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Des applis pour la démocratie

3 min
À retrouver dans l'émission

Des centaines de sites et applications espèrent redonner du poids à la parole citoyenne.

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. Crédits : Alexandre Marchi - Maxppp

Le numérique peut-il changer la manière dont les citoyens ont voix au chapitre ?  C'est ce qu'ont expérimenté  Alexandre Lumbroso et Jonathan Attias. L'an dernier, ces deux jeunes réalisateurs se lancent  dans une web série sur les graines et les semences, "Jardiniers, levez -vous".  Des films sur "le combat des Jardiniers-citoyens pour préserver la biodiversité cultivée."

Ils s'intéressent alors à l'interdiction faite aux maraîchers de planter ce qu'ils veulent. Puis ils décident d'aller plus loin et de lancer une pétition en ligne. Une revendication : permettre aux agriculteurs de produire et d'utiliser librement des semences reproductibles. Un mot d'ordre : ##YesWeGraines. On est alors début 2015. La loi Biodiversité arrive alors au Parlement. C'est là que, 70 000 signatures plus tard, la pétition se transforme en deux amendements au texte de loi, déposés par un Sénateur Vert Joël Labbé. Alors comment ce chemin a-t-il été parcouru?  Grâce à une plateforme web, Parlement et citoyens, qui nous permet, à tous, de participer à l'élaboration d'une loi.

Réponses numériques à la crise démocratique

Désormais, il existe des centaines de sites et applications numériques comme celle-ci, tournées vers une démocratie plus ouverte. Elles partagent des promesses : favoriser la participation des citoyens aux décisions qui les concernent, moderniser l'engagement, et surtout rétablir la confiance dans la politique. On les appelle les civic tech. Certes on voit mal ces seules initiatives convertir à de nouvelles pratiques citoyennes tout une population de plus en plus défiante vis-à-vis de la politique. Mais les civic tech portent en fait  assez mal leur nom. En tout cas, les regarder sous l'angle de la technologie et des outils n'aide pas vraiment à comprendre ce qui s'y passe. Ce qui est intéressant dans ces tentatives, c'est qu'elles interrogent les processus démocratiques. Elles échafaudent de nouvelles manières de décider, plus horizontales. Où contribuer est déjà gage de légitimité. Et en cela elles reposent sur des valeurs assez antagonistes de celles des acteurs politiques traditionnels.

Lire aussi Civic tech : ce que le web pourrait changer à la démocratie 

Le mouvement est mondial. Démocratie OS une plateforme de discussion et de vote en ligne est utilisée aussi bien au Mexique qu'en France, par la ville de Paris ou le collectif citoyen Ma voix. Et en Argentine où elle été créée par Pia Mancini.

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Difficile encore de dire si ces civic tech bousculeront véritablement les prises de parole politiques. Si leur potentiel de transformation est grand, il faut reconnaître qu'elles peinent encore trouver des débouchés politiques concrets.

Lire aussi "Les Civic tech ont un fort potentiel de transformation démocratique", entretien avec Loïc Blondiaux

Les  défenseurs du libre échange de graines, eux, ont obtenu gain de cause. Leur amendement est dans la loi biodiversité promulguée début août.  Reste qu'un seul article, c'est peu au regard non seulement des 174 que compte la loi et mais aussi de toutes les propositions citoyennes formulées en ligne. Des promesses et des limites de cette expérience citoyenne et numérique ils ont fait un film, déclics de conscience. Sortie prévue début octobre.

Chroniques

8H18
39 min

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