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Notre attitude à l’égard du chien est ambivalente : on l’aime pour sa fidélité, voire sa servilité, tout en le discréditant.

Nous savons tout de lui, le chien

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Omniprésent dans notre culture et notre vie quotidienne, le chien l'est également dans les expressions de la langue courante : "faire un temps de chien", "avoir un caractère de chien", "une chienne de vie"... autant de formules qui révèlent notre relation ambiguë avec le chien.

Notre attitude à l’égard du chien est ambivalente : on l’aime pour sa fidélité, voire sa servilité, tout en le discréditant.
Notre attitude à l’égard du chien est ambivalente : on l’aime pour sa fidélité, voire sa servilité, tout en le discréditant. Crédits : Cavan Images - Getty

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Je ne vais pas vous ennuyer avec trop de détails sur le chien, ce plus fidèle ami de l’Homme. Vous dire que c’est un canidé, qu’il a quatre pattes et un odorat formidable… Vous connaissez tous le chien, et depuis plus de 30 000 ans qu’il suit nos pérégrinations, nous savons tout de lui.  Sa divergence du loup ancestral remonterait, selon les estimations fournies par la comparaison des génomes, à 100 000 ans. Pas surprenant, alors, qu’il soit omniprésent dans la culture et dans la vie quotidienne. 

D’abord compagnon de chasse, on en a fait un animal de combat en Irlande, un animal de consommation en Chine, un gardien de troupeau dans l’empire romain, un auxiliaire de chasse pour la noblesse européenne médiévale, un animal de trait dans l’arctique, et aujourd’hui un animal de compagnie, un agent de sécurité, un acteur de cinéma et même un animal de science. En 1957, le premier être vivant à avoir été placé en orbite est la petite chienne russe Laïka qui sera aussi la première victime spatiale. 

Les mythes font du chien un animal ambigu. Il est l’ami certes, mais un ami associé à la mort. Chez les grecs, Cerbère avec ses trois têtes et sa queue de serpent garde les enfers. On retrouve des associations analogues chez les sioux, les mexicains et les bantous. Pour autant, on évoque "une chienne de vie " et pas une chienne de mort. 

L'humain et le chien, une relation ambiguë

Très ambiguë, notre attitude à l’égard du chien : on l’aime pour sa fidélité, voire sa servilité, tout en le discréditant. Ainsi les expressions : "il fait un temps de chien ", "avoir un caractère de chien", "être d’une humeur de chien", "nom d’un chien" comme disait mon grand-père, ne sont pas à la gloire de notre canidé. Se faire traiter de "gros chien" ou simplement de "chien" revient à se faire traiter de salaud. 

Pourtant, nous l’aimons notre brave chien. Il est le premier animal qui a eu droit à un cimetière installé à Asnières-sur-Seine dès 1899. Les chiens sont les seuls animaux honorés d’une étoile sur Hollywood Boulevard, à l’exemple de Rintintin. "Avoir du chien " est une expression qui l’honorerait presque.  Quant à "Nini peau d’chien" on l’aime bien comme le chantait Bruant. 

Aristide qui aurait pu aller boire une absinthe au "Chien qui fume" au coin des halles. Un endroit où l’on respecte les chiens jusqu’à les anthropomorphiser. Manifestement, selon les circonstances, notre humeur vis-à-vis du chien est changeante. Paradoxe, donc, que de voir le meilleur ami de l’homme marqué du sceau de la bassesse tout en étant par ailleurs célébré. Le chien des Baskerville ou Chien blanc de Romain Gary, un chien raciste, allégorie de la société américaine de la fin des années 1960 sont des chiens fort antipathiques. 

Et pourtant... il existe moult contrexemples : Argos est celui qui reconnaît Ulysse, Idéfix adore Obélix et les arbres, Kador est l’ami surdoué des Bidochons, tout comme Gromit est celui de l’inconséquent Wallace… Quant à Droopy, il n’est l’ami de personne, mais il est heureux. 

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