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Elles vivent près de nous et n'hésitent pas à installer leur nid dans les recoins de nos bâtiments. Les hirondelles nous feraient-elles confiance ? Sachons prendre soin d'elles en tout cas.

L’oiseau météo : l’hirondelle

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Oui, le vol des hirondelles est bien un indice pour voir venir le mauvais temps. Ce bel oiseau nous rendant un joli service, tâchons de prendre soin de lui.

Elles vivent près de nous et n'hésitent pas à installer leur nid dans les recoins de nos bâtiments. Les hirondelles nous feraient-elles confiance ? Sachons prendre soin d'elles en tout cas.
Elles vivent près de nous et n'hésitent pas à installer leur nid dans les recoins de nos bâtiments. Les hirondelles nous feraient-elles confiance ? Sachons prendre soin d'elles en tout cas. Crédits : Alexander Ryumin - Getty

La journée avait pourtant bien commencé, ensoleillée et chaude. En début d’après-midi quelques nuages blancs avaient fait leur apparition. Il était maintenant cinq heures, les nuages grisonnaient et les hirondelles rasaient la surface de la Loire à la recherche d’insectes. 

Mon grand-père m’avertit : il faut plier les cannes à pêche et se préparer à rentrer car il va pleuvoir. À mes yeux d’enfant, à une époque où les prévisions météorologiques étaient balbutiantes, ce grand-père était un devin. 

Aucune magie en l’occurrence, il suivait à la lettre un dicton centenaire : « Quand les hirondelles volent bas, l’orage n’est pas loin ». Un dicton malin. 

À l’approche de l’orage l’air se rafraîchit en altitude, les insectes descendent dans les couches basses pour rester au chaud, les hirondelles les suivent et un festin de moucherons se prépare au ras du sol. Très bon indice, mais on peut aussi apercevoir des cumulonimbus qui se regroupent. 

Les hirondelles fournissent ainsi des prévisions météorologiques aux hommes qui, en échange, leur procurent des emplacements propices pour établir leur nid : granges, étables, auvents, rebords de toiture... Hélas, cet échange de bons procédés s’étiole avec le progrès. Nos bâtiments trop lisses ne conviennent plus à leurs nids et nous nous passons des hirondelles pour prévoir le temps. Pire, nous leur rendons la vie difficile.

Protégeons cet oiseau que nous aimons tant

Les hirondelles sont en déclin. L’épandage d’insecticides les prive de leur nourriture, les pesticides les empoisonnent à petit feu. En France, leur déclin est estimé à 30%. 

L’autre dicton populaire, « Une hirondelle ne fait pas le printemps » risque de perdre sa raison d’être. Nous sommes des êtres paradoxaux car nous aimons les hirondelles tout en nous éloignant d’elles. Mais qui sont-elles ? 

Deux espèces sont communes dans nos contrées. L’hirondelle de fenêtre, Delichon urbica, commune en ville comme son nom l’indique. Une hirondelle noire et blanche à la queue assez courte. Et puis, la plus élégante, Hirundo rustica, dite l’hirondelle de cheminée. Élégante par sa forme élancée, les deux longues pointes des plumes rectrices de sa queue, ses grandes ailes et sa petite tête ronde. Élégante par sa couleur. De loin, on distingue un oiseau au ventre blanc et au dos bleu-noir. Mais de plus près, que de nuances. Regardez sa gorge rousse cernée d’une bande d’un bleu profond, cette petite tache rouge au-dessus du bec, le tour des yeux maquillé de noir. 

Les hirondelles font partie de notre bestiaire ordinaire. À tel point qu’une ancienne marque automobile l’avait prise comme emblème. Les calandres et enjoliveurs des Simca affichaient une hirondelle stylisée, symbole de rapidité. 

Aux alentours de 1900, à Paris, apparait une autre espèce d’hirondelle. Des policiers à vélo, abrités sous une pèlerine qui se soulevait au vent, sont affublés du nom de nos oiseaux. Une homonymie renforcée par la marque de leur machine : les cycles Hirondelle. Une espèce disparue en 1984, en espérant que les véritables hirondelles ne connaissent pas le même destin.

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