâtre dans une baleine

La première baleine qui sera taxidermisée est un rorqual bleu, Balaenoptera musculus, le plus gros animal ayant jamais peuplé la Terre. L’animal s’est échoué sur une plage de Suède. Le conservateur du musée d’Histoire naturelle de Göteborg, August Malm, entreprend de récupérer la peau, et de la monter sur une charpente en forme de baleine. Le tout est exposé en 1866 à la foire de l’industrie et de l’art de Stockholm, où la " baleine de Malm " devient l’attraction principale. Toute l’aristocratie accourt pour siroter un café à l’intérieur de la baleine ! Les roturiers, eux, n’auront droit qu’à sa bouche ! 

Encore plus époustouflante, la baleine-théâtre. Lorsqu’un rorqual commun, Balaenoptera physalus, de vingt mètres s’échoue en 1893 sur une plage du Calvados, Nicolas-Marie Simon, propriétaire du casino local, a l’idée de préparer la peau pour en faire un théâtre. Près d’une centaine de spectateurs pouvaient s’entasser à l’intérieur de cette « baleine-théâtre » qui ira jusqu’à Paris, où elle sera malencontreusement détruite par un incendie. 

Et que dire de Moby Dick, la baleine blanche la plus célèbre de toute la littérature ? Là, le zoologiste dit stop ! Moby Dick n’est pas une baleine, mais un cachalot ! Car chez les cétacés, on distingue les odontocètes, cétacés à dents comprenant les cachalots, orques et dauphins, et les mysticètes, cétacés à fanons, les seules véritables baleines. Moby Dick n’a rien à faire dans cette chronique. 

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