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Agriculture connectée, mais avec quel réseau ?

3 min
À retrouver dans l'émission

La transformation numérique de l'agriculture peut être une opportunité pour le secteur comme pour les territoires ruraux. A condition d'avoir accès à Internet.

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. Crédits : Francis Cormon Hemis - AFP

Bientôt une nouvelle délégation au numérique au sein du Ministère de l'Agriculture, c'est ce qu'a annoncé le ministre Stéphane Le Foll mercredi 11 janvier. Ce jour là, il recevait avec Axelle Lemaire, les conclusions d'une mission pour la mise en place d'un portail des données agricoles, confiée Jean-Marc Bournigal, président d’Irstea (l'Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture).
Il faut dire que l'agriculture est elle aussi en train de se transformer avec le numérique. Désormais les agriculteurs utilisent des technologies numériques à toutes les étapes de leur production, jusqu'à la commercialisation. Ensuite les entreprises et start-up sur ce marché sont de plus en plus nombreuses.

Quelles technologies sont réellement adoptées par les agriculteurs ? Quelle différences d'une filière à l'autre? C'est l'état des lieux que débute la Chaire d'agriculture numérique AgroTIC. Cette chaire, c'est la première du genre, s'est lancée en novembre dernier autour des formations Montpellier Sup agro et Bordeaux Sciences Agro. Elle rassemble aussi des entreprises et des chercheurs. Parmi ses premiers chantiers, il y a le lancement d'un observatoire des usages de l'agriculture numérique. "Car l'essentiel des chiffres que l'on a aujourd'hui proviennent de gens qui ont un intérêt au marché", souligne Léo Pichon le responsable de la Chaire.

Le numérique pour quoi faire?

Il existe trois grands types d'outils. Les logiciels agricoles : ils servent par exemple à la comptabilité et surtout à la traçabilité. En effet, ils permettent de faire un historique des productions et des actions menées sur une parcelle : quel engrais et pesticide ont été utilisés, à quel moment. Il y les drones : prendre grâce à eux une photo vue du ciel permet d'évaluer la santé d'un champ par exemple. Et du coup de mener des actions plus fines, comme mettre de l'eau, de l'engrais ou des produits phytosanitaires seulement là ou c'est nécessaire. On appelle ça "l’agriculture de précision ". Cela permet selon les objectifs, de faire des économies, d'améliorer le rendement, ou de limiter l'usage de pesticides. Enfin les capteurs permettent de collecter tout un tas de données. La teneur en eau d'un sol par exemple.

Territoires isolés

Toutes ces évolutions sont utiles aux agriculteurs, aux consommateurs, mais aussi aux territoires. Car cela "participe au dynamisme du tissu productif de ces territoires" explique la fondation Terra Nova. Elle a publié mercredi un rapport réalisé avec Google France sur les potentialités du numérique pour les territoires isolés. Pour le Think tank, cette transformation de l'agriculture fait partie (avec la télémédecine, l'économie collaborative, le télétravail) des manières de favoriser l'inclusion économique et sociale de ces espaces.

Seulement on voit vite les questions que cela pose, notamment le risque d'une fracture entre les agriculteurs qui auront su s'adapter et les autres.
La formation, aujourd'hui insuffisante, est donc un enjeu crucial souligne leur rapport. Pour les agriculteurs, cela veut dire apprendre à utiliser les outils, mais aussi à déterminer ce qui peut leur être utile -ou non- selon leur contexte et leur production.

L'autre point noir, c'est l'accès à Internet et la qualité de connexion. Cela ne veut pas dire qu'à court terme tout est forcément bloqué : les technologies ne demandent pas toute la même couverture. Et certains capteurs sont conçus d'emblée pour faire face aux problèmes de connectivité et donc pourvoir fonctionner aussi hors- ligne et stocker les données en cas d'absence de connexion.

Mais comment imaginer une vraie transition numérique avec un accès difficile au réseau. Préconisation de Terra Nova : "compléter la couverture du téléphone mobile et le raccordement au très haut débit" . En effet, les territoires isolés ne sont raccordés qu’à 22 % à l'Internet haut débit. Et l'accès à la 4G sur les smartphone n'est guère meilleur.

Rapport Terra Nova "Que peut le numérique dans les territoires isolés?"
Rapport Terra Nova "Que peut le numérique dans les territoires isolés?"

Les écarts entre les territoires se creusent à mesure que le débit augmente. Justement, mardi prochain, le 17 janvier, est la date butoir fixée aux opérateurs par l'Arcep le Gendarme des télécoms pour atteindre 40 % de couvertures en 4G dans les zones peu denses. Le gendarme des télécoms tient un observatoire de la couverture de ces territoires.

"Les coûteux investissements ne peuvent être entièrement pris en charge par des acteurs économiques privés dans les zones peu denses car le rendement de tels investissements serait trop faible ou trop différé pour eux", estime Terra Nova. Tout en rappelant que le Plan très haut débit prévoit une couverture de l’ensemble du territoire en très haut débit à l’horizon 2022. L'objectif est de ramener le coût de raccordement pour les opérateurs télécoms au même niveau qu’en zone dense.

Une piste peut être pour améliorer les finances publiques : Google, co auteur de l'étude, continue de payer en France des impôts extrêmement faibles au regard des ses bénéfices.

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