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Vous n'en avez jamais croisé ? Tant mieux pour vous. ici, le graveur originaire de Bohême Wenceslas Hollar (XVIIe siècle) montre une belette au prise avec un basilic.

Le basilic, un regard qui tue

3 min
À retrouver dans l'émission

Le basilic est un monstre qui vous foudroie d’un coup d’œil, littéralement. Mi-coq, mi-serpent, la créature démoniaque pouvait être observée dans les cabinets de curiosités européens il y a des siècles. Vous n’y croyez pas ? Écoutez alors !

Vous n'en avez jamais croisé ? Tant mieux pour vous. ici, le graveur originaire de Bohême Wenceslas Hollar (XVIIe siècle) montre une belette au prise avec un basilic.
Vous n'en avez jamais croisé ? Tant mieux pour vous. ici, le graveur originaire de Bohême Wenceslas Hollar (XVIIe siècle) montre une belette au prise avec un basilic.

En cette fin du XVIIe siècle, la peur serre le ventre de l'audacieux. Il hésite vraiment à regarder. Il y a de quoi, car il rend visite à August Hermann Francke qui lui fait l'honneur de son cabinet de curiosité. 

Et dans ce cabinet, notre visiteur est face à un basilic, animal étrange dont parlait déjà Pline l’Ancien en 77. Un squelette monstrueux atteste de l’existence du basilic. Même mort il semble redoutable. La peur du visiteur n'est pas dénuée de raison, car le basilic a un regard vénéneux qui tue à distance. Sachez qu’il s’agit là de l’animal le plus vénéneux et le plus venimeux qui soit : son odeur peut occire un oiseau en vol, son contact tue sur le champ. 

Engendré par la fécondation d’un œuf de poule par un serpent, il a une tête de coq couronnée, une queue de serpent terminée par un dard, plusieurs pattes (on ne sait pas bien combien) et des ailes. Véritablement démoniaque, ce fabuleux spécimen fascine tellement que notre visiteur le regarde quand-même.

Tout d’abord, ses deux orbites sont vides : il y a peu de chances que son regard ait encore un effet. En dessous, la bouche ouverte est largement fendue, bordée de plusieurs rangées de dents. Au-dessus, le front se termine en pointe, telle une couronne qui rappelle aussi la mitre d’un évêque. La bête est couverte de grosses écailles sur diverses parties du corps. 

Dans un ouvrage de 1558, Conrad Gessner représente un basilic avec de grandes ailes, une longue queue et des mains en forme de pinces. L’existence du basilic était alors attestée dans nombre de cabinets de curiosités européens. Certains ont été préservés jusqu’à aujourd’hui, comme à la cathédrale de Salzbourg, ou dans les musées d’histoire naturelle de Vérone, Vienne, Leiden, Londres ou Toulouse. 

Comment sont-ils interprétés à la lumière de la science ? 

Dès 1579, le médecin et botaniste italien Pierre André Matthiole commence à douter : si voir un basilic tue instantanément, comment ceux qui l’ont aperçu, ont-ils pu en témoigner ? Auparavant, dès 1551, Pierre Belon avait dénoncé la fabrication de faux basilics naturalisés.

Le basilic, de la raie au lézard 

Car il existe dans l’Europe des XVe et XVIe siècles un marché lucratif de chimères fabriquées de toutes pièces par des artisans adroits à partir de squelettes de… raies ! Plus exactement à partir de la raie bouclée, Raja clavata. Un poisson au squelette cartilagineux qui, lorsqu’il sèche, se déforme. En le pliant lorsqu’il n’est pas complètement sec, en en pratiquant quelques entailles bien placées, on peut lui donner des allures étranges. Il suffit ensuite de le sécher au soleil et de recouvrir le tout de vernis. 

Ainsi, la couronne du basilic est-elle le rostre de la raie, en quelque sorte son museau, les yeux sont ses narines. Les pieds sont ses nageoires pelviennes, et les mains et ailes sont ses grandes nageoires pectorales. La queue et la bouche sont bien ceux de la raie. Les boucles, ou grosses écailles pointues, renforcent l’aspect démoniaque. 

Linné donna le nom de « basilic » à un lézard sud-américain Basiliscus basiliscus, en raison de sa grande crête. La raie était devenue un lézard. Je savais bien que le basilic était diabolique ! 

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