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Non, ce n'est pas une image tirée d'un film de science-fiction. C'est la bouche d'une lamproie. Et attendez d'apprendre comment elle s'en sert...

Une ventouse ancestrale : la lamproie

3 min
À retrouver dans l'émission

Cette espèce menacée au mode de vie vampirique est une des premières représentantes de l’histoire des vertébrés.

Non, ce n'est pas une image tirée d'un film de science-fiction. C'est la bouche d'une lamproie. Et attendez d'apprendre comment elle s'en sert...
Non, ce n'est pas une image tirée d'un film de science-fiction. C'est la bouche d'une lamproie. Et attendez d'apprendre comment elle s'en sert... Crédits : PEDRE - Getty

Une ouverture circulaire pavée de cônes jaunes acérés avec, au fond, un gouffre noir. Le gouffre est un œsophage, les cônes sont des dents, l’ouverture une gueule béante. 

Nous ne sommes pas en train de frémir devant un monstre imaginaire, un Alien de cinéma. Nous contemplons la bouche d’une lamproie. La lamproie marine, Petromyzon marinus, est un animal de grande taille, jusqu’à 90 centimètres, qui a l’allure d’une anguille. 

Son corps lisse est doté de deux nageoires dorsales et d’une petite nageoire caudale. Simples stabilisateurs car elle avance en ondulant comme un serpent. La lamproie a non seulement une bouche peu attirante, mais son mode de vie n’est pas exemplaire… enfin à nos yeux d’humains pétris d’anthropomorphisme. 

Dans l’estuaire de la Gironde une lamproie cherche un gros poisson. Elle s’en approche, colle sa bouche sur son flanc et s’y accroche pour se faire transporter si c’est une jeune lamproie, pour se nourrir si elle est plus âgée. La bouche opère comme une ventouse, puis sa langue râpeuse gratte la peau du poisson avant que ses dents ne se plantent dans la chair. Elle est maintenant littéralement verrouillée sur le poisson. Elle commence à se repaître de son sang en sécrétant un anticoagulant qui lui permettra de le soutirer jusqu’à la dernière goutte. 

Pas étonnant qu’elle soit aussi désignée sous le nom de poisson vampire. Pour son excuse, la lamproie pourrait nous dire qu’elle vient du fond des âges. Son lignage s’enracine profondément dans l’histoire des vertébrés, à plus de 500 millions d’années, une époque où la mâchoire n’était pas encore apparue. 

Et, de fait, les 79 espèces de lamproies connues sont dépourvues de mâchoires, d’où cette bouche bizarre. En prime, elles n’ont pas de véritable colonne vertébrale, mais des sortes de bourgeons cartilagineux. 

Les lamproies ont des cousines, les myxines qui habitent les grands fonds où elles se repaissent des carcasses des cachalots, orques ou baleines. Tout comme les lamproies, les myxines n’ont pas de mâchoires. De plus, elles sont aveugles et, chez elles, les équivalents des vertèbres ne sont plus que de petits nodules résiduels fichés au bout de la queue. 

Venue du fond des âges...

Les deux types d’animaux sont des reliques d’un passé lointain. Nous sommes en face de ce qui reste des tout premiers représentants de l’histoire des vertébrés. 

Notre lamproie venue du fond des âges est comestible et elle est traquée dans l’estuaire de la Gironde ou au Portugal. À tel point que l’espèce européenne est menacée, et que les populations naturelles peinent à fournir la demande. Il faut dire aussi que leur mode de vie les rend fragiles, car si les adultes vivent en mer, ils remontent le cours des rivières pour se reproduire et mourir après la ponte. 

Comme beaucoup d’espèces qui remontent les fleuves pour se reproduire, les activités humaines menacent leur cycle de vie. Au fait, aimez-vous la lamproie bordelaise ? Si d’aventure vous vous priviez de cette recette, pensez que vous aurez préservé un représentant des premiers vertébrés.

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