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 Ce petit « ourson des glaces » mesure moins d'un millimètre.

Le tardigrade, un survivaliste

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En 2019, l’homme a envoyé sur la Lune de minuscules animaux d’une résistance rare, capables de survivre à des températures extrêmes et de résister à des radiations et des pressions extrêmes.

 Ce petit « ourson des glaces » mesure moins d'un millimètre.
Ce petit « ourson des glaces » mesure moins d'un millimètre. Crédits : STEVE GSCHMEISSNER/SCIENCE PHOTO LIBRARY - Getty

Johannes Kepler est reconnu pour ses travaux sur l’astronomie et la trajectoire elliptique des planètes. Kepler a aussi laissé une œuvre de fiction qui évoque un voyage vers la Lune par un chemin qui se parcourt lors d’une éclipse solaire. Le voyageur va ainsi à la rencontre des habitants de la Lune et à la découverte de ses plantes et animaux. Utopique ? Pas tant que ça. 

La réalité rejoint désormais la fiction car des animaux dorment vraiment sur la Lune. Non, je ne suis pas devenu fou ou totalement mystique et je vais vous éclairer. En avril 2019, l’organisation Arch Mission Foundation dont l’objectif est de disséminer la culture humaine a envoyé sur la Lune une Arche de Noé moderne. Bizarre, aventureux, voire prétentieux, mais bien réel. Dans cette arche un millier de tardigrades. 

Il s’agit de petits « oursons » armés de huit pattes griffues, enveloppés d’une carapace et mesurant moins d’un millimètre. Rien à voir avec des ours. Les tardigrades que l’on appelle aussi « oursons d’eau » ou « oursons des glaces », car leur forme évoque celle de minuscules ours, regroupent 1200 espèces d’arthropodes, lointains cousins des insectes et des arachnides. Ils colonisent les mousses et lichens des vieux murs, le sol des forêts, tout comme la glace du Groenland. 

Il leur faut de l’eau pour être actifs et ils entrent en dormance dès qu’elle manque. Recroquevillés dans leur carapace, ils s’envolent alors au vent pour des contrées meilleures. Les tardigrades sont les champions de la résistance. 

De vrais durs à cuire 

Ils peuvent faire varier la proportion d'eau de leur corps de 80% à moins de 3%. On a même réhydraté, et donc en quelque sorte ressuscité, des tardigrades dormant dans des collections de musées vieilles d’un siècle ! Ils peuvent renaître de longues périodes de congélation. Des expériences en laboratoire ont montré qu’ils survivaient à des températures allant de 151°C à – 270°C. 

Plus inattendu encore, ils trouvent le moyen de résister à des pressions inouïes, du vide quasi complet à 1200 atmosphères ! Enfin, ils battent les records de résistance aux radiations. L’énergie transmise par un rayonnement, quel qu’il soit, se mesure en Gray. Nous, les humains, passons difficilement la barre des 4 Gray. Les blattes tiennent jusqu’à 50, et les scorpions jusqu’à 900. On a constaté que le tardigrade Milnesium tardigradum pouvait monter à 5000 ! 

À quoi sont dues ces capacités exceptionnelles ? Tout d’abord, ils sont dotés de pigments protecteurs de l’ADN qui absorbent l’énergie des rayonnements, système doublé par un dispositif performant de réparation de leur matériel génétique. En outre, ils possèdent des substances protectrices de la structure des cellules. Il s’agit de sucres tréhaloses qui protègent la cellule contre les effets de la dessiccation et de la congélation. 

Ces sucres ont permis d’allonger le temps de survie d’un cœur en attente de transplantation. Lorsque l’on sait que les minutes sont précieuses lors des greffes, on se dit que les tardigrades sauvent des vies ! Alors, est-il bien utile de les punir en les envoyant sur la Lune ?

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