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Les pattes de la mante religieuse sont de véritables armes pour capturer ses proies

Une belle criminelle, la mante religieuse

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Les pattes de la mante religieuse n'ont rien d'implorant. C'est là une arme redoutable pour attraper ses proies, mais aussi, parfois, pour arracher la tête du mâle durant l'accouplement. Ce sacrifice n'est pas nécessaire à la reproduction, mais permet à la ponte d'œufs d'être plus abondante.

Les pattes de la mante religieuse sont de véritables armes pour capturer ses proies
Les pattes de la mante religieuse sont de véritables armes pour capturer ses proies Crédits : PhotoAlto/Odilon Dimier - Getty

Non mais ! Quelle hypocrite cette bestiole ! Les pattes jointes dans une posture de suppliante alors qu’elle a la cruauté de Torquemada, le grand inquisiteur qui associait sévérité et dévotion extrêmes. L’animal en question est la mante religieuse, Mantis religiosa. 

Quel magnifique insecte, avec la tête en forme de cœur ! Ses huit centimètres de long et sa couleur vert-pomme. Notre mante est qualifiée de religieuse en raison de sa posture au repos, ses deux pattes antérieures serrées l’une contre l’autre. Cette attitude rappelle les deux mains jointes des chrétiens lors de la prière. 

Mais cette première paire de pattes n’a rien d’implorant. Bien au contraire, il s’agit d’une arme redoutable. En quête d’une proie, car elle est carnivore, la mante se campe immobile sur ses deux autres paires de pattes, tandis que la première paire est maintenue déployée. Sa couleur mimétique de celle des herbes la rend invisible. Une malheureuse proie passant par-là, les pattes antérieures se replient subitement tels les mors d’une pince dentée. Car ces pattes ravisseuses sont armées d’éperons acérés. La proie transpercée des deux côtés par ce puissant casse-noix ne peut pas s’échapper. Les pièces buccales broyeuses du prédateur feront le reste. 

Des amours conflictuels

La mante religieuse est connue pour ses mœurs amoureuses. Il n’est pas rare que le mâle, plus petit, se fasse arracher et dévorer la tête lors de l’accouplement. Le nombre d’œufs pondus est lié à la disponibilité en protéines, d’où ce cannibalisme à l’encontre du mâle. Cependant, ce sacrifice n’est pas indispensable pour qu’il y ait des œufs. Si le mâle parvient à s’échapper, il y en aura simplement moins. Cette observation contredit une croyance populaire selon laquelle les mâles auraient « besoin » de se faire couper la tête pour pouvoir copuler. 

En revanche, ce qui est vrai, c’est qu’après que le mâle a été décapité, ses organes génitaux continuent de fonctionner quelques instants, car ils dépendent de centres nerveux relativement autonomes : pas besoin de cerveau pour continuer le travail. 

Récemment, il a été démontré chez une autre espèce de mante que l’accouplement commence par une agression du mâle envers la femelle. Dans 60% des cas, le mâle blesse légèrement la femelle avec ses éperons. C’est ce qui le sauve car il parvient à se tirer d’affaire pendant que la femelle se remet de ses blessures. Les amours des mantes sont ainsi très conflictuelles. Mais ce n’est pas obligatoire car les mantes ont aussi la capacité de se reproduire par parthénogénèse… ce qui signifie que les œufs peuvent se développer sans avoir été fécondés par un mâle, donnant alors de petites femelles. 

Est-ce que c’est parce qu’il n’est pas indispensable que la mante femelle prend le mâle pour une proie ? Est-ce que c’est pour sauver sa peau que le mâle agresse la femelle en guise de parade nuptiale ? En tout cas, l’humain a projeté sa vision anthropomorphique sur cet animal étrange et une femme criminelle est parfois qualifiée de "mante religieuse ", mais aucune n’arrive à la cheville de Torquemada. 

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