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Henri IV, roi de France et de Navarre en aurait particulièrement amateur... Au dam de certaines de ses maîtresses...

Un puissant parfum

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Entre histoire et science, voici quelques explications à propos de l’odeur tenace que laisse l’ail et des éclaircissements à propos de ses vertus.

Henri IV, roi de France et de Navarre en aurait particulièrement amateur... Au dam de certaines de ses maîtresses...
Henri IV, roi de France et de Navarre en aurait particulièrement amateur... Au dam de certaines de ses maîtresses... Crédits : DigiPub - Getty

Commandez à midi dans un restaurant africain un poulet cuit au four dans sa croûte d’ail. Trois heures après le déjeuner, votre salive, votre peau sentiront l’ail. Même si vous vous lavez, l’odeur resurgira. Vous pourrez alors vous enorgueillir d’avoir adopté un parfum royal. 

En effet, Henri IV, Roi de France et de Navarre, est réputé pour en avoir abusé. Il mangeait beaucoup d’ail cru, en fourrait ses omelettes, en truffait ses plats. Un en-cas ? Allez hop ! Une tranche de pain beurré piqué de gousses d’ail ! 

Tant et si bien que certaines de ses maîtresses, dont la légende dit qu’il en eût 73, ne se privèrent pas de lui reprocher. Écoutons-les. « Ah ! Sire qu’il vous prend bien d’être roi, sans cela on ne pourrait vous souffrir car vous puez comme charogne ! » 

L’ail, Allium sativum, est une petite plante herbacée dotée d'un bulbe constitué qu’une quinzaine de gousses au goût fort prononcé. Le parfum du bon roi Henri provient d'une chimie compliquée. Lorsque les gousses sont rompues, l'alline qu'elles renferment est libérée. Elle est transformée par une enzyme en allicine qui libère à son tour des sulfures qui vont circuler longtemps dans le sang et passer dans la salive. 

Mais le bon roi Henri ne fut pas le premier. Originaire d’Asie centrale, l'ail s'est rapidement répandu dans les régions du Caucase et de la Méditerranée où son utilisation est connue depuis 5000 ans.  Des papyrus de l’époque de Ramsès II le mentionnent comme remède universel pour ses propriétés toniques, fortifiantes et antiseptiques. D’ailleurs une variété d’ail se nomme « Ramsès » ! 

Des vertus survendues ? 

Même chose chez les Grecs et les Romains, qui donnent des rations d’ail à leurs soldats pour les fortifier. Les gladiateurs mangeaient de l’ail avant les combats. Selon Pline l’Ancien, il neutralise tous les venins, guérit la lèpre, l’asthme, la toux et éloigne de la folie. 

Dans les contrées de langue catalane, l'ail protège du mauvais œil. Au Moyen Âge, les enfants auraient porté des tresses d'ail pour se protéger des sorcières. Il a été utilisé contre la peste, le choléra, le typhus, la grippe et autres épidémies avec une efficacité discutable. En 1900 il était encore prescrit comme antiseptique, vermifuge, stimulant et diurétique. Aujourd’hui encore il conserve une solide réputation d'expectorant, hypotensif, tonique, etc. 

Même si, au vu de ces listes, l'on accorde à son pouvoir thérapeutique trop de vertus, ses propriétés antiseptiques sont réelles car l’allicine est efficace contre certaines bactéries. Est-ce pour cela que les bâtisseurs des pyramides recevaient une part de leur salaire sous forme de gousse d’ail ? En tout cas, ils y attachaient une grande importance. 

L’historien grec Hérodote rapporte qu’en 2580 avant notre ère, lors de la construction de la pyramide de Khéops, les ouvriers eurent leur ration d’ail réduite, puis finalement supprimée, la chaîne d'approvisionnement s'étant rompue. Tous s’arrêtèrent de travailler en signe de protestation. La première grève connue de l'histoire de l'humanité ne fut pas provoquée par manque d’oseille, mais par manque d’ail ! 

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