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Au XIXème siècle, ce petit animal était la star de cirques bien particuliers.

La puce, un insecte de cirque

3 min
À retrouver dans l'émission

Oui ou non, peut-on dresser une puce ?

Au XIXème siècle, ce petit animal était la star de cirques bien particuliers.
Au XIXème siècle, ce petit animal était la star de cirques bien particuliers. Crédits : Mike Buxton - Getty

« Avance, mais enfin vas-tu bouger ! Tu es sourde ou quoi ? » Exclamations de routine dans un cirque. Non pas pour faire bondir un fauve, non, pour faire obéir… une puce. 

L’un des rapports les plus curieux entre les humains et les autres animaux ont bien été les cirques de puces. Comment a-t-on pu avoir l’idée de manipuler des puces ? D’abord, aime-t-on les puces ? 

Il n’existe aucun autre parasite dont nous utilisons le nom en signe de tendresse. Autant, un parent appellera volontiers sa fille « ma puce », autant on ne l’imaginerait pas dire à son fils « mon taenia », ou « mon pou ». 

En zoologie, la puce est un petit insecte siphonaptère, c’est à dire qui « siphone » et qui n’a pas d’ailes. Il existe environ 2500 espèces de puces. Pulex irritans pique l’humain, c’est notre puce à nous ! Mais occasionnellement nous accueillons les puces de nos compagnons, celles du chat ou, plus rarement, celles du chien. 

En effet, même si la tendance évolutive est qu’un parasite soit spécialiste d’un hôte, il existe aussi des parasites à large spectre. C’est le cas des puces. Par exemple, la puce du chat, Ctenocephalides felis, parasite de nombreux carnivores, et même occasionnellement des chèvres ou des veaux, soit une cinquantaine d’espèces de mammifères en tout. C’est ainsi que la puce du rat Xenopsylla cheopis a pu transmettre la bactérie de la peste à l’homme. 

Des championnes de saut, en longueur et en hauteur

Les puces se déplacent par bonds. Ce sont des championnes du saut, capables de bondir sur une distance de 160 fois leur longueur, et en hauteur de cent fois leur taille. Un peu comme si nous sautions à 180 mètres de haut, capables d’atteindre d’un bond le sommet d’une tour. 

La puce peut rester un an sans manger. Il faut dire qu’elle est capable d’absorber vingt fois son poids en sang en un seul repas. Elle est très difficile à écraser car sa cuticule est renforcée de sclérotine. Elle a une longévité comprise entre six mois et un an selon la température. 

Les cirques de puces apparaissent en Angleterre en 1830, ils sont à leur apogée un siècle plus tard, avant de décliner avec l’hygiénisme de l’après-guerre. Comment peut-on « dresser » un si petit insecte ? Paradoxalement, il s’agit d’apprendre aux puces à ne plus sauter en les contraignant dans un espace compris entre deux plaques de verre. Se cognant et se re-cognant au plafond, au bout de quelques tentatives, elles finissent par cesser de bondir. Il faut alors leur passer « le collet », un fil d’or ou de cuivre très fin entre les deux premières paires de pattes. Puis l’astuce est d’étudier ce qu’elles acceptent de faire car on n’apprend pas aux puces à être « savantes ». 

Ce sont les puces qui imposent le scénario du spectacle. Le cirque des puces est un mirage qui dépend du bagout du dresseur, et du décorum. Les cirques fermés, les puces nous ont laissé diverses expressions : « sauter comme une puce », « sac à puces », « marché aux puces », sans oublier la puce de nos téléphones. En parlant de téléphone, j’espère que cette chronique vous aura mis « la puce à l’oreille ». 

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