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Nous avons une chance sur 10 000 de tomber sur un trèfle à quatre folioles

Quatre feuilles portent bonheur, le trèfle

3 min
À retrouver dans l'émission

Tomber sur un trèfle à quatre feuilles et croire que l'on va bientôt tirer le gros lot au loto... une croyance populaire qui tend à se perpétuer grâce aux biais de confirmation. Autrement dit, notre cerveau veut souvent voir ce qu'il s'attend à voir.

Nous avons une chance sur 10 000 de tomber sur un trèfle à quatre folioles
Nous avons une chance sur 10 000 de tomber sur un trèfle à quatre folioles

Promenons-nous dans une prairie. C’est fou ce qu’il y a comme trèfle ! Le trèfle, Trifolium repens, est une petite plante herbacée de la famille des fabacées, aux jolies fleurs blanches, d’où son nom de trèfle blanc.  Ses feuilles sont composées de trois folioles. 

Soudain, Boris saute de joie. Après de longues recherches, du haut de ses sept ans, il vient de découvrir un trèfle à quatre feuilles. Très prosaïquement, Boris avait une chance sur 10 000 de tomber sur son trèfle à quatre folioles, résultat d’une mutation rare. C’est sûr, il a eu et, donc, va avoir de la chance. 

Car en occident, il existe une croyance populaire voulant que trouver un trèfle à quatre folioles porte bonheur. Cette croyance nous permet d’aborder un aspect des sciences cognitives qui s’occupe de comprendre comment notre cerveau nous induit parfois en erreur. 

Imaginons. Comme Boris, nous venons de trouver un très rare exemplaire de trèfle à quatre feuilles. Ça tombe bien car nous jouons au loto depuis des années et nous croyons à la vertu des trèfles à quatre feuilles. Premier scénario, dans les semaines qui suivent notre gain, sans être le gros lot, est conséquent. Youpi ! Nous faisons le lien entre trèfle et loto et cet événement extraordinaire restera gravé dans notre mémoire. 

Comment notre cerveau nous joue des tours

Plaçons-nous dans un scénario alternatif. Tout à la joie d’avoir trouvé le trèfle rare, il ne se passe ensuite rien de spécial, la routine continue. Aucun lien ne renforce la prédiction défectueuse, et nous oublierons que nous avions trouvé un trèfle à quatre feuilles. 

Dans le premier cas, notre mémoire conserve le souvenir, dans le second, elle a tendance à l’effacer car aucun stimulus n’est venu la renforcer. C’est ainsi que des croyances dites « populaires » se maintiennent en dépit de leur infirmation, grâce à un biais, le « biais de confirmation ». 

Selon son principe, nous sommes plus sensibles à mémoriser un événement attendu, et donc une confirmation, qu’un événement inattendu ou même une contradiction… par exemple que nous nous soyons cassé le bras 15 jours après la découverte du trèfle. Les scientifiques se méfient de ce biais comme de la peste, et le traquent par des méthodes statistiques. Les statistiques servent à savoir si l’événement prédit se produit davantage que ce que qui serait attendu par hasard. 

En gros, que la proportion de gagnants au loto chez les découvreurs de trèfle n’est pas significativement différente de la proportion observée chez les non-découvreurs. Tout cela est donc une affaire de mémoire sans rapport avec la chance. En dépit de ce biais de confirmation, un entêté pourra toujours se dire que s’il n’a pas eu le gain espéré, c’est que son trèfle n’était pas authentique ! 

En effet, il existe une plante, l’oxalide à quatre folioles, Oxalis tetraphylla, souvent confondue avec le trèfle. Il y a tromperie sur la marchandise, et c’est pour cela que l’on n’a pas gagné au loto, alors que si cela avait été un vrai trèfle… L’espoir n’a rien à voir avec l’analyse rationnelle du monde. 

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