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Ce poisson qu'on trouve en Afrique nous enseigne ceci : au début de leur histoire, les poissons étaient dôtés de poumons.

Les poumons du polyptère

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A priori, les poissons n’ont pas de poumons. A priori… Il se trouve toujours un animal pour tout compliquer !

Ce poisson qu'on trouve en Afrique nous enseigne ceci : au début de leur histoire, les poissons étaient dôtés de poumons.
Ce poisson qu'on trouve en Afrique nous enseigne ceci : au début de leur histoire, les poissons étaient dôtés de poumons. Crédits : Elma/creativecommons.org/Wikimédia

21 juillet 1798, la bataille des Pyramides fait rage. Bonaparte en sort vainqueur et cet épisode contribuera à sa gloire, même si la campagne d’Égypte s’achèvera par un désastre militaire. Plus que le désastre militaire, l’expédition d’Égypte a été une réussite scientifique éblouissante. 

Bonaparte, qui était alors général, était conscient de l’importance des sciences et d’un besoin de connaissance rationnelle du monde. Lors de l’expédition d’Égypte, 167 savants et artistes embarquent, dont Étienne Geoffroy Saint Hilaire, jeune professeur du nouveau Muséum d’Histoire naturelle. Une fois sur place, Saint Hilaire fait l’inventaire des poissons du Nil. En 1802, il ramène en France un poisson qui va s’avérer l’une des plus grandes curiosités de la zoologie de l’époque. 

Il écrira : « Je n’aurais découvert en Égypte que cette seule espèce qu’elle me dédommagerait des peines qu’un voyage de long cours entraîne ordinairement ; car je ne connais pas d’animal plus singulier, plus digne de l’attention des naturalistes... » 

Mais qui se cache derrière ces lignes ? Un poisson africain allongé aux écailles épaisses, et dont l’anatomie est étrange. Le naturaliste Lacepède le nommera Polypterus bichir. Ce nom de genre fait référence à la succession de petites nageoires que les polyptères portent sur leur dos comme des petits drapeaux. 

Ses écailles épaisses, l’anatomie de ses nageoires et de son crâne, et surtout ses poumons en font un monstre zoologique. Pourquoi ? Dans les écoles, on apprend que les poissons ont des branchies et que les tétrapodes, animaux à quatre pattes, ont des poumons. On nous enseigne que ces tétrapodes descendent des poissons. Nous regardons alors les carpes et les truites comme des vertébrés quelque peu primitifs. C’est vrai quoi ! Les amphibiens comme les grenouilles n’ont-ils pas des têtards qui témoignent de cette transition entre la vie dans l’eau et la vie terrestre ? Ces têtards ne sont-ils pas munis de branchies qu’ils perdent à la métamorphose pour laisser l’adulte respirer avec ses poumons sur la terre ferme ? 

Les poissons ont perdu leurs poumons

Le polyptère vient contredire cette belle histoire. En effet, il est bien un poisson, mais possède à la fois des branchies et des poumons. Premier réflexe. On se dit qu’il est une exception car il vit dans des marécages pauvres en oxygène où ses branchies ne suffisent pas et où il doit aussi respirer de l’air en surface sous peine d’étouffer. Pas du tout, car il appartient à une lignée qui s’enracine très profondément dans l’histoire des poissons, il y a 360 millions d’années. 

Moralité. Au début de leur histoire, les poissons avaient tous des poumons et des branchies. Chez l’ancêtre des poissons modernes et quelques autres, le poumon s’est perdu au profit d’un organe de flottaison, la vessie natatoire. En résumé, ce ne sont pas les tétrapodes qui ont troqué leurs branchies pour des poumons, ce sont nos poissons qui, dans un lointain passé, ont perdu les poumons pour ne garder que les branchies ! 

Sauf le polyptère, un poisson qui ne manque pas d’air ! 

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