LE DIRECT
Une grande tortue des Seychelles, une des espèces dont l'espérance de vie peut atteindre 150 à 200 ans.

Un beau succès évolutif, les tortues

3 min
À retrouver dans l'émission

Avec une espérance de vie de 50 ans en moyenne pouvant atteindre chez certaines espèces 150 voire 200 ans, la tortue est le vertébré qui détient le record de longévité. Avec sa fameuse carapace, la tortue est également un animal à l'anatomie fascinante.

Une grande tortue des Seychelles, une des espèces dont l'espérance de vie peut atteindre 150 à 200 ans.
Une grande tortue des Seychelles, une des espèces dont l'espérance de vie peut atteindre 150 à 200 ans.

Kiki, la tortue des Seychelles, a été une vedette de la Ménagerie du Jardin des Plantes pendant 86 ans. Après y être arrivée en 1923 à l’âge de 60 ans, elle y est morte à 146 ans. Aujourd’hui, elle a droit à l’éternité dans la Grande Galerie de l’Évolution. 

Les tortues terrestres symbolisent la lenteur. La Fontaine en a fait une fable fameuse. Reprise du grec Ésope, elle  mettait sans doute en scène une tortue d’Hermann commune sur le bassin méditerranéen. 

Comme Kiki en atteste, les tortues ne sont pas seulement lentes, elles détiennent aussi le record de longévité chez les vertébrés. Les tortues terrestres ont une espérance de vie en moyenne de 50 ans. Les plus longévives sont les grandes tortues des Seychelles Aldabrachelys gigantea, notre Kiki, et les tortues géantes des Galápagos qui peuvent dans certains cas dépasser 150, voire 200 ans. 

Une charge symbolique forte

Pas étonnant que dans plusieurs civilisations, la tortue soit symbole d’immortalité, de sagesse et de stabilité. Sa dossière bombée et son plastron plat en font une représentation de l’univers : la voûte céleste surmontant une Terre plate. Ses pattes en piliers lui confèrent l’honneur de porter le monde. 

Une cosmogonie indienne imagine une tortue géante reposant sur un serpent tout aussi géant. Elle porte sur son dos quatre éléphants qui sont des piliers soutenant une Terre plate ayant en son centre une haute montagne, sans doute l’Himalaya. Cette antique mythologie est aujourd’hui recyclée par le géoterrapinisme, variante du platisme, qui consiste à croire que le monde plat est porté par une tortue marine, cette fois, qui nage dans l’Univers. L’imagination humaine me laisse perplexe. 

La carapace des tortues, un bijou d'évolution

Sans atteindre à ces sommets de l’imagination, les tortues sont des animaux pleins de curiosités zoologiques, à commencer par leur carapace. L’évolution a, chez les tortues, magistralement bricolé. Les côtes sont élargies et soudées entre elles. Sur le dos, elles fusionnent aussi avec des plaques dermiques pour former une dossière bombée. Sur l’autre face, les côtes ventrales en font de même et constituent un plastron plat. Vous réunissez les deux parties par des ponts osseux en laissant une ouverture à l’avant et une autre à l’arrière et le tour est joué. 

Question longévité, il faut lever un malentendu à propos des tortues. Quelques scientifiques non zoologistes, il faut le préciser, prennent « la » tortue comme symbole d’une longévité de deux cents millions d’années. Cette erreur grossière provient du fait qu’ils assimilent le groupe des tortues, les chéloniens, à une seule espèce, alors qu’il en existe 350, et qu’à certaines époques il en existait probablement davantage. 

Certes, toutes les tortues, aquatiques comme terrestres, partagent des similitudes bien visibles. Mais un regard un peu attentif détecte maintes nuances. Leur remarquable stabilité anatomique, installée depuis 210 millions d’années, n’a pas restreint le succès de leur radiation ! Même en évolution, les tortues avancent. Lentement peut-être, mais elles avancent. 

L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......