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Sous leur « tunique », ces animaux marins cachent des organes bien différenciés les uns des autres, ce qui la rapproche étonnament du genre humain.

L’ascidie : un cousin peu ressemblant

3 min
À retrouver dans l'émission

Vous avez plus en commun avec certaines espèces sous-marines que ce que vous imaginez…

Sous leur « tunique », ces animaux marins cachent des organes bien différenciés les uns des autres, ce qui la rapproche étonnament du genre humain.
Sous leur « tunique », ces animaux marins cachent des organes bien différenciés les uns des autres, ce qui la rapproche étonnament du genre humain. Crédits : Cherdchanok Treevanchai - Getty

Le soleil brille, la Méditerranée est bleue. Agathe remonte de son apnée sur la côte rocheuse des Maures. Elle brandit son poing fermé sur deux « violets ». À bord du petit bateau, on prépare citron et vinaigre et on sort les verres. Certains vont se régaler, tandis que d’autres les regarderont d’un air dubitatif. 

Les « violets », aussi appelés « figues de mer » sont des fruits de mer au goût fortement iodé qui peut en rebuter plus d’un, dont moi-même, d’ailleurs. Ils ne ressemblent à rien, ou plutôt si… à de petits sacs grumeleux munis de deux ouvertures. Ce truc n’a rien de remarquable même s’il a son club d’amateurs. 

Des amateurs qui, dans leur très grande majorité, ne savent pas ce qu’ils mangent. Certains y voient une plante bizarre, d’autres trouvent que ça ressemble vaguement à une éponge. Rares sont ceux qui l’identifient comme un animal et plus précisément un Microcosmus sabatieri. Une bête certes informe, mais qui réserve des surprises. 

Avant d’être surpris, précisons que Microcosmus sabatieri est l’une des 1500 espèces d’ascidies connues, également désignées sous le nom de tuniciers, un groupe dont le nom qui évoque une « tunique », en référence à la paroi de leur corps, épaisse et irrégulièrement bosselée. Cette tunique s’ouvre sur deux siphons. L’animal fait entrer l’eau de mer par le premier grâce à des battements de cils, se nourrit des particules qu’elle contient, et la fait ressortir par le second. Une ascidie peut se comprendre comme un sac filtreur rudimentaire. 

Mais, première surprise, les ascidies abritent dans leur tunique des organes bien différenciés, assez comparables aux nôtres. Ce qui fait que ce sac informe nous est plus apparenté qu’il ne l’est à un calmar, un crabe, ou même une éponge. 

Les ascidies font partie des urochordés, animaux qui sont les plus proches cousins des vertébrés car l’organisation de leur larve est assez similaire à celle des embryons des vertébrés ! Justement, la seconde surprise, c’est la larve. Ce tunicier adulte fixé au fond ne ressemble pas au bébé qu’il était, libre, nageur, à symétrie bilatérale, ressemblant finalement à une sorte de petit poisson. 

Du mode de vie du poisson à celui de l'éponge

La larve bat de la queue grâce à des muscles qui s’insèrent sur une baguette dorsale, qu’on appelle la chorde (avec un « h »), et qui est en tous points l’homologue de notre chorde originelle, autour de laquelle s’organisent nos vertèbres. Voilà une larve qui affiche une parenté certaine avec les poissons, mais dont l’adulte adoptera le mode de vie tristounet d’une éponge ! 

Pour finir, une troisième surprise. Le nom, donné par Georges Cuvier à une espèce d’ascidie : Phallusia mammillata. Le nom du genre dérive de phallus, allusion à sa forme et à son maintien. Le nom d’espèce, mammillata, signifie mamelonnée, pourvue de mamelles, allusion aux multiples bosses qui ornent la tunique. 

Voir des seins dans ces bosses ! On se dit que Georges Cuvier, au moment de nommer cette espèce, devait être sous l’emprise de sa libido ou qu’il avait abusé du rosé de Provence en dégustant des violets ! 

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