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Gouvernement ouvert : comment résister à la crise démocratique

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À retrouver dans l'émission

Durant trois jours, représentants d'Etats et de la société civile de plus de 70 pays étaient rassemblés à Paris pour le 4è sommet mondial du Partenariat pour un gouvernement ouvert. Objectif : promouvoir la transparence de l’action publique et renouveler la démocratie grâce au numérique.

Brexit, élection de Trump, montées des populismes. .. Durant les trois jours du sommet mondial du Partenariat pour un gouvernement ouvert, qui s'est tenu à Paris du 7 au 9 décembre, il a été question d'une démocratie mise à mal. Et des solutions pour y faire face. C'est l'un des buts de ce Partenariat pour un gouvernement ouvert. Cette initiative multilatérale, lancée en 2009 par Barak Obama, réunit plus de 70 Etats et des organisations de la société civile (associations, ONG). L'objectif, c'est d'améliorer la transparence de l'action publique et la participation des citoyens à la démocratie. Comme la France assure cette année la co-présidence avec le World Resources Institute, un think tank américain, c'est elle qui a accueilli le 4è Sommet de ce partenariat. Trois jours d'échanges d'expériences autour les grands principes de ce partenariat.

Quels sont ces principes ?

D'abord reconnaître la transparence, comme une nécessité absolue pour obtenir la confiance des citoyens. Cela passe par un meilleur accès à l'information, une protection de l'investigation et des lanceurs d'alerte. Et une plus grande ouverture des données publiques.Ensuite, améliorer la participation citoyenne à l’élaboration des politiques publiques, grâce aux consultations. En somme, aller vers d'avantage d'évaluation collective de l'action collective. Et enfin obliger les acteurs publics à davantage rendre des comptes aux citoyens. Des questions déjà anciennes, mais renouvelées par le numérique, qui a facilite l'accès à l'information, et l'implication citoyenne.

Les organisateurs ont parlé de ce sommet comme de "la COP de la démocratie. " D'ailleurs certains comparent la place qu'ont aujourd'hui dans le débat public les questions d'ouverture, à ce qu'était le début des réflexions sur le climat et le développement durable.
Mais puisqu'on parle d'environnement, il y a un autre écho qui s'est fait entendre durant ces trois jours On connaissait le green washing ou "écoblanchiment" - c'est l'usage du marketing pour se donner une image écolo. Et bien là, certains ont parlé d 'open washing- une ouverture limitée aux apparences en somme.

Lire Onze collectifs et associations critiquent le gouvernement ouvert à la française

Dans les allées du sommet, les discussions des participants étaient partagées entre ceux qui saluent et encouragent tous les signes d'ouverture. Même s'ils sont biaisés, voire utilisés à des fins politiques. Et ceux qui dénoncent une incohérente réappropriation politique du sujet. Comme l'ont fait onze associations françaises, parmi lesquelles la Ligue des droits de l’homme, Regards citoyens ou Anticor. A la veille du sommet, elles ont publié un texte en forme de bilan, pointant les contradictions du gouvernement français en la matière. Si elles reconnaissent amélioration de l'ouverture des données publiques, leurs critiques portent sur le décalage entre le nombre croissant de consultations citoyennes et leur faible portée réelle dans les décision finale. Et surtout sur l'accumulation de décisions restreignent les libertés publiques ( l’état d’urgence, loi renseignement, fichier TES ). Des contradictions que l'on retrouve à travers le monde entier. Aruna Roy, célèbre activiste indienne s'étonnait ainsi de l'absence de discussion lors du sommet sur mes lois restreignant la liberté d'expression. Or l'enjeu est précisément dans la dialectique entre ces processus et politiques qui coexistent.

Reste le constat que la place prise par ces questions d'ouverture dans les débats est grandissante.

Plus de transparence des gouvernements, serait la solution à la crise de la représentation démocratique?

"Ce n'est plus un choix " Voilà ce qu' a expliqué le philosophe et juriste américain Lawrence Lessig. Celui qui fut éphémère candidat à la Maison blanche, était invité par le Sénat durant le sommet. Et dans une intervention il faut le dire assez peu optimiste, il a expliqué comment cette transparence absolument nécessaire n'offre toutefois "ni remède ni solution au déficit de confiance dans les gouvernements."

Sûrement le gouvernement ouvert n'est-il qu'un outil au service d'un immense travail qui s'ouvre pour tous et chacun : restaurer la confiance dans l'idée de démocratie et dans son fonctionnement.

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