LE DIRECT
David Hanson, PDG de Hanson Robotics avec "Sophia le robot et "Han le Robot"

Faut-il donner aux robots des droits et des devoirs?

2 min
À retrouver dans l'émission

Les robots doivent-ils avoir des droits? Quelle est la responsabilité des intelligences artificielles ? Les multiples usages de l'intelligence artificielle bousculent le cadre juridique actuel.

David Hanson, PDG de Hanson Robotics avec "Sophia le robot et "Han le Robot"
David Hanson, PDG de Hanson Robotics avec "Sophia le robot et "Han le Robot" Crédits : ISAAC LAWRENCE - AFP

Elle s'appelle Sophia et vient de recevoir la citoyenneté saoudienne. Si la nouvelle a fait du bruit, c'est parce que Sophia est un robot. Un humanoïde devenu citoyen, c'est une première mondiale. En l'espèce, la nouvelle a surtout fait réagir à l'aune de l'état du droit des femmes en Arabie Saoudite. Mais on peut y regarder autre chose : la manière dont se pose aujourd'hui la question du droit et des robots. Il faut dire que les robots ne sont plus ce qu'ils étaient. Désormais ils sont partout dans notre quotidien : dans notre téléphone au travail, à l'hôpital, au domicile …Cette semaine encore Amazon a lancé un verrou intelligent pour ouvrir la porte aux livreurs à domicile en votre absence.

Mais quel est le statut de ces robots ? Actuellement le droit distingue un sujet responsable d'un objet. Or les multiples usages de l'intelligence artificielle bousculent cette répartition. Les robots doivent-ils avoir des droits ? Quelle est la responsabilité des intelligences artificielles, l'éthique des non-humains ? A ces questions, plusieurs types de réponses émergent.

La première consiste à définir un cadre juridique. Par exemple, un drone peut-il décider de tirer sur une cible ? L'été dernier, un groupe d'experts a ainsi appelé l'ONU à encadrer le développement des robots armés, capables de se déplacer et de décider seuls, en fonction de leur algorithme, s'ils doivent éliminer une cible

Autre enjeu, la réévaluation du cadre existant. Peut-on par exemple appliquer la législation actuelle à un accident de voiture dès lors qu'il est causé par une Google Car sans chauffeur. Qui est alors responsable ?

Personnalité juridique

En février dernier le Parlement européen a justement adopté une résolution sur les règles de droits civil sur la robotique. Il a aussi demandé à la Commission européenne de définir des normes juridiques et éthiques applicables aux robots. Parmi les pistes envisagées : immatriculer les robots ou imposer la souscription d'une assurance. Et celle qui va le plus loin, la création d’une personnalité juridique spécifique aux robots. Autrement dit, les doter de droits et de devoirs. L'idée, défendue en France par l'Association du droit des robots, c'est en résumé, que les robots ne sont pas des objets comme les autres. Et que leur différence de niveau d'autonomie implique une différence de droit. Et la création en quelque sorte d'une personne robot, comme il existe déjà des personnes morales. Autant de nouveaux arbitrages éthiques, juridiques et technologiques que requiert désormais la présence des robots dans nos vies.

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......