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Le loup, symbole de menace et de protection

Qui craint le grand méchant loup ?

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Le loup apparaît comme l'animal prédateur par excellence. S'il a longtemps suscité la peur dans l'imaginaire collectif, celle-ci est largement surfaite. Les actes de prédation du loup contre l'humain n'ont eu lieu qu'à de rares occasions dans des contextes précis.

Le loup, symbole de menace et de protection
Le loup, symbole de menace et de protection Crédits : Andre Drechsel / EyeEm - Getty

La guerre de Troie est terminée. Des rescapés errent sur les rivages de la Méditerranée. Ils vont s’installer et prospérer. C’est vers cette époque que deux bambins, fruits des amours du dieu Mars et d’une fille de roi, Romulus et Remus, sont recueillis et allaités par une louve. Le premier fondera la ville de Rome en 753 avant notre ère. Cette version de la légende n’est pas la seule, mais toutes font référence à la louve, devenue la louve romaine, symbole de fécondité et de protection. C’est que les loups ont la réputation d’adopter les louveteaux orphelins, ce qui n’est pas faux. 

Respecté, craint ou vénéré, le loup est omniprésent dans les mythologies indo-européennes, où s’exprime une dualité entre menace et protection. Le loup protecteur des enfants, comme à Rome, est mis en scène dans le mythe de Mowgli, l’enfant sauvage de Kipling. Des humains auraient-ils été intégrés à la société des loups ? On compte cinq ou six cas d’enfants avant vécu avec des animaux, mais il n’existe pas de preuves qu’ils aient été véritablement « élevés » par des meutes de loups. 

La peur du loup, un mythe fondateur

Le loup est aussi fondateur de nos peurs. Dans ces récits, le loup apparaît individuellement, cruel, sanguinaire et prêt à croquer le petit chaperon rouge. Il est un prédateur qui prend par surprise, avançant furtivement à pas de loup. Sa vie collective est rarement évoquée, alors que le loup chasse en meute. Pourtant, les humains vivant en société et chassant en groupe n’ont pu que remarquer ces similitudes avec les loups. 

De là, des peuples qui se dirent descendants des loups, les loups seraient nos ancêtres. De là, depuis le 5e siècle avant notre ère, le loup-garou qui résulte de la transformation, au cours d’une nuit de pleine lune, d’un humain en créature mi-loup, mi-homme. De là une concurrence farouche quand, au Moyen Âge, le défrichage des forêts au profit de l’agriculture et de l’élevage a incité les loups à s’en prendre au cheptel. 

La relation antagonique entre humains et loups s’enracine là, beaucoup plus que par de réels actes de prédation contre l’humain lui-même. S’il est bien arrivé que des humains soient attaqués par des loups, ceci eut lieu dans des contextes d’épidémie de rage, de famines humaines, ou de guerre durant lesquelles les loups s’en prenaient aux cadavres délaissés par les armées. Des cadavres humains aux humains isolés et affaiblis, voire aux enfants, il n’y eût qu’un pas. Ces attaques ponctuelles cessèrent vers 1820, époque où il n’existe plus en France de charniers à ciel ouvert. La peur du loup est donc largement surfaite. 

Néanmoins, aujourd’hui, alors que les populations de loups sauvages sont fort réduites, la peur du loup n’est pas éteinte. Elle reste transmise d’une génération à l’autre dans les contes, les dessins animés, les chansons, ou des expressions imagées. 

D’ailleurs, j’achève à l’instant cette chronique "entre chiens et loups " et je ne voudrais pas en rentrant chez moi me "jeter dans la gueule du loup", d’autant que "quand on parle du loup, on en voit la queue". 

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