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C’est bon le miel

3 min
À retrouver dans l'émission

Cette chronique sur le miel nous permet de raconter l’histoire d’une collaboration inattendue entre l’homme et un oiseau.

Merci mesdames !
Merci mesdames ! Crédits : Soteavy Som / EyeEm - Getty

La chronique du jour fait un pas de côté. Elle est consacrée à un produit. Un produit que nous connaissons tous, que nous ne sommes pas loin de tous aimer. Un produit fruit de la rencontre entre diverses espèces. Ce produit, c’est le miel. 

L’aventure entre les hommes et les abeilles a sans doute commencé il y a plusieurs dizaines de milliers d’années comme en témoignent des résidus de cire découverts dans une grotte d’Afrique du Sud datée de 40 000 ans. 

Plus près de nous, une peinture rupestre de la Cueva de la Arana, la grotte de l’araignée, située près de Valence en Espagne, illustre une scène de récolte vers 6000 ans avant notre ère. Encore plus proches, des traces de cire d’abeille ont été détectées dans des poteries néolithiques largement distribuées de l’Europe du Nord au Moyen-Orient en passant par la France. Les ruches arriveront un peu plus tard. 

Elles témoignent de la riche inventivité des apiculteurs de toutes les époques et de toutes les régions, avec des ruches en paille, torchis, osier, poterie, bois… de simples troncs évidés, des ruches rondes, coniques, conçues comme de simples abris avant l’invention des ruches à cadres aux alentours des années 1850. 

En Europe, le miel résulte plus spécialement du travail d’Apis mellifera mellifera, l’abeille noire mellifère. 

Cette abeille a su s’adapter à différents climats et à différentes flores et ses populations se sont différenciées en écotypes que ce soit sur le continent entre la Belgique, la Bretagne ou les Cévennes ou sur des îles comme en Écosse et en Corse où vit un variant de l’abeille noire. 

Parfois un intrus se glisse dans la relation bien huilée entre les hommes et les abeilles. Rendons-nous en Afrique de l’Est, au Mozambique. Un oiseau de la taille d’un merle, à la tête et au plumage brun avec un plastron clair et le bec rose. Il n’a rien de remarquable et pourtant il l’est. Des hommes partent à la recherche de miel. 

Un dialogue entre espèces

Les humains ont sollicité l’oiseau en émettant une sorte de « brrr-hm », un son que les oiseaux reconnaissent comme étant « on a besoin de toi ». Notre oiseau répond par un chant spécifique, puis vole de branche en branche. Les humains dialoguent pour lui signifier « nous te suivons ». L’oiseau se dirige vers un nid d’abeilles caché dans le creux d’un arbre. Les hommes vont prendre le miel, l’oiseau aura droit à la cire des alvéoles. Tout le monde est content, sauf les abeilles. 

Une étude récente conduite par les universités de Cambridge et du Cap a démontré que les oiseaux répondaient deux fois mieux au « brrr-hm » qu’à un autre son. 

Et surtout, la quête du miel est fructueuse dans 54% des cas avec l’oiseau contre 16% sans l’oiseau. Pourtant, cet oiseau n’est ni entraîné spécialement et encore moins domestiqué. Il s’agit d’un processus de coévolution entre deux espèces, la nôtre et celle de l’oiseau, Indicator indicator, le grand indicateur qui porte bien son nom. 

Une communication sonore s’est installée au bénéfice mutuel des deux espèces. Le miel, les ours aussi s’en délectent, mais eux n’ont pas réussi à co-évoluer avec les oiseaux.

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