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En 1909, en contrebas de ce mont canadien, Charles Walcott découvre un site fossilière sans précédent. Ici, la nature avait permis de préserver dans les moindres détails tout un bestiaire.

Burgess : la vie est bizarre

3 min
À retrouver dans l'émission

Toute l’imagination humaine fait pâle figure face à la bizarrerie des fossiles bien réels du site de Burgess, au Canada.

En 1909, en contrebas de ce mont canadien, Charles Walcott découvre un site fossilière sans précédent. Ici, la nature avait permis de préserver dans les moindres détails tout un bestiaire.
En 1909, en contrebas de ce mont canadien, Charles Walcott découvre un site fossilière sans précédent. Ici, la nature avait permis de préserver dans les moindres détails tout un bestiaire. Crédits : Nonac_Digi for the Green Man - Getty

- « Bizarre, bizarre… » 

- « Vous regardez votre couteau et vous dites bizarre, bizarre… » 

- « Moi j'ai dit bizarre, bizarre ? Comme c'est étrange. Pourquoi aurais-je dit bizarre, bizarre ? » 

Fragment de dialogue culte entre Louis Jouvet et Michel Simon, tiré du film « Drôle de drame ». Un dialogue qui s’applique mot pour mot à des formes vivantes vieilles de 500 millions d’années. 

Nous sommes fin août 1909. Charles Walcott chemine à cheval sur les sentiers des Rocheuses canadiennes. Il pose ses pas sur des roches très anciennes du tout début de l’ère primaire et il s’apprête à découvrir le site fossilifère de Burgess, le plus exceptionnel au monde. Sa découverte sera célébrée pas le National Geographic Magazine dès 1911 ! 

Les roches sont des schistes, issus de la compression de boues marines très fines qui s’étaient déposées dans une mer équatoriale, une mer où s’épanouissait une faune riche et diversifiée. La finesse de ces boues marines a permis la préservation dans leurs moindres détails des animaux qui s’y trouvaient enfouis : soies ou poils très fins, tubes digestifs avec les restes du dernier repas, etc. 

Walcott allait mettre à jour dans ce gisement d’exception des formes vivantes vraiment étonnantes. Je vous invite à rêver un peu. Essayez de vous représenter Hallucigenia. Un corps allongé, sorte de tube muni sur une face de six paires d’appendices souples se terminant par deux petites griffes. Sur l’autre face, se trouvent sept paires d’appendices effilés et plus rigides. 

Une telle bizarrerie qu’Hallucigenia a d’abord été interprété comme se déplaçant sur quatorze béquilles avec des branchies sur le dos, avant d’être retourné pour marcher sur des pseudopodes, protégé par ses piquants dorsaux. 

Des gentils et des méchants

Passons à Opabinia, mon préféré. Un petit animal qui nage en faisant onduler quinze paires de lobes latéraux souples, un peu comme un oiseau à 30 ailes. 

Il observe l’environnement grâce à ses cinq yeux et possède à l’avant une trompe flexible qui se termine par une paire de pinces munies d’épines. 

Le minuscule Pikaia. Un vermisseau assez insignifiant qui devait être assez discret dans la mer de Burgess. Seulement voilà, Pikaia est sans doute proche de l’ancêtre des ancêtres des vertébrés et donc un peu le nôtre. 

Pour un bon scénario, il manque le grand méchant. À Burgess, le rôle était tenu par Anomalocaris. La bête mesure jusqu’à un mètre de long. Son corps est souple, articulé en segments. Il se termine par une tête surmontée de deux yeux pédonculés et dotée de deux appendices, sortes de pinces courbes redoutables encadrant une bouche bordée de plaques hérissées d’épines. 

Ces formes sont tellement étranges que Stephen Jay Gould, dans son ouvrage La Vie est belle n’a pas hésité à les classer en dehors des groupes connus. Depuis, les scientifiques les ont plutôt regardés comme des formes très anciennes de groupes connus. 

Finalement, la science-fiction avec les bipèdes bleus d’Avatar ou les créatures de Star War a bien peu d’imagination. Alors, « Je vous assure mon cher cousin que vous avez dit Burgess, Burgess ».

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