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Vous n'avez pas l'impression qui lui manque quelque chose ?

Un poisson indolent

3 min
À retrouver dans l'émission

C’est l’histoire d’un poisson qui n’a pas de propulseur. Un poisson lent, un poisson qui ne peut pas chasser grand-chose…

Vous n'avez pas l'impression qui lui manque quelque chose ?
Vous n'avez pas l'impression qui lui manque quelque chose ? Crédits : Andrei Dumitriu - Getty

Rêvons un peu. Par une belle journée ensoleillée, vous vous accoudez au bastingage de votre navire de plaisance et contemplez l’immensité de l’océan. Au loin un spectacle étrange attire votre regard. Des oiseaux semblent marcher sur l’eau. 

Le bateau s’approche et vous vous attendez à voir flotter un paquet d’algues ou la dépouille d’un animal. Mais non ! Alors que les oiseaux s’enfuient, vous apercevez un disque plat de 3 mètres de diamètre, gris-argenté, flottant placidement. 

Quelle est cette créature ? Un poisson-lune, Mola mola, l’un des poissons les plus extraordinaires, proche du fugu japonais et de certains poissons de récif. Sa masse dépasse la tonne. 

Contrairement à la plupart des poissons qui se respectent, le corps n’est pas allongé, mais ovoïde, aussi long que haut, et comprimé latéralement. Deux ailerons imposants pointent respectivement vers le haut et vers le bas. Ils sont fichés sur une tête énorme, suivie d’un corps qui semble tronqué verticalement à l’arrière. 

Mais où est la queue ? Habituellement, un poisson est pourvu à l’arrière d’une nageoire caudale qui sert de propulseur. Chez le poisson-lune, pas de nageoire caudale, mais une frange en forme de liseré, sorte de pseudo-nageoire verticale connectée aux deux ailerons. Est-ce une caudale modifiée ? Pas du tout. Cette frange est issue de la fusion entre deux autres nageoires, l’une dorsale, l’autre ventrale qui se sont rejointes. Quant à la nageoire caudale, il n’y en a plus. 

Une proie facile

Comment ça ? Oui, disparue au cours de la croissance car la larve de notre poisson-lune est plutôt normale, avec sa nageoire caudale frétillante et toutes ses autres nageoires bien en place. C’est en grandissant qu’elle est devenue bizarre, perdant une nageoire, en fusionnant d’autres, s’aplatissant, etc. 

On perçoit tout de suite que cet ersatz de nageoire caudale est inapte à faire avancer la bête. Ce sont les l’ailerons qui battent en alternance, ce qui fait que le poisson-lune avance en godillant doucement. 

Il faut dire que le poisson-lune ne pique jamais de sprints : il se nourrit de méduses et nul besoin de nager vite pour les attraper. Heureusement, car cette nourriture est tellement peu énergétique que notre poisson-lune doit en consommer chaque jour la moitié de son poids. Comme il est lent, Mola mola est une proie facile et sa chair est un mets recherché, notamment à Taïwan et au Japon. Il figure aussi dans certaines médications traditionnelles chinoises. 

Il détient le record du parasitisme. Quarante espèces de parasites habitent sa peau épaisse et lisse. Il doit faire appel à des nettoyeurs pour s’en débarrasser. Des poissons, mais pas seulement. Il se couche sur le côté et se laisse flotter… Il propose sa peau aux oiseaux marins qui viennent lui ôter ses parasites. 

Les scientifiques font aussi l’hypothèse qu’il se chauffe au soleil et procède à une sorte de recharge thermique avant de retourner chasser mollement. Un poisson-lune qui prend un bain de soleil, voilà le firmament au complet !

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