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Photo prise en 1935 du stand du fabricant de chocolat Menier, à la Foire de Paris. De son usage par les populations mésoaméricaines à sa démocratisation en Europe, le cacao a une très longue histoire.

Une douce drogue

3 min
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L’auteur de cette chronique est gaga de cacao. Comme Marie-Antoinette en son temps, et comme les Aztèques avant cela… Il faut dire que les vertus du chocolat sont si nombreuses qu’on en fit même un vice.

Photo prise en 1935 du stand du fabricant de chocolat Menier, à la Foire de Paris. De son usage par les populations mésoaméricaines à sa démocratisation en Europe, le cacao a une très longue histoire.
Photo prise en 1935 du stand du fabricant de chocolat Menier, à la Foire de Paris. De son usage par les populations mésoaméricaines à sa démocratisation en Europe, le cacao a une très longue histoire. Crédits : AFP

Aujourd’hui, le chocolat est un petit plaisir de la vie quotidienne, et même un motif d’addiction. Qui n’a pas rencontré quelqu’un « accro » au chocolat ? Au passage, je vous dois un aveu : je le suis moi-même. Il faut dire que le cacao renferme tout un arsenal du bien-être. 

La torréfaction des fèves libère près de 500 composés volatils, au premier chef des excitants légers comme la caféine ou la théobromine. Les Aztèques pensaient d’ailleurs que le Xocoatl permettait de lutter contre la fatigue, ce qui vient probablement de sa teneur en théobromine. Le cacao contient des antioxydants comme les flavonoïdes et la vitamine E, à tel point qu’une tasse de chocolat génère une activité antioxydante six fois supérieure à celle d’une tasse de thé vert.

N’oublions pas les sels minéraux comme le phosphore, le potassium, le fer, et surtout le magnésium qui stimule la sécrétion de dopamine, molécule qui produit une sensation de bien-être. Pour couronner le tout, un autre alcaloïde, le salsolinol stimule le circuit de la récompense. Ce qui explique pourquoi, quand on prend un morceau de chocolat, on en prend un deuxième, puis un troisième… Le cacao contient en outre des anandamides, analogues à la substance euphorisante du cannabis. Le chocolat est donc une drogue douce… 

… À laquelle l’aristocratie européenne devint accro. En 1519, les Espagnols, qui débarquent en Amérique, remarquent le chocolat qui devient rapidement très prisé à la cour d'Espagne. En 1615, la France découvre le chocolat à l'occasion du mariage d’Anne d’Autriche, fille du roi d'Espagne, avec le roi de France Louis XIII. Espagnole et grande amatrice de chocolat, elle en lance la consommation à la cour. Le chocolat, si bon, est cependant perçu comme boisson sulfureuse, un philtre d’amour aphrodisiaque. Pied de nez de l'histoire, quand on pense que le futur Louis XIV naîtra après 23 ans de mariage. 

Le péché mignon de la reine 

En Autriche, on publia en 1624 un traité sur les méfaits du chocolat qui « échaufferait les passions ». On le rendit responsable des mœurs dissolues de nombreux couvents où les religieuses tombaient souvent enceintes. On sollicita le pape pour qu’il excommunie la boisson infernale. Est-ce la raison pour laquelle Louis XIV ne l’aimait pas ? J'en doute, d'autant que la reine en aurait bu plus de dix tasses par jour… en cachette du Roi, selon Mademoiselle de Montpensier.

Mais le chocolat est la boisson des élites, y compris ecclésiastiques. En 1664, le Cardinal Brancaccio déclare le chocolat conforme aux canons de l’Église, en précisant « qu’il serait bien dommage d’en laisser le privilège au Diable ». Voilà le chocolat réhabilité. 

Louis XV sera le premier roi de France à en consommer ostentatoirement. Plus tard, Marie-Antoinette développera une véritable addiction au chocolat chaud, son « péché mignon ». Avant de passer sous le fil de la guillotine le 16 octobre 1793, ses dernières volontés furent de pouvoir prendre à son petit déjeuner une tasse de chocolat. On lui apporta depuis un café voisin. À partir du XIXe siècle, la consommation de chocolat s'est démocratisée. 

Une douce drogue, accessible à tous. Quel bonheur !

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