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Le panda passe le plus clair de son temps à mastiquer du bambou alors qu'il possède un tube digestif de carnivore. Le secret de ce végétarien ? Ne pas se tuer à l'effort...

"Slow life" : le panda et le bambou pour une sobriété heureuse

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La star des zoos et des enfants s’avère déceler d’étonnantes leçons en matière d’évolution. Et son côté indolent s'explique.

Le panda passe le plus clair de son temps à mastiquer du bambou alors qu'il possède un tube digestif de carnivore. Le secret de ce végétarien ? Ne pas se tuer à l'effort...
Le panda passe le plus clair de son temps à mastiquer du bambou alors qu'il possède un tube digestif de carnivore. Le secret de ce végétarien ? Ne pas se tuer à l'effort... Crédits : Pheng Vang / EyeEm - Getty

Le panda plaît. Il fascine les foules qui se pressent pour l’admirer. C’est une star qui étonne avec son pelage bicolore, son doux regard cerclé de noir. 

Tout le monde sait qui est le panda, ou du moins croit savoir si l’on s’en rapporte aux inepties proférées à son sujet. Dans un grand quotidien daté de juillet 2014, on pouvait lire : « C'est l'animal qui a fait marche arrière sur la voie de l'évolution pour renoncer à la violence en devenant végétarien ». 

Outre qu’il n’y a jamais eu de voie toute tracée à l’évolution, il n’y a pas non plus de marche arrière et encore moins d’intention. L’évolution est un processus qui ne répond à aucune notion de valeur, de bien ou de mal, de positif ou de négatif. Il se déroule, c’est tout. La phrase inepte que je cite fait référence à l’incroyable régime alimentaire du panda, un ours pas comme les autres. 

Car le panda est bien un ours. Après avoir été rangé avec le raton-laveur chez les procyonidés, puis avec le panda roux au sein des ailuropodidés, la taxonomie moléculaire le classe désormais chez les ursidés. 

Le panda géant, Ailuropoda melanoleuca, gros ours noir et blanc, fait partie des carnivores. Et c’est là que le piège commence. Car, ici, ce terme ne fait pas référence à un régime alimentaire, mais à un groupe de mammifères, les Carnivora qui comprennent notamment les ours, les loups, les belettes, les phoques, les lions ou encore les hyènes. 

Au sein des Carnivora, les régimes alimentaires sont plus variés que leur nom ne le laisse entendre : poissons chez les loutres, mollusques chez les morses, un peu de tout chez les ours. Notre beau panda, quant à lui, avale vingt kilogrammes de bambou par jour, plus exceptionnellement des œufs, des insectes ou du miel. 

Seulement voilà, son tube digestif est celui d’un carnivore. Il est court, sans chambre de fermentation, et sans microbiote pouvant dégrader la cellulose. Son génome ne montre aucun gène capable de coder des protéines digérant les fibres végétales. Son microbiote est proche de celui des ours. Par conséquent, le rendement de sa digestion n’est que de 17% et il doit passer quatorze heures par jour à mastiquer du bambou. 

« Slow life » 

Comment un animal doté de ce qu’il faut pour un régime carné peut-il se contenter de bambou ? Le génome du panda a révélé une mutation du gène impliqué dans la perception des saveurs carnées. Aurait-il perdu le goût du steak ? Mais ce gène est préservé chez la vache ou le cheval. L’énigme n’est pas résolue. 

Comment s’en sort-il ? En adoptant un mode de vie que l’on qualifierait de « slow », ou de sobre. Car s’il n’est pas sobre sur le bambou, il est du genre plutôt indolent. Notre panda consomme moins de 45% de l’énergie qu’un mammifère de sa masse devrait théoriquement consommer. Ses organes vitaux sont de petite taille et il se déplace de trente mètres par heure. 

Son génome révèle un métabolisme de la dopamine déficitaire. Le panda ne se fatigue pas : à quoi bon aller plus loin si le bambou est là ? Si tout est bon dans le cochon, tout est sobre dans le panda… sauf sa consommation de bambou. 

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