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Les prédateurs de la sardine s'associent pour mieux s'attaquer aux bancs

Sardine en boîte, sardine en mer

3 min
À retrouver dans l'émission

On la connaît surtout en boîte avec un filet d'huile d'olive. La sardine se conjugue rarement au singulier dans les profondeurs du grand large. En effet, "Sardina pilchardus" se déplace en bancs serrés pour échapper à ses nombreux prédateurs.

Les prédateurs de la sardine s'associent pour mieux s'attaquer aux bancs
Les prédateurs de la sardine s'associent pour mieux s'attaquer aux bancs Crédits : Westend61 - Getty

Ligne 13 du métro parisien. Entrer dans un wagon à l’heure de pointe est un exploit. Une fois à l’intérieur, nous sommes pressés les uns contre les autres, serrés comme des sardines ! 

Cette allusion vient de la densité de sardines atteinte dans une petite boîte en fer. Une manière de conserver des sardines qui est née à Nantes dans les années 1810, une révolution à l’époque où les sardines salées étaient empilées dans des barils ou des pots et ne se conservaient pas au-delà de quelques mois. Cette première moitié du 19e siècle verra l’essor des sardines à l’huile. Dans les années 1870, ce sont plus de 150 fabriques qui s’égrènent entre la Vendée et Douarnenez, dans le Finistère. Leurs 14 000 ouvrières produisent 80 millions de boîtes par an. La sardine en boîte, aliment sain et nourrissant, tenant peu de place et facile à transporter, va accompagner le monde ouvrier de la révolution industrielle tout comme les armées en campagne. 

Biologiquement, la sardine, Sardina pilchardus, est un poisson du groupe des clupéomorphes, qui comprend aussi les harengs et les anchois. Elle se nourrit de zooplancton et sert de nourriture aux dauphins, otaries, requins, espadons, baleines… 

La cohésion du banc, le salut de la sardine

Dans l’océan du large, entre dix et cinquante mètres de profondeur, les sardines se déplacent en bancs serrés, et même parfois très compacts. Le ballet des sardines est magnifique, car elles adoptent toutes une nage parallèle. Une façon de se protéger des prédateurs où le collectif dilue le danger qui pèse sur chacun. 

Expliquons. Si un prédateur repérait une sardine isolée, il foncerait sur elle et notre sardine n’aurait aucune chance de s’en sortir. Toutes les sardines seraient mangées les unes après les autres. Lorsqu’un prédateur repère un banc entier, il fonce dessus tout pareil et il va en attraper. Seulement, chaque sardine bénéficie de la chance potentielle de voir le prédateur se repaître de ses voisines et beaucoup en réchapperont. Ce n’est pas tout. En adoptant cette cohésion, le banc entier est capable de changer de direction brutalement, comme une seule sardine géante, ce qui complique les visées du prédateur. Ce dernier aurait intérêt à voir le banc se disperser… 

La sardine a du souci à se faire 

Mais rira bien qui rira le dernier. Des bancs géants de sardines ont été observés au large de l’Afrique du Sud. Les prédateurs du coin bénéficient de cette aubaine en s’associant. Les dauphins commencent par resserrer le banc. Les fous du cap, oiseaux à la vue perçante, repèrent le manège des dauphins et les suivent. Puis les dauphins entrent frontalement dans le banc pour le fragmenter. Les requins et les otaries sont attirés. Les requins passent en dessous pour bloquer l’issue vers les profondeurs. Les fous du cap plongent et se repaissent des tentatives d’échappées par le haut. Les pauvres sardines ont du souci à se faire ! Surtout lorsqu’une baleine s’en mêle et vient piocher sa part au passage ! 

Un dernier point : pourquoi le piquet de tente est-il qualifié de "sardine "? Parce qu’il brille comme la peau de notre sardine ?

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