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Un serpent brun vers Melbourne, en Australie. Celui-ci est considéré comme dangereux pour les hommes.

Une ondulation ambigüe

3 min
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Les propos du Livre de la Genèse et les sciences naturelles s’accordent au moins sur ce point : les serpents ont bien possédé des pattes. Preuve aussi que cela fait des siècles que les serpents hantent l'imaginaire des hommes.

Un serpent brun vers Melbourne, en Australie. Celui-ci est considéré comme dangereux pour les hommes.
Un serpent brun vers Melbourne, en Australie. Celui-ci est considéré comme dangereux pour les hommes. Crédits : Kristian Bell - Getty

Dans l’Égypte ancienne, le serpent est tout à la fois l’Uraeus qui protège le pharaon et le dieu Apophis qui représente le chaos et les forces du mal. 

Trente ans avant J.C., toujours en Égypte, la légende veut que la reine Cléopâtre, désespérée par la défaite de son amant Marc Antoine, se donne la mort en se faisant mordre par un cobra. Mais le même serpent est tout autant le symbole de la guérison et de la médecine. Que d’ambiguïtés. Pas simple de caractériser le serpent. 

D’ailleurs, interrogez un lot de personnes pour savoir où elles classeraient les serpents. Vous verrez qu’une partie d’entre elles les range parmi les vers. Le fait que les serpents n’aient pas de pattes perturbe. Ce faisant, ils rampent, ce qui nous paraît comme un bien piètre mode de locomotion. Comble de la mauvaise réputation, la plupart sont venimeux. Nous atteignons les sommets du mépris et de l’hostilité. 

Hostilité qui amène d’autres idées tout aussi fausses. Les serpents seraient gluants ; auraient une longue queue ; ils hypnotiseraient leurs proies par le seul pouvoir de leurs yeux.  

Pour qui a tenu un serpent dans ses mains, force est de constater que son regard inexpressif est sans danger, qu’il a la peau sèche et douce. Enfin, c’est son tronc qui est démesurément long, la queue est en réalité très courte, mais comme elle n’est pas marquée, on l’imagine très longue. 

Les serpents sont honnis par les humains, sous toutes les latitudes. 

Il faut dire qu’ils sont nombreux. On en connaît plus de 3500 espèces qui rampent à terre, grimpent dans les arbres, nagent dans les rivières, en mer, dans les torrents de montagne, ondulent dans les déserts. Ils sont sous tous les climats, sauf les polaires, et jusqu’à 4900 mètres d’altitude. 

Donne la papatte ! 

Évidemment, on se souvient que, pour les chrétiens, le serpent est l’instigateur du mal. C’est lui qui incite Ève à croquer le fruit défendu. 

Ce qui permet à la Genèse biblique d’expliquer l’absence des pattes. Initialement le serpent en avait, mais la malédiction divine les lui ôta. Il se retrouve puni à ramper à terre. Ce qu’il fait très bien au demeurant. D’ailleurs, pour cette fois la Genèse n’a pas tout à fait tort. En effet, malgré leur absence de pattes, les serpents sont bel et bien des tétrapodes, des animaux à quatre membres. 

Les fossiles témoignent que leurs membres n’ont pas toujours été absents. La perte de leurs pattes remonte à 120 millions d’années. Mais elle n’a pas été complète chez tous et, encore aujourd’hui, les boas et les pythons possèdent des rudiments de bassin et de fémurs. 

Mais le serpent est associé à bien d’autres choses. Prenons la guérison, par exemple. Selon certains, de toutes petites doses de venin de serpent pourraient soigner. L’emblème des pharmaciens est d’ailleurs un serpent qui s’enroule et se redresse au-dessus d’une coupe. Il est associé à Esculape, médecin réputé ayant exercé à Athènes autour de 1200 avant J.C. 

Esculape qui a donné son nom à une belle couleuvre, serpent inoffensif, devenu symbole de la santé. Finalement, pas si antipathique le serpent. 

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