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Griffe de vélociraptor d’une dizaine de centimètres, vieille d’environ 80 millions d’années et retrouvée en Mongolie.

Tout n’est pas dans les gènes

2 min
À retrouver dans l'émission

La génétique ne peut pas tout malgré sa popularité depuis les années 1980, symbolisée par « Jurassic Park ». S'introduire tel ou tel matériel génétique ne permettrait pas par exemple d’écrire cette chronique en allemand, en chinois ou en russe.

Griffe de vélociraptor d’une dizaine de centimètres, vieille d’environ 80 millions d’années et retrouvée en Mongolie.
Griffe de vélociraptor d’une dizaine de centimètres, vieille d’environ 80 millions d’années et retrouvée en Mongolie. Crédits : Walter Geiersperger - Getty

Exceptionnellement, la chronique d'aujourd'hui ne porte pas sur une espèce, mais sur ce qu'elles renferment toutes : des gènes !

En 1990, le romancier américain Michael Crichton publie son fameux Jurassic Park, porté à l’écran par Steven Spielberg trois ans plus tard. Les biotechnologies convoquées dans cette fiction sont celles de la fin des années 1980, époque où les gènes étaient devenus l'alpha et l'oméga du vivant. En gros, les gènes pouvaient tout : ils contrôlaient le fonctionnement d’un organisme, son développement embryonnaire, et avaient le monopole de ce qui s’héritait d'une génération à l'autre. Jusqu'à passer dans le langage courant :

-         « Marie, elle a les gènes de son grand-père ! » 

-         « Le respect des clients est dans les gènes de l’entreprise ! »

Nous étions dans une période où l’ADN, quasiment sacralisé, expliquait tout. Jurassic Park se fonde sur l’idée qu’en retrouvant du sang de dinosaure préservé dans le tube digestif d'un moustique, lui-même préservé dans de l’ambre, il est possible de recréer un dinosaure… à partir de son seul matériel génétique. On sait aujourd’hui qu’une telle prouesse est impossible. Cette vision est un mirage. L’ADN ne fait pas tout, il n’est qu’un partenaire au milieu d’un réseau d'interactions avec d’autres molécules. Bref, les scientifiques ont tourné le dos au rêve de Jurassic Park. Mais pas le cinéma.

Les gènes et le savoir

Le film de Spielberg a eu plusieurs suites, dont Jurassic World, paru sur les écrans français en 2015. On y trouve un dinosaure hybride, bestiole à la Frankenstein créée de toutes pièces par des généticiens à partir de plusieurs espèces. La créature échappe à ses créateurs et voilà un monstre hors de contrôle parti en vadrouille. Il faut l’arrêter. L’idée lumineuse est de lancer à ses trousses une troupe de vélociraptors semi-domestiqués, prédateurs efficaces chassant en meute. Une fois les vélociraptors face au monstre hybride, ils échangent des cris pour coordonner l’assaut. Mais là, surprise, le monstre les « comprend » et leur répond. Les humains, qui surveillent la scène, sont stupéfaits. Ils s’attendaient à une attaque et voilà nos dinosaures qui discutent tranquillement, et qui, finalement, font volte-face et les pourchassent eux, ces pauvres humains.

L’explication qui fonde le scénario est que le dinosaure hybride porte en lui des gènes de Velociraptor. Voilà pourquoi il comprend leur langage, sans pourtant les avoir jamais côtoyé ! Et pour cause, cet hybride est sorti d’un œuf conçu dans un laboratoire ! Voilà donc un organisme vivant qui comprend ses congénères quand ils causent, juste parce qu’il a leurs gènes !

Moi qui n’ai jamais été doué en langues étrangères, j’ai donc compris que je vais pouvoir m’inscrire à une thérapie génique pour me faire greffer quelques gènes chinois, russes ou japonais et pouvoir diffuser mes chroniques sur la terre entière ! Tiens, comment dit-on « réductionnisme génétique » en chinois ?

Rediffusion de l'émission du 3 septembre 2020

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