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Photo de fèves de cacao mûres prise en Équateur.

Le cacaoyer, un cadeau des dieux

3 min
À retrouver dans l'émission

Le cacao faisait partie du quotidien des habitants de l'Amazonie équatoriale des milliers d'années avant son importation en Europe. Le mot lui-même nous vient des Aztèques. L'histoire des arts mayas ou mixtèques nous permet d'en apprendre plus à propos de cet aliment.

Photo de fèves de cacao mûres prise en Équateur.
Photo de fèves de cacao mûres prise en Équateur. Crédits : Lucas Ninno - Getty

Sur une fresque maya, le Dieu de la pluie Chac boit un coup avec la déesse de la Lune et de la fertilité Ixchel. Le mélange du breuvage est détonnant. En voici la recette.

Prenez d’abord des fèves de cacaoyer, appelées cacahuatl chez les Aztèques, kakaw chez les Mayas et Theobroma cacao chez les scientifiques d’aujourd’hui, qui désignent ainsi une plante à fleurs de la famille des malvacées, comme le tilleul ou l’hibiscus. Vous avez compris que je vais vous parler du cacao et du chocolat. Mais revenons à notre recette. Attention, ces fèves doivent être de la variété criollo, plus aromatique et moins amère.

  • Broyez les fèves et délayez sa poudre dans de l’eau.
  • Mélangez le tout à de la poudre de fleur séchée d’oreille divine (Cymbopetalum penduliflorum).
  • Incorporez de la poudre de graines de rocou (Bixa orellana) pour colorer la boisson en rouge.
  • Ajoutez un peu de piment (Capsicum annum), de la vanille (Vanilla planifolia), et selon votre humeur des fruits ou des champignons hallucinogènes.
  • Pour finir, épaississez le breuvage avec du maïs (Zea mays).

Il ne vous reste plus qu'à chauffer et malaxer le mélange pour le faire mousser et… à le déguster tranquillement.

L’apéritif des dieux maya ne manquait pas de punch ! Tant et si bien que le grand botaniste suédois Carl Linné nomma au XVIIIe siècle la plante Theobroma cacao. Pourquoi ce nom ? Le nom de genre est forgé à partir de théo (dieu) et broma (nourriture), en somme la nourriture des dieux. Le nom d’espèce cacao dérive simplement du nom de la fève « cacahualt » que les Aztèques utilisaient pour préparer leur boisson « Tchocolatl ».

Une célèbre représentation tirée du Codex Zouche-Nuttall (manuscrit de 47 pages daté probablement du XIe siècle) montre deux rois mixtèques buvant leur Tchocolatl.

De l'Amérique à l'Afrique 

Jusqu’en 2018, il était admis que la domestication du cacaoyer trouvait son origine chez les Olmèques d’Amérique centrale il y a 2900 ans avant l’époque présente. Or, l’analyse des traces laissées au fond de pots âgés de 5300 ans, trouvés en Amazonie équatoriale dans les vestiges d’un village, change la donne. Ces poteries contiennent des grains d’amidon de cacao, des résidus de théobromine et de l’ADN de Theobroma cacao.

Comme les poteries sont issues de tombes ou de restes d’habitations, on pense que le cacao était utilisé dans cette région dans la vie de tous les jours. L’Amazonie équatoriale est donc le plus ancien centre de domestication du cacaoyer. Le tirailleur sénégalais qui jadis arborait un sourire tentateur sur les boîtes dela marque Banania fit croire au public français du XXe siècle que le chocolat était originaire d’Afrique… ce qui est faux.

Les Espagnols, arrivés en Amérique centrale en 1519, découvrirent cette variété de cacaoyer et la nommèrent criollo, puis l’importèrent en l’Europe. Un peu plus tard, la variété forastero d’Amazonie, plus robuste, fut exportée vers Afrique par les Portugais où elle est devenue la variété la plus productive, jusqu’à représenter aujourd'hui jusqu’à 80% de la production mondiale de cacao.

Comme quoi, il y a des plantes invasives qui ont un petit air bien sympathique, surtout le cacaoyer.

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